Emmanuel de Vienne
Maître de conférences
Brésil
Trumai, Mato Grosso
Chamanisme, rituel, maladie, relations à plaisanterie
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Emmanuel de Vienne est Maître de conférences depuis 2012 à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense, il y dispense les cours "nature et culture" (L1), "Langues et cultures" (L2) et anthropologie cognitive (L3). Il est également, avec Vanessa Manceron, rédacteur en chef de la revue Terrain, anthropologie et sciences humaines.

Ses recherches portent sur les Trumai, un des dix groupes qui composent la société pluriethnique et plurilinguistique du Haut Xingu, dans l’État brésilien du Mato Grosso. Sa thèse, soutenue en 2011, se veut une analyse des conceptions Trumai de la maladie et de la thérapeutique, ainsi que des dynamiques interethniques locales qui ont conduit à la position marginale des Trumai. Il a poursuivi ces recherches sur le chamanisme par l’étude d’un prophétisme contemporain (en collaboration avec C. Fausto). Actuellement, il s’intéresse à la place des nouveaux médias (peintures, vidéos, internet) dans le processus contemporain de patrimonialisation culturelle dans le Haut Xingu, en particulier autour du retour du rituel du Javari.

Responsabilités

Revue Terrain, anthropologie et sciences humaines (co-rédaction en chef)

Textes

Vienne, Emmanuel de, Vanessa Manceron et Ismaël Moya, dir. 2016. Renaître. Terrain 66. s.l.: s.n.
Moisseeff, Marika et Emmanuel de Vienne. 2018. « Jouir ou se reproduire ? Les voies d’autonomisation de l’individu et leurs ressorts idéologiques. Entretien avec Marika Moisseeff par Emmanuel de Vienne. ». Terrain. http://journals.openedition.org/terrain/16581.
Pour Marika Moisseeff, l’accès à la jouissance sexuelle est, en Occident, devenu la voie royale pour démontrer la capacité des individus à atteindre un statut d’être pleinement autonome. Et c’est à cette fin que la société leur fournit les moyens de se libérer du joug reproducteur. Cette proposition quelque peu provocante se fonde sur une perspective culturelle comparative portant sur deux types de données : d’un côté, la façon distinctive d’appréhender les identités personnelles et l’accès au statut d’adulte et, de l’autre, les œuvres de science-fiction abordées en tant que récits mythiques.
Vienne, Emmanuel de et Ismaël Moya. 2016. « Renais-toi toi-même. Quand les départs sont des retours. ». Emmanuel de Vienne, Vanessa Manceron, et Ismaël Moya (dir.) . Terrain (66). Renaître: 6-23. doi:10.4000/terrain.15926. http://terrain.revues.org/15926.
Renaître est devenu, dans les sociétés occidentales contemporaines, un passage obligé de la construction du sujet, sous la forme d’une expérience de régénération à faire de son vivant sans en passer par la mort. Cette injonction se retrouve aussi bien dans les nouvelles spiritualités et les thérapies alternatives que dans l’évangélisme. De quelle histoire cette idée procède-t-elle et quels mécanismes met-elle en œuvre ? Ces expériences de renaissance sont-elles comparables aux initiations étudiées de longue date par les anthropologues ? Cette introduction au nouveau Terrain esquisse des réponses à ces questions en passant en revue quelques exemples de ce que renaître peut vouloir dire dans différents contextes passés et présents.
Monod Becquelin, Aurore et Emmanuel de Vienne. 2016. « Mais où sont les Javari d’antan ?. ». Ethnographiques.org (33). Dossier Retour aux rituels. http://www.ethnographiques.org/2016/Monod-Becquelin-deVienne.
Associant la célébration d’un mort, la guerre et l’alliance, le rituel du javari fait l’objet depuis quelques années d’un effort de « revitalisation » par les Trumai (Amazonie brésilienne), qui sont réputés en être les maîtres mais n’y participaient plus depuis des décennies, à l’inverse de leurs partenaires et rivaux dans la société du Haut Xingu. En comparant leurs ethnographies, qui couvrent une période d’un demi-siècle, les deux auteurs de ce travail esquissent une réflexion sur le changement et la répétition de la tradition dans une société hantée par la figure de la disparition. Acteurs du retour du rituel, les Trumai accrochent au présent des images du passé qui sont autant les fruits de l’imagination que d’un savoir inconscient ; effort de reconfiguration qui, à rebours de ce qu’ils croient faire advenir, plonge à nouveau leur être social collectif dans une reconduction de vieux schèmes intégrés par l’écoute des mythes et la pratique du quotidien au moment où tout cela n’est pas encore drastiquement oublié., For some years now, the Trumai people (from the Brazilian Amazon) have endeavored to revive the « Javari » ritual which combines such themes as war, alliance and the honoring of the dead. Despite their reputation as masters of this ritual, the Trumai had ceased to take part in it several decades ago, unlike their partners and rivals of the High Xingu society. By comparing their respective ethnographies, which cover half a century, the authors have attempted to reflect on the changes and repetitions affecting tradition in a society haunted by the « figure » of disparition. In their re-enactment of the ritual, the Trumai attach to the present images of the past that are as much the fruit of their imagination as that of unconscious knowledge ; in this attempt at reconfiguration and contrary to their own intentions, they actually re-immerse themselves, as a collective entity, in the renewal of the old schemes conveyed by the myths, and their application to everyday practice before it all falls into complete oblivion.
Bloch, Maurice, Ismaël Moya et Emmanuel de Vienne. 2016. « La double nature du social. Une conversation sur le temps, le transcendental, la vie etc. Entretien avec Maurice Bloch. ». Emmanuel de Vienne, Vanessa Manceron, et Ismaël Moya (dir.) . Terrain (66). Renaître: 156-171. doi:10.4000/terrain.16028. http://terrain.revues.org/16028.
Comment théoriser les mille façons de renaître que l’ethnographie révèle ? L’homme a-t-il l’apanage de ces secondes naissances ? Peut-on renaître sans rituel ? Maurice Bloch revient dans cet entretien sur ces questions qu’il a souvent croisées au cours de sa carrière, fort ici de sa nouvelle théorie selon laquelle l’humain est le seul à disposer de ce qu’il appelle le « social transcendantal » – cette capacité à construire des rôles et des communautés imaginées.
Vienne, Emmanuel de et Vanessa Manceron. 2016. « Pourquoi, mais pourquoi relancer Terrain ?. ». Terrain 66: 2-3.
Moiroux, Sophie et Emmanuel de Vienne. 2015. « Nostalgie cherche preneur. ». Terrain (65): 76-93. doi:10.4000/terrain.15821. http://terrain.revues.org/15821.
La nostalgie est désormais une valeur mondialisée, ce qui ne signifie ni qu’elle est partout la même, ni que ceux qui en souffrent le plus en tirent profit en conséquence. Cet article offre à cette proposition générale une illustration, par l’examen des peintures d’Amatiwana Trumai, Indien d’Amazonie brésilienne, et de leur échec à s’insérer sur le marché de l’art. La carrière d’Amati, débutée dans les années 1960, s’ancre dans une existence marquée par la maladie, l’exil, le constat des transformations brutales induites par la colonisation. Figurant pour la plupart la vie qu’il estime avoir perdue (la mythologie, les rituels, la faune et la flore du Haut-Xingu), ses toiles produisent la nostalgie autant qu’elles l’expriment. Mais de quelle nostalgie s’agit-il et à qui s’adresse-t-elle ? Ne suscite-t-elle pas des malentendus sur les notions d’authenticité et d’original ?
Fausto, Carlos et Emmanuel de Vienne. 2014. « Acting Translation: Ritual and Prophetism in Twenty-First-Century Indigenous Amazonia. ». HAU: Journal of Ethnographic Theory 4 (2): 161-191. doi:10.14318/hau4.2.008. https://www.haujournal.org/index.php/hau/article/view/hau4.2.008.
This paper focuses on a prophetic movement led by an Amerindian from Mato Grosso, Brazil, in 2006. This man created a radically new liturgy and cosmology by combining elements borrowed from local shamanism and mythology, Christianity and TV shows, among other sources. He managed to convince entire villages to take part in spectacular healing ceremonies and gathered a huge number of followers. One of these ceremonies was extensively filmed by indigenous filmmakers, making it possible to examine the micromechanisms of this cultural innovation, and thus address with fresh data and a new approach the old issue of Amerindian prophetism. We propose here the concept of translating acts to describe this indigenous practice of transcreation, giving special attention to the multiple semiotic mediums through which it is enacted.
Vienne, Emmanuel de et Philippe Descola. 2013. « La difficile transmission… d’un auto-apprentissage. ». Pour la science (433).
Vienne, Emmanuel de. 2012. « “Make Yourself Uncomfortable”: Joking Relationships As Predictable Uncertainty Among the Trumai of Central Brazil. ». HAU: Journal of Ethnographic Theory 2 (2): 163-187. doi:10.14318/hau2.2.010. https://www.haujournal.org/index.php/hau/article/view/hau2.2.010.
This article explores the shapes taken by joking among the Trumai Indians and other groups of the Xinguan Indigenous Park (Mato Grosso, Brazil). This social practice often opposes persons who are in open-ended relationships, and can thus be defined as the default mode of relation: while it occurs prototypically between male cross-cousins, it is also common with Indian or non-Indian outsiders. Contrarily, one demonstrates both shame and respect toward real affines. Identifying this system of attitudes gives no account, however, of either the pragmatic properties of joking, nor its specific social efficacy. Joking, in particular, is remarkable by its inescapable ambivalence, both moral and functional. This characteristic is closely linked to the frame of interaction that joking is built upon, which manages, in the same time, to both follow highly conventional patterns and produce deep destabilization. This paper thus tries to explain the paradox of what could be called a predictable uncertainty and convey, partly from my own experience, what it is like to be part of such a play where the opposition between the failure and success of an interaction becomes blurred.
Vienne, Emmanuel de. 2016. « L’impolitesse des esprits. ». In Persona. Étrangement humain, Thierry Dufrêne, Emmanuel Grimaud, Denis Vidal, et Anne-Christine Taylor (dir.) , 30-33. Arles/Paris: Actes Sud/musée du quai Branly.
Vienne, Emmanuel de. 2016. « Pleuvoir sur l’enfant : la couvade chez les Trumai du Xingu. ». In Trophées. Etudes ethnologiques, indigénistes et amazonistes offertes à Patrick Menget. Volume 1 : Couvade, terrains et engagements indigénistes, Philippe Erikson (dir.) , 191-208. Nanterre: Société d’ethnologie.
Vienne, Emmanuel de. 2014. « A Shamanic Bible and Its Enunciation. Compte Rendu De: Davi Kopenawa Et Bruce Albert, The Falling Sky: Words of a Yanomami Shaman (Cambridge MA, Harvard University Press, 2013). ». HAU: Journal of Ethnographic Theory 4 (2): 311. doi:10.14318/hau4.2.020. http://www.haujournal.org/index.php/hau/article/view/hau4.2.020.

Enseignements

Nature et culture (L1)

Langues et cultures (L2)

Anthropologie cognitive (L3)

Séminaire de domaine américaniste (M1 et M2)