Doctorante
 
Les masques blancs en action ou l'expression d'une relation aux génies. Musique, danse et "joie" rituelles chez les Bwaba du Burkina Faso
Michael Houseman et Susanne Fürniss-Yacoubi
Prix Ariane Deluz 2014
Bourse Martine Aublet du Quai Branly 2014
Burkina Faso
Bwaba
Rituel - Masques - Danse
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Mes recherches chez les Bwaba du Burkina Faso ont pour objet principal un rituel de masques nocturnes, les « masques blancs » des griots, qui s’insère dans le culte central du Do. Je m’intéresse particulièrement aux liens très étroits existant entre la mise en œuvre du rituel, principalement musicale et dansée, et la relation qu’y entretiennent les humains avec les génies dont la présence sur les lieux est attestée par les masques en mouvement. Si l’initiative de la mise place du rituel revient aux humains, celui-ci ne peut se tenir que conjointement avec les génies qui, d’après la mythologie, ont donné les masques, la danse mais aussi la musique et les instruments de musique aux humains. La relation avec les génies est une question centrale dans les sociétés de cette région : le rapport aux génies, particulièrement mis en avant en situation rituelle, fait partie intégrante de la vie quotidienne. Ainsi, pour saisir la nature de cette relation, il semble impératif d’examiner la façon dont elle est mise en acte. Dans le rituel des masques blancs, c’est par une suite de procédés tactiles, visuels et sonores que s’exprime le rapport très intime qu’entretiennent les griots avec les masques et donc avec les génies. L’efficacité du rituel dépend d’une articulation soigneusement aménagée de la musique avec la danse, mais aussi de celles-ci avec l’expression codifiée de joie, qui est stipulée et jugée nécessaire au bon déroulement du rituel. Mes travaux sont donc centrés d’une part sur les rapports entre la musique et les entités de l’invisible, et d’autre part sur les liens entre la musique, la danse et un certain type d’expression de joie qui permettent à cette relation humains-génies de prendre forme durant le rituel.

 

Un aperçu de ce rituel est disponible au lien suivant:
http://youtu.be/rloiafyfa14

Devineau, C., 2016, Bwεni, un mot pour dire ce qu’implique être griot chez les Bwaba, FMSH-WP, 2016-114, en ligne : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01398523/.
En langue bwamu, bwεni est un terme polysémique. Il signifie « frapper en émettant un son », mais désigne également les baguettes utilisées pour jouer sur les instruments des griots. À travers ses différentes significations, on accède à ce « qu' être griots » implique chez les Bwaba : rapports entre groupes sociaux, codes de conduite, relations aux génies et aux ancêtres. À mi-chemin entre le rapport de terrain et l'article scientifique, ce texte présente une partie de mes travaux de thèse réalisés notamment grâce au financement du prix Ariane Deluz.
Devineau, C., De la "joie" dans l’art du griot, (D)écrire les affects : perspectives et enjeux anthropologiques (s.l., s.n.).
Devineau, C., 2017, « Music and dance of the white masks ritual of Bwaba people (Burkina Faso) », ICTM world conference 2017, Limerick, Irlande.
Devineau, C., 2016, « Comprendre le musical dans le rituel des masques blancs chez les Bwaba du Burkina Faso », journée des doctorants en ethnomusicologie, Université de La Sorbonne, Paris.
Devineau, C., 2015, « Un terrain d’ethnomusicologie au Burkina Faso entre musique et génies », séminaire du CREM, LESC, Nanterre.
Ce séminaire me donne l’opportunité de présenter mon travail de terrain de thèse qui s’est déroulé en pays bwaba au Burkina Faso de novembre 2014 à juillet 2015. Mon intérêt porte sur un rituel de masques nocturnes, les masques blancs, et sur le rôle que peuvent avoir dans son fonctionnement la musique, la danse et certaines qualités d’expression émotionnelle de joie. Ces masques appartiennent exclusivement à des griots et peuvent sortir pour de nombreuses occasions, les plus importantes étant liées soit à des deuils soit à une cérémonie que les bwaba appellent « renouvellement » qui semble célébrer les liens qu’ils entretiennent avec les génies. Si l’initiative de la mise place de ce rituel revient donc aux humains, il ne peut se tenir que conjointement avec les génies qui, d’après la mythologie, ont donné la musique et les instruments de musique mais aussi la danse aux humains. J’ai consacré mes années de master à essayer, à partir des données dont je disposais alors, de comprendre les liens entre la mise en œuvre du rituel, principalement musicale et dansée, et la relation qu’y entretiennent les humains avec le monde de l’invisible et particulièrement les génies. C’est en me fondant sur ce premier travail que j’ai entrepris mon terrain de thèse. Durant cette séance, je me propose d’aborder l’évolution de ma réflexion au cours du séjour sur le terrain et d’évoquer les difficultés auxquelles j’ai été confrontée. J’espère que la discussion, les suggestions et conseils m’éclaireront sur la manière la plus judicieuse de mener mon travail à terme.
Devineau, C., 2014, « Danse et analyse interdisciplinaire du rituel des masques blancs chez les Bwaba du Burkina Faso », atelier "La danse comme objet anthropologique" par Houseman M., Wierre Gore G. et Gibert M-P., Paris.