Sarah Carton de Grammont
Chargée de recherche
Prix de thèse (2014) :
Prix Aguirre-Basualdo en Lettres et Sciences Humaines de la Chancellerie des Universités de Paris
Prix spécial du jury de l’Union Sociale pour l’Habitat et de la Caisse des Dépôts et Consignations
Belgique, France, Fédération de Russie
Politique, espace, urbain, contemporain, pragmatisme
...

Anthropologie des espaces habités : politiques des lieux et poétiques spatiales

Les travaux de Sarah Carton de Grammont portent sur les liens entre politique et espaces habités dans le contemporain. Il s’agit aussi bien de prendre les espaces comme entrée dans le politique pour comprendre comment ils sont mobilisés dans des rapports de pouvoir, que de comprendre comment on fabrique des lieux de/du pouvoir ou des territoires/entités politiques. S’intéresser aux espaces habités, c’est s’intéresser aux espaces dans leurs échelles tels qu’ils sont pratiqués, incarnés, vécus, rêvés. C’est poser qu’il y a des liens entre rapport aux espaces et subjectivation politique. Ses recherches prolongent donc le questionnement classique sur la manière dont les sociétés humaines projettent du symbolique sur l’espace pour l’organiser et s’appuient sur l’espace pour s’organiser symboliquement – avec un intérêt marqué pour les processus. La ville – scène, cadre et matière de l’habiter politique – offre ainsi des terrains de prédilection. Dans un premier temps, après une thèse ayant porté sur la poétique politique d’un quartier classé et autogéré de la Moscou contemporaine, il s’agit de mener une anthropologie pragmatique d’un espace politique problématique : la Belgique actuelle, appréhendée par la fabrique et la dispute des espaces qui la composent ; et par la fabrique et la dispute de sa royauté.

Responsabilités

  • Membre du Jury de l’Ecole doctorale ED 395 « Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent », Nanterre : 17 juin 2016.
  • Membre du Conseil Scientifique du colloque annuel de la MAE : « (Re)Fonder. Modalités du (re)commencement dans le temps et dans l’espace » qui s’est tenu à Nanterre, MAE René Ginouvès les 15-16-17 juin 2016.

Textes

Carton de Grammont, Sarah. 2016. « Lénine est mort. Traduction d’une interview d’Alexei Yurchak (UC Berkeley) par Elena Kostyleva. ». Mouvements. http://mouvements.info/lenine-est-mort/.
Carton de Grammont, Sarah. 2015. « Polytopographier les temporalités, ethnographier les avenirs. ». Temporalités (22). International. 94571. doi:10.4000/temporalites.3267. http://temporalites.revues.org/3267.
Dans un monde global accéléré et violent, l’anthropologie du contemporain se donne les avenirs pour objet : pour tâcher de rendre ce monde plus intelligible, en tant que les avenirs – socialement situés, pluriels, conflictuels – font pleinement partie de ce qui le compose et de ce avec quoi nous le fabriquons. Il s’agit de regarder, dans le cadre d’une anthropologie politique pragmatique des espaces, comment les gens fabriquent ou contestent des espaces – pour faire des choses ensemble ou guerroyer. Or, pour fabriquer des espaces, les gens mobilisent des temporalités qui sont elles-mêmes spatialisées. Pour faire un quartier, un pays, pour annexer une région, les gens mobilisent des passés pas passés ou pleinement disponibles et/ou des avenirs spatialisés, qui souvent se font écho. Les manières d’ancrer spatialement les temporalités sont prises dans des rapports de pouvoir, et sont des prises de position politique. Cet article se consacre donc aux moyens de décrire les politiques des spatialisations des temporalités avec lesquelles les gens fabriquent ou contestent des espaces dans le contexte russe : comment dresser la topographie plurielle, conflictuelle, des temporalités mobilisées dans la fabrique des espaces ? Sa politique est de ne pas dessiner de frontières conceptuelles ou analytiques, ni de se contenter du pire-qui-est-toujours-probable, mais de laisser leur place à des descriptions ouvertes, et à des pratiques contre-hégémoniques de spatialisations de l’avenir : à d’autres possibles.
Carton de Grammont, Sarah. 2017. « Savoir vivre avec son temps. Bref précis de cité-jardinage moscovite postsoviétique, comprenant quelques ruses symboliques de politique locale en période de libéralisation économique extrême, divers conseils et tours de main sur l’art du bon voisinage avec les fantômes, ainsi qu’un menu requiem pour des efforts de bonheur. ». In Toute La Lire, 105-133. Bayeux: Terracol.
Carton de Grammont, Sarah. 2014. « Palimpseste et pléonasme. Ce que les Russes firent à Paris / Palimpsesto y pleonasmo. Los rusos en Paris. ». In México capital del exilio. París: capital del exilio, Philippe Ollé-Laprune (dir.) , 131-150. Paris-Mexico: Casa Refugio Citlaltépetl. Capitales de l’exil.
Carton de Grammont, Sarah. 2014. « Fleurs de Sokol, “De vrais joyaux parmi de faux diamants” ou Une conversation. ». In La ville patrimoine: formes, logiques, enjeux et stratégies, Caroline de Saint-Pierre (dir.) , 201-218. Rennes: Presses universitaires de Rennes.
Aborder la ville à partir des stratégies et des enjeux patrimoniaux qui prennent une telle importance aujourd'hui un peu partout dans le monde permet plus largement de mettre en évidence les différentes logiques des politiques, des architectes, des urbanistes et des habitants, leurs confrontations, leurs articulations à l'oeuvre dans la configuration des espaces d'aujourd'hui. Les différentes situations urbaines, décrites et présentées ici, mettant en scène, en image et en récit du patrimoine dit matériel comme immatériel, font apparaître les conditions qui permettent ou pas, selon les acteurs. des formes d'identification à des espaces anciens ou récents (quelquefois même dès leur conception), et les modalités par lesquelles les significations données au passé (sans cesse renouvelées) peuvent susciter adhésions ou conflits. Cette dimension performative du patrimoine peut faire advenir. dans certains cas, de nouvelles formes de localisme (quelque fois à une échelle micro mais toujours en relation avec des contextes beaucoup plus larges), comme de nouveaux regroupements de citadins. Trois parties vont interroger cette mise en jeu du patrimoine à travers le déroulement de différentes logiques. La première partie traite de l'ordonnancement social et symbolique des centres villes à travers des mises en forme du passé. Des études de cas menées à Berlin. Beyrouth. Casablanca, Paris, s'intéressent aux modes de sélection et de transmission d'une mémoire, à partir du legs architectural, concernant aussi bien le passé de la ville que celui du pays. Une seconde partie traite de la fabrique de nouvelles images de ville à partir de mises en scènes architecturales. culturelles et artistiques. Une troisième partie traite des modes de définition de secteurs de ville à travers des mises en récits patrimoniales faisant converger différentes séquences urbaines. Ces formes de reterritorialisation essayent de rétablir. dans un monde globalisé, des repères temporels et spatiaux et ainsi de (re)qualifier leur environnement. (4ème de couverture)
Carton de Grammont, Sarah. « De l’homme nouveau au nouveau Russe : régimes de voisinage dans un quartier de Moscou, 1924-2009. ». In Voisinages, voisiner, U. Krampl et L. Besse (dir.) . Tours: Presses universitaires François Rabelais.
Carton de Grammont, Sarah. 2016. « Compte rendu de : Alice Goffman, On the Run. Fugitive Life in an American City (Chicago-London, University of Chicago Press, 2014). ». L’Homme (219-220). http://journals.openedition.org/lhomme/29161.
Premier ouvrage d’Alice Goffman, On the Run est le résultat d’une ethnographie menée dans un quartier afro-américain – ni le plus pauvre ni le plus violent – de Philadelphie. Goffman replace son travail dans la longue durée des rapports d’exploitation et de domination de race et de classe aux États-Unis, de l’esclavage à la ségrégation, de la « grande migration » vers...
Carton de Grammont, Sarah. 2012. « Compte rendu de : Boris Petric et Elena Filippova (éd.), Panorama de l’anthropologie russe contemporaine (Paris, L’Harmattan, 2011). ». Ethnologie française 42 (4): 828-830. https://www.cairn.info/revue-ethnologie-francaise-2012-4-page-823.htm.

Communications

  • Co-organisation des Ateliers « Chantiers » du LESC, avec Christine Jungen et Carolina Kobelinsky : LESC, Nanterre, octobre 2016 à juin 2017.
    En 2017-2018, l'atelier sera reconduit sous une nouvelle formule, qui vise à expérimenter collectivement des formats d’écriture :
    Pour chaque séance, un « meneur de jeu » est invité à transformer une obsession, un problème d’écriture ou un problème théorique, en une proposition d’exercice d’écriture : comment écrire un texte dont les notes de bas de page peuvent se lire indépendamment du texte ? Comment faire un portrait à la manière de Toni Morrison ? A quoi ressemblerait un texte en volutes ? Quels seraient les effets d’un texte sans ponctuation ?...
    Chaque séance sera organisée autour d’une proposition/consigne d’écriture à laquelle les participants répondent à partir de leurs matériaux, ou en retravaillant un texte déjà écrit.
  • Organisation de la Journée d’étude exploratoire du LESC : « Futurologies, futurologiques ? »
    Avec M-Charlotte Arnauld, Emmanuel Grimaud, Christine Jungen, Sophie Houdart, Adeline Herrou, Isabelle Rivoal, Valentina Vapnarsky. Discutants : Laure Assaf, Stefan Le Courant, Chloé Paberz, Julien Wacquez. LESC, Nanterre : 26 janvier 2017.
  • Rencontres Annuelles d’Ethnographie de l’EHESS, Paris : 14 & 15 octobre 2015. Membre du comité d'organisation. Organisation de l’Atelier « Ethnographier le politique dans la ville », avec Lucie Bonnet (Centre G. Simmel, EHESS) et Pauline Clech (OSC, Sciences Po). Discutante : Catherine Neveu (TRAM-IIAC, CNRS) ; interventions de : Ariela Epstein (LISST, Toulouse), Laëtitia Overney (Lyon 2, Centre M. Weber), Judith Audin (Centre Chine, EHESS), Raphaël Challier (CRESPPA, Paris 8).

Enseignements

Enseignements depuis 2012

ATER en anthropologie sociale et ethnologie à l’EHESS (Paris, 2014-2015, 96h) :

  • Séminaire « Urbanités politiques »
  • Séminaire « Nourrir Paris. Atelier de méthode de terrain en anthropologie », avec Birgit Müller et Élise Demeulenaere
  • Séminaire de laboratoire : « L’art de se gouverner. L’anthropologie politique des alternatives et des interstices (séminaire du LAIOS) », avec Birgit Müller et Riccardo Ciavolella

ATER en anthropologie sociale et ethnologie à l’EHESS (Paris, 2013-2014, 96h) :

  • Séminaire « Monographies urbaines – temps de l’ethnographie, ethnographies du temps ? Ethnographier les pleins, ethnographier les vides ? »
  • Séminaire « Atelier de méthode en Anthropologie. L’enquête de terrain autour de la nourriture à Paris », avec Birgit Müller et Elise Demeulenaere
  • Co-encadrement du séminaire de préparation au « stage de formation au terrain dans la région de Rabat-Salé », avec Jean-Claude Galey, Tassadit Yacine et Seung Yeon Kim

Chargée de cours à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris Quai Malaquais (2011-2012) :

  • Cours de « Sociologie de l’habiter », deuxième année. Travaux dirigés et cours magistraux ; encadrement des travaux individuels et collectifs des étudiants, évaluation finale

 

Suivi de travaux étudiants

  • Comité de suivi de thèse (avec Riccardo Ciavolella et Birgit Müller) :
    Bonzi Bénédicte, « L’ambivalence du don alimentaire: enquête aux Restos du Cœur », EHESS Paris.
  • Tutorat M2 (directrice du mémoire : Virginie Milliot) :
    Bouverot Justine, « Des intimités partagées dans le transsibérien : écologie d'un wagon de troisième classe ». M2, Nanterre