Chargée de recherche
Maroc, Espagne, France
Politiques et expériences de la migration, border studies, anthropologie de la mort, anthropologie de la violence
...

Après avoir travaillé sur le traitement des demandeurs d’asile en France, à partir d’une ethnographie de l’attente au sein des centres d’accueil et d’une étude des pratiques de jugement à la Cour nationale du droit d’asile, ma recherche actuelle porte sur les morts aux frontières de l’Europe. Elle interroge le devenir de ces morts « étrangers », bien souvent « inconnus », de même que les imaginaires de la mort de celles et ceux qui traversent les frontières. À partir d’une démarche ethnographique, j’étudie la gestion des corps retrouvés aux frontières hispano-marocaines et j’explore les récits autour de la mort aux frontières auprès de migrant.e.s préparant/ayant réussi la traversée. Ce faisant, il s’agit de proposer une réflexion sur la violence du régime contemporain des frontières et de repenser le sens de la migration lorsqu’elle se fait au risque de la mort.

Collectifs

2017-2020. Morts en contexte de migration (MECMI). Programme financé par l'Agence nationale de la recherche et le Fonds de recherche Société et culture du Québec. Co-dirigé avec Lilyane Rachédi (UQAM)

À travers trois noyaux thématiques – gestion des morts ; imaginaires de la mort ; accompagnement des mourants et endeuillés – ce programme de coopération franco-québécoise a pour objectif d’interroger les dimensions matérielles, juridiques, institutionnelles, associatives, familiales, morales et émotionnelles de la mort en migration.

www.mortsenmigration.uqam.ca

2016-2018. Babels : ce que les villes font aux migrants, ce que les migrants font à la ville. Programme financé par l'ANR, dirigé par Michel Agier.

http://anrbabels.hypotheses.org/

Le programme de recherche Babels questionne l'actuelle « crise des réfugiés » en Europe à travers les formes d'hospitalité ou de rejet envers les migrant·e·s qu'elle a fait surgir. Fondé sur des ethnographies de villes européennes et méditerranéennes, ce programme cherche à analyser les situations de frontière contemporaines. Les frontières sont ici envisagées dans leurs dimensions géographiques – avec l'apparition de barrières et de murs – politiques et sociales – à travers les multiples mécanismes de mise à l'écart des migrant·e·s. Dans chaque contexte urbain, les frontières prennent une texture et une temporalité particulière permettant de distinguer trois formes de villes – les villes-carrefours, les villes-frontières et les villes-refuges – qu'il s'agira de décrire et d'analyser.