Vanessa Manceron
Chargée de recherche
France, Royaume-Uni
Anthropologie de la nature
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Vanessa Manceron est anthropologue, chargée de recherche au CNRS. Ses recherches portent principalement sur les constructions et perceptions sociales de la nature en France et en Angleterre. Ses principaux axes de travail concernent les controverses environnementales, les menaces et dangers écologiques, la question animale, les relations avec le vivant. Elle mène actuellement une recherche auprès des naturalistes amateurs en Angleterre. Elle a publié un ouvrage Une terre en partage. Liens et rivalités dans une société rurale (2005, MSH), de nombreux articles, et codirigé plusieurs numéros de revue, dont « Les animaux de la discorde » (2009, Ethnologie française), « L’imaginaire écologique » (2013, Terrain) et « La mesure du danger » (2015, Ethnologie française).

Jui 13, 2017

Textes

Langlois, Christine, Vanessa Manceron et Victor A. Stoichiţă (éds), 2017, L’emprise des sons (s.l., s.n.) [Terrain, 68].
Vienne, Emmanuel de, Vanessa Manceron et Ismaël Moya (éds), 2016, Renaître (s.l., s.n.) [Terrain, 66].
Houdart, Sophie, Vanessa Manceron et Sandrine Revet (éds), 2015, La mesure du danger (s.l., s.n.) [Ethnologie française, 45 (1)].
Manceron, Vanessa et Mathieu Roué (éds), 2013, L’imaginaire écologique (s.l., s.n.) [Terrain, 60].
Manceron, V., 2017, L’eau des étangs : gaz ou fluide ?, Techniques et Culture, 68 [Mondes infimes] : 26-47, en ligne : https://www.cairn.info/revue-techniques-et-culture-2017-2-page-26.htm.
Que s’est-il donc passé dans les régions d’étangs françaises pour que le cloaque pestilentiel de l’eau sombre et insalubre qui prévalait au xviiie siècle et première moitié du xixe siècle se mue en eau miroitante et fertile à la fin du xixe siècle ? Les descriptions rompent radicalement avec celles produites une cinquantaine d’années plus tôt : les eaux mortes, territoires de désolation et de putréfaction, sont devenues vives, reflets d’une nature vivante, assagie et fertile. En s’intéressant à la manière dont les scientifiques et les ingénieurs se sont emparés diversement de l’eau des étangs pour en comprendre les effets délétères et tenter d’y remédier, cet article insiste sur l’importance de considérer les conceptions de la matérialité de l’eau - gaz ou fluide – pour éclairer ce changement historique. Les différents états de l’eau apparaissent en effet comme de puissants agents de transformation des manières d’observer, de percevoir et de faire avec les milieux exondés et la putréfaction., What has happened in the french areas of ponds to make that the dark and unhealthy water which prevailed in the xviiith century and first half of the xixth century moved into gleaming and fertile water at the end of the xixth century ? The descriptions of ponds, considered as marshes, break radicaly with those produced fifty years earlier. Died waters, lands of sadness and putrefaction, became lively and fertile environment. By focusing on the way in which scientist and engineers study the noxious effects of stagnant waters and try to remedy it, the paper emphasizes the importance to consider the materiality of water – gas or fluid – to light this historical change.
Manceron, V., 2016, Exil ou agentivité ? ce que l’anthropologie fabrique avec les animaux, L’Année sociologique, 66 (2) : 279-298, en ligne : https://www.cairn.info/revue-l-annee-sociologique-2016-2-page-279.htm.
Cet article s’intéresse aux diverses manières dont la discipline anthropologique a objectivé la place des animaux dans ses objets de recherche durant les trente dernières années. Attentive aux renouvellements conceptuels et méthodologiques qui agitent actuellement l’ethnologie sous l’impulsion du tournant post-symbolique, l’auteur examine les changements en cours ainsi que les critiques adressées au passé de la discipline, en posant la question de ce que les ethnologues gagnent et perdent scientifiquement à considérer l’agentivité des animaux de manière symétrique.
Vienne, E. de et V. Manceron, 2016, Pourquoi, mais pourquoi relancer Terrain ?, Terrain, 66 : 2-3.
Manceron, V., 2015, « Avant que nature meure »… inventorier. Le cas des naturalistes amateurs en Angleterre, Ethnologie française, 45 (1) [La mesure du danger] : 31-43.
Houdart, S., V. Manceron et S. Revet, 2015, Connaître et se prémunir. La logique métrique au défi des sciences sociales, Ethnologie française, 45 (1) [La mesure du danger] : 11-16.
Manceron, V., 2013, Recording and Monitoring: Between Two Forms of Surveillance, Limn, 3 [Sentinel devices], en ligne : https://limn.it/recording-and-monitoring-between-two-forms-of-surveillance/.
Vanessa Manceron argues that when naturalists take part in monitoring programs on their "local patch," they are caught between two forms surveillance: care and control.
Manceron, V. et M. Segalen, 2011, Entre solidarité résidentielle, sentiments et soutiens publics : les relations de parenté dans le Liberté à Nanterre, Abstract, Zusammenfassung, Ethnologie française, 42 (1) : 23-36, en ligne : https://www.cairn.info/revue-ethnologie-francaise-2012-1-page-23.htm.
RésuméPour comprendre, dans le cadre de kass, l’importance et la nature des liens de parenté en milieu urbain, l’enquête ethnographique a pris place dans un grand immeuble de la ville de Nanterre. Elle montre que, appuyées sur le système des aides publiques et fondées sur des relations affectives, les relations verticales relèvent d’une forme d’obligation morale et les relations horizontales de l’ordre de l’électif. En raison de l’histoire particulière de ce bâtiment, ces relations s’articulent à un solide réseau de voisinage. On ne dira plus que l’individualisme et le salariat contemporains ont fait disparaître les liens intergénérationnels, qui participent de la modernité urbaine en France.
Manceron, V., 2016, Peut-on devenir oiseau ?, Persona. Étrangement humain (Arles/Paris, Actes Sud/musée du quai Branly) : 253-256.
Manceron, V., 2015, What is it like to be a bird ? Imagination zoologique et proximité à distance chez les amateurs d’oiseau en Angleterre, Bêtes à pensées: visions des mondes animaux (Paris, Éd. des Archives contemporaines) : 117-140.
Manceron, V., 2014, Les constructions sociales du danger : quelques usages de la notion de risque et d’infortune en sciences sociales, Perception et gestion des risques: approches méthodologiques appliquées au développement : université d’été régionale en sciences sociales "Les Journées de Tam Đảo" (Đà Lạt Việt Nam) Juillet 2003 (Hà Nội, Viet Nam, Tri Thức) : 37-54.
Manceron, V., 2012, Les vivants outragés : usages militants des corps et perceptions des animaux d’élevage chez les défenseurs de la cause animale en France, Des hommes malades des animaux (Paris, L’Herne) : 57-78.
Manceron, V., M. Roué, D. Denayer, C. Mougenot et A. Doré, 2016, Les animaux comme révélateurs et passeurs de frontières, Interdisciplinarités entre natures et sociétés (Bruxelles, P.I.E. Perter Lang) : 117-140.
Manceron, V., 2016, La biodiversité en discussion. Attributions de valeur et pouvoir. Compte rendu de: Anne Sourdril et Meredith Welch-Devine (éd.), Biodiversité(s) (Ethnographiques.org, 27, 2013), Lectures anthropologiques. Revue de comptes rendus critiques, 2016 (1) [L’anthropologie à la une], en ligne : http://lecturesanthropologiques.fr/lodel/lecturesanthropologiques/index.php?id=313.
Compte-rendu de « Biodiversité », Ethnographiques.org, n° 27, décembre 2013, coordonné par Anne Sourdril et Meredith Welch-Devine Le succès du néologisme « biodiversité » s’est imposé dans les années 1980. Il marque le moment où la nature à protéger devient nature à gérer et à piloter, pour reprendre le titre de l’ouvrage de Patrick Blandin (2009). Alors que la diversité n’était jusqu’alors qu’un attribut des communautés biologiques pour rendre compte du fonctionnement du vivant, l’adoption du vocable Biodiversité indique un changement de perspective, le vivant et ses formes plurielles d’existence devenant un objectif à atteindre, relevant d’une problématique politique et globale. Cette nouvelle acception de la nature qui repose sur des tentatives de quantification et de mesure, avec l’appui du monde scientifique et des institutions en charge de l’administration de l’environnement, est un récit sentimental sur la vulnérabilité de l’environnement sous l’effet de l’industrialisation (Lousley, 2012), de telle sorte que se met en marche une communauté globale penchée au chevet d’une nature tout aussi globale qui se meurt. Dans le même temps, la diversité impose la cohabitation des différences — différents organismes dans différents milieux en prise avec différents individus dans différentes sociétés humaines. Par-delà les grands récits et les narrations sur la diversité comme un en soi global, surgissent alors les relations, les malentendus, les cloisonnements, les intérêts contr
Manceron, V., 2014, Compte rendu de: Catherine-Marie Dubreuil, Libération animale et végétarisation du monde. Ethnologie de l’antispécisme français (Paris, Éditions du CTHS, 2013), Ethnologie française, 44 (4) : 738-740, en ligne : https://www.cairn.info/revue-ethnologie-francaise-2014-4-page-737.htm.
Manceron, V., 2014, Compte rendu de: Bernadette Lizet et Jacqueline Millet (éd.), Animal certifié conforme. Déchiffrer nos relations avec le vivant (Paris, Dunod, 2012), Ethnologie française, 44 (3) : 556-559, en ligne : https://www.cairn.info/revue-ethnologie-francaise-2014-3-page-551.htm.
Manceron, V., 2013, Compte rendu de: Christophe Traïni, La Cause animale (1820-1980). Essai de sociologie historique (Paris, Presses universitaires de France, 2011), Ethnologie française, 43 (2) : 347-349, en ligne : https://www.cairn.info/revue-ethnologie-francaise-2013-2-page-343.htm.
Manceron, V., 2013, Compte rendu de: Sophie Houdart, L’universel à vue d’œil (Paris, Éditions Pétra, 2013), Revue d’anthropologie des connaissances, 7 (4) : 1003-1005, en ligne : https://www.cairn.info/revue-anthropologie-des-connaissances-2013-4-page-1003.htm.
Manceron, V., 2013, Compte rendu de: Geneviève Bédoucha, Les Liens de l’eau. En Brenne, une société autour de ses étangs (Paris/Versailles, Éditions de la MSH/Quæ, 2011), L’Homme, 207-208 : 401-402, en ligne : https://lhomme.revues.org/24703.
Manceron, V., 2013, Compte rendu de: Jocelyne Porcher, Vivre avec les animaux. Une utopie pour le XXIe siècle (Paris, La Découverte, 2011), Natures Sciences Sociétés, 21 (3) : 333-335, en ligne : https://www.nss-journal.org/articles/nss/abs/2013/03/nss130111/nss130111.html.
Natures Sciences Sociétés, traite de tous les aspects de l interface homme-nature, la science faisant elle-même partie de cette interface

Communications

Houdart, S., V. Manceron, B. Moutaud et G. Raveneau, 2015, « Membres du comité d’organisation », 2e congrès international de l’AFEA "Démesure", Université de Toulouse-Jean Jaurès.
Houdart, S., J. Langumier, V. Manceron et S. Revet, 2015, « Organisation », atelier "Appréhender la démesure. Dispositifs de mesure et de préhension des phénomènes de grande ampleur, des risques et des catastrophes", 2e congrès de l’AFEA "Démesure", Université de Toulouse-Jean Jaurès.
Manceron, V., 2018, « Batellerie entre terre et eau », table ronde "Voies navigables en Seine-et-Marne", Médiathèque Luxembourg, Meaux.
Manceron, V., 2017, « Visibilité, invisibilité des espèces et catégorisations », workshop ANR PIAF/INRA Castanet Tolosan "Environmental changes ans erosion or proliferation of species : how is it making us think about comparison ?", Toulouse.
Manceron, V., 2017, « Petit essai de zoographie aviaire », séminaire d’anthropologie générale, LISST, Université Toulouse 2.
Manceron, V., 2017, « Collectionneurs et observateurs : les naturalistes amateurs en Angleterre », séminaire "Relations hommes/animaux : questions contemporaines ", LAS/EHESS, Musée du quai Branly, Paris.
Manceron, V., 2017, « L’exploitation de l’eau sous tension : la construction complexe d’une communauté locale de l’eau », journée d’étude "La place du droit coutumier en Dombes aujourd’hui", Institut de droit de l’environnement, Université de Lyon.
Manceron, V., 2016, « Ce que la nature doit à la culture et inversement », journée d’étude "Patrimoine naturel, patrimoine culturel : quelles ambitions partagées ?", Fédération des Conservatoires d’Espaces naturels, Tours.
Manceron, V., 2016, « Des images, des corps et des mots : action publique et défense de la cause animale », XXe Congrès AISLF, Montréal, Canada.
Manceron, V., 2015, « L’histoire naturelle à la croisée des chemins », 140e Congrès CTHS "Réseaux et Sociétés", Reims.
Manceron, V., 2015, « Cartographier le déclin de la biodiversité : visibilité et intelligibilité d’une crise écologique », 2e congrès international AFEA "Démesure", Université de Toulouse-Jean Jaurès.
Manceron, V., 2015, « L’eau des marais : gaz ou liquide ? Petite histoire d’un changement de paradigme au tournant du XIXe siècle en France », Workshop "Petits Êtres", Rome.
Manceron, V., 2015, « Le tournant biosécuritaire », table-ronde "Les animaux sous surveillance", INRA/Revue d’Anthropologie des connaissances.
Manceron, V., 2015, « Qu’est-ce que cela fait d’être un oiseau ? », séminaire "Anthropologie à Nanterre", département d’anthropologie/LESC, Université Paris Nanterre.
Manceron, V., 2014, « The perception of animal diseases (avian flu) and food safety from an anthropological perspective », conférence plénière, colloque international "Labexpo Academy. Four ways to feed the planet. Food cultures : practices of sharing and exclusion" », Universita degli studi di Milano.
Manceron, V., 2014, « État de l’art : sciences sociales et sciences participatives », Workshop "Sciences participatives et protection de la biodiversité", Muséum national d’histoire naturelle, Paris.
Manceron, V., 2014, « Entre nature et environnement. Le point de vue de l’anthropologie », Workshop "Engagement, nature, environnement au prisme des émotions et des sensibilités : réflexion pour une approche pluridisciplinaire", Institut d’études politiques, Aix-en-Provence.
Manceron, V., 2014, « Situer l’origine virale : perceptions plurielles de la grippe aviaire », journée d’étude "Savoirs ruraux", Laboratoire Printemps, Université de St-Quentin-en-Yvelines.
Manceron, V., 2013, « Anthropologie de la nature ; Conflits d’usages, appropriation des ressources et perceptions plurielles de la nature ; Risques environnementaux et rappports hommes-animaux. Le cas de la grippe aviaire ; Les naturalistes amateurs et le sauvetage de la biodiversité en Angleterre », cycle de 4 conférences "Learning Programme Erasmus", Université de Pérouse, Italie.
Manceron, V., 2013, « Entre projection, distanciation et anthropomorphisation : étude comparée des manières de figurer la proximité avec les animaux au sein des mouvements naturalistes et animalistes », conférence plénière, colloque international "Visions du monde animal : médiations ordinaires, brouillages ontologiques, cosmologies autochtones", Université de Laval, Québec.
Manceron, V., 2013, « Les coulisses et les non-dits de l’anthropologie », séminaire "Engagement", Université de Brest.
Manceron, V., 2013, « "Avant que nature meure", s’engager… Le cas des naturalistes amateurs en Angleterre », journée d’étude "Cheminement biographique et engagement écologique", CITERES, Université de Tours.
Manceron, V., 2013, « Les constructions sociales du risque : définition, histoire et usages de na notion en sciences sociales », journées de Tam Dao "Perception et gestion des risques : Approches méthodologiques appliquées au développement", Université de Da Lat (Vietnam).
Manceron, V., 2013, « Quand les naturalistes amateurs anglais inventorient la biodiversité », journées "L’ethnologie va vous surprendre", Musée du quai Branly, Paris.