Chargé de recherche
Canada, Etats-Unis, Allemagne, Belgique, France, Suisse
Neurosciences, médecine, biologie, animaux, psychiatrie
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Mes travaux de recherche portent sur les dimensions sociales et culturelles des savoirs et pratiques des neurosciences dans les sociétés contemporaines et sur les conceptions de l’homme et formes de vie qu’elles renferment. Depuis 2004, j’explore plus particulièrement la manière dont les neurosciences instaurent expérimentalement, au laboratoire, de nouvelles hiérarchies et liens causaux entre les composantes biologiques, psychologiques ou sociales des comportements humains ; mais aussi comment elles prétendent agir sur ces différentes dimensions, en particulier à travers le développement de thérapeutiques expérimentales en psychiatrie.

Aujourd’hui, mes recherches étendent ces problématiques à travers les recompositions des frontières de l’humain dans les pratiques d’expérimentation sur les animaux en neurosciences. Il est notamment question de comprendre comment la différence (ou les ressemblances) entre l’homme et l’animal est pensée, retravaillée, négociée et mise en tension dans l’élaboration de modèles animaux du comportement humain et plus largement dans la production et le traitement des animaux destinés à se substituer à l'homme en situation d’expérimentation.

Responsabilités

2015-  : membre du comité de rédaction de la revue Lectures anthropologiques. Revue de comptes-rendus critiques. http://lecturesanthropologiques.fr/index.php

2011-2016 : membre du comité de rédaction de la revue Anthropologie & Santé. https://anthropologiesante.revues.org/

Membre du Comité d'évaluation éthique de l'Inserm. http://www.inserm.fr/qu-est-ce-que-l-inserm/organigramme/comites/ceei

Textes

Chamak, Brigitte et Baptiste Moutaud
2014, Neurosciences et société : enjeux des savoirs et pratiques sur le cerveau (Paris, Armand Colin).

Moutaud, Baptiste
2016, Neuromodulation Technologies and the Regulation of Forms of Life: Exploring, Treating, Enhancing, Medical Anthropology, 35 (1) : 90‑103.

Deep brain stimulation (DBS) is one of the most innovative treatments for a range of neurological and psychiatric conditions. As the practice spreads worldwide, this invasive neurosurgical technology has become the subject of major social, scientific, and ethical concerns about its regulation. In this article, I describe its implementation in a French neuroscience ward and the different forms of practice that structure and promote the development and circulation of this neuromodulation technology. I explore how alternative experimental uses of DBS and deviations from its original therapeutic objectives both interfere with and promote its dissemination. At first, it appeared that neuroscientists could use DBS as a powerful tool to create reproducible experimental human models of emotional or behavioral symptoms so as to explore the functions of the human brain in vivo. In parallel, implanted patients influenced the care program by viewing DBS as a potential technology of self-enhancement for a wide range of personal situations. These alternative uses of DBS have challenged its modes of regulation and standardization and have raised new medical, scientific, and moral controversies. These concern not only ethical and methodological norms of medical and scientific practices but also the anthropological tensions raised by the forms of life that are emerging from neuroscience and experimental practices.

2015, Un «alien» dans le cerveau. Expérience sociale de la maladie mentale et idiome naturaliste des neurosciences, Anthropologie et Santé, 11, en ligne : http://anthropologiesante.revues.org/1879 (consulté le 14 février 2017).

Dans cet article, j’interroge les enjeux anthropologiques soulevés par la diffusion du discours naturaliste des neurosciences dans les sociétés contemporaines et l’idée qu’il offrirait aux individus une nouvelle manière de se penser et de se définir selon le cerveau et son fonctionnement. Pour cela, je décris les logiques selon lesquelles des personnes souffrant d’un trouble obsessionnel compulsif s’approprient des explications cognitives ou biologiques pour rendre compte de leur expérience de la maladie. J’avance l’idée que ces explications sont un idiome que les personnes mobilisent pour les registres d’action qu’il leur offre afin de reprendre le contrôle de leur trajectoire, d’agir sur leur environnement et de négocier les contraintes de la maladie. Plus que la construction d’une forme de vie fondée sur le biologique, ce langage s’inscrit dans des dispositifs qui le diffusent en écho des idéaux politiques et éthiques de la démocratie sanitaire et de l’empowerment. L’ensemble participe à construire la figure d’un individu souffrant d’un trouble psychiatrique qui pourrait agir sur son cerveau pour redevenir acteur de sa santé et rejoindre la communauté des citoyens.

2014a, Mieux vaut prévenir (la société) pour guérir (les malades). Commentaire à propos de Psychochirurgie, de Marc Lévêque (Springer-Verlag, 2013), PSN, Psychiatrie, Sciences humaines, Neurosciences, 12 (2) : 91‑98.

2014b, Pour le bien de tous et l’intérêt de chacun. Essai clinique et innovation organisationnelle en psychochirurgie, Sciences sociales et santé, 32 (3) : 43‑68.

2012, Une «convergence forcée»?: Ethnographie d’une collaboration entre neurologie et psychiatrie dans un centre de neurosciences en France, Anthropologie et Santé, 4, en ligne : http://anthropologiesante.revues.org/927 (consulté le 14 février 2017).

L’expansion des neurosciences a conduit certains neurologues et psychiatres à repenser l’idée d’une fusion de leurs spécialités au sein d’une discipline neuropsychiatrique commune. A partir de l’ethnographie du développement d’une technologie thérapeutique pour des troubles neurologiques et psychiatriques par une équipe de neurosciences, cet article analyse en quoi ce projet interroge le statut épistémologique de la psychiatrie, de ses méthodes et de ses objets. Il décrit les différents dispositifs de recherche et de soin au sein desquels neurologues et psychiatres collaborent ainsi que les formes de pratiques, figures du malade et définitions des troubles qui en émergent. Si la technologie autorise l’ouverture de lieux de pratique communs, l’interrogation symétrique d’événements et la translation de problématiques entre les acteurs, le projet neuropsychiatrique se heurte cependant dans le soin à l’irréductibilité de la définition du trouble et du patient psychiatriques à la focale biologique.

2010, L’implantation de la recherche clinique à l’hôpital en France: Histoire de la création des centres d’investigation clinique, Médecine/Sciences, 26 (8‑9) : 768‑771.

Les centres d’investigation clinique (CIC) sont des structures implantées au sein des centres hospitaliers et dédiées à l’expérimentation thérapeutique et la recherche clinique sur l’homme. Créés au début des années 1990 par l’Inserm, ils ont comme particularité d’être partagés entre recherche et clinique. L’histoire de leur création permet d’éclairer les relations délicates entre ces deux pôles de la biomédecine en France, de mettre en perspective la politique de I ’Inserm dans leur rapprochement et de cerner les contours du modèle de recherche médicale promu depuis les années 1980. Les CIC jouent, au cœur de ces complexes interactions, un rôle de « zone d’échange » autorisant la collaboration d’acteurs aux méthodes et objectifs distincts autour de patients au statut anthropologiquement instable.

Moutaud, Baptiste
à paraître, Du volontaire à l’involontaire? Expérimentation clinique en neurosciences et la reconfiguration de la continuité du moteur au mental, in Gzil, Fabrice, Sarah Troubé et Romain Schneckenburger (éds), Psychiatrie, neurologie et neurosciences cognitives: apports réciproques (Paris, Presses universitaires de France).

Lovell, Anne M. et Baptiste Moutaud
2017, Sociologie des troubles psychiatriques, in Guelfi, Julien-Daniel et Frédéric Rouillon (éds), Manuel de Psychiatrie, 3 (Paris, Elsevier/Masson) : 93‑104.

Moutaud, Baptiste
2015, DSM-5 and the Reconceptualization of Obsessive-Compulsive Disorder. An Anthropological Perspective from the Neuroscience Laboratory, in Demazeux, Steeves et Patrick Singy (éds), The DSM-5 in Perspective: Philosophical Reflections on the Psychiatric Babel (Dordrecht, Springer) : 225‑238 [History, Philosophy and Theory of the Life Sciences, 10], en ligne : http://link.springer.com/10.1007/978-94-017-9765-8_13 (consulté le 14 février 2017).

Chamak, Brigitte et Baptiste Moutaud
2014, La vie sociale des neurosciences, in Chamak, Brigitte et Baptiste Moutaud (éds), Neurosciences et société. Enjeux des savoirs et pratiques sur le cerveau (Paris, Armand Colin) : 9‑19.

Moutaud, Baptiste
2014, Produire des connaissances, produire du soin en neurosciences. Le cas de la stimulation cérébrale profonde, in Chamak, Brigitte et Baptiste Moutaud (éds), Neurosciences et société. Enjeux des savoirs et pratiques sur le cerveau (Paris, Armand Colin) : 137‑156.

Moutaud, Baptiste et Aurélien Troisoeufs
2014, Agir en connaissance de cause. Négociation et appropriation des savoirs scientifiques et construction des expériences au sein d’une association d’usagers de la psychiatrie, in Chamak, Brigitte et Baptiste Moutaud (éds), Neurosciences et société. Enjeux des savoirs et pratiques sur le cerveau (Paris, Armand Colin) : 189‑209.

Moutaud, Baptiste
2011a, Are we Receptive to Naturalistic Explanatory Models of our Disease Experience? The applications of Deep Brain Stimulation to Obsessive-Compulsive Disorders and Parkinson’s disease, in Pickersgill, Martyn et Ira Van Keulen (éds), Sociological Reflections on the Neurosciences (Bingley, Emerald) : 179‑202.

2011b, From the Experimental Body to the Experimental Patient. Medical Experimentation in Neuroscience, in Fainzang, Sylvie et Claudie Haxaire (éds), Of Bodies and Symptoms. Anthropological Perspectives on their Social and Medical Treatment (Tarragone, Publicacions URV) : 239‑259.

2008, «C’est un problème neurologique ou psychiatrique?» Anthropologie de la neurostimulation intracrânienne appliquée à des troubles psychiatriques, in Missa, Jean-Noël (éd.), Les maladies mentales (Paris, Presses universitaires de France) : 175‑214.

Multimédia

Moutaud, Baptiste et Caroline Pochon
2012, Stimulation cérébrale : un nouvel espoir sur les TOC ? (BFC Productions, Arte).

Enseignements

2016-2018 : Introduction à l'anthropologie de la santé - M1, Master Santé, populations, politiques et interventions sociales - École des hautes études en sciences sociales. https://enseignements-2016.ehess.fr/2016/ue/1218/

2005-2007 : Anthropologie de la santé (CM) - L3, Licence d’ethnologie - Université Paris 10-Nanterre - Département d’ethnologie

2005-2007 : Introduction à l’Ethnologie (TD) - L1, Histoire, Ethnologie - Université Paris 10-Nanterre - Département d’ethnologie

Collectifs

Responsable scientifique pour le partenaire CERMES3 (UMR 8211, INSERM U988, EHESS, Université Paris Descartes) du programme de recherche interdisciplinaire financé par l’Agence Nationale de la Recherche 2014-2017 : « Normastim. Les neurosciences de l’expérimentation à la clinique. Enjeux juridiques, philosophiques et sociologiques de la stimulation cérébrale profonde », dirigé par Sonia Desmoulins-Canselier (UMR 8103 de droit comparé de Paris) et en collaboration avec le centre de recherche Sciences, Philosophie, Histoire (SPHERE - Université Paris-Diderot, UMR 7219). http://www.biusante.parisdescartes.fr/normastim/

2013-2016 : membre (chercheur postdoctoral) du programme de recherche : « Nouvelles approches du soin en psychiatrie : regards cliniques et sociologiques », dirigé par Alain Ehrenberg (CNRS-CERMES3) financé par la Mission pour l’Interdisciplinarité du Centre national de la recherche scientifique « Innovations thérapeutiques pour les maladies mentales ».

2013-2015 : membre associé du projet de recherche Emergence(s) de la Ville de Paris : « Risques de psychose et anticipations du malheur dans la psychiatrie contemporaine en France et en Allemagne. Une approche sociologique », dirigé par Nicolas Henckes (CNRS-CERMES3).

2013-2015 : membre (chercheur postdoctoral) du programme de recherche franco-allemand co-financé par la Deutsche Forschungsgemeinschaft et l’Agence Nationale de la Recherche : « Psychiatric fringes. An historical and sociological investigation of early psychosis and related phenomena in post-war French and German societies », dirigé par Nicolas Henckes (CNRS-CERMES3) et Volker Hess (Institute for the history of medicine, Charité Universitätsmedizin, Berlin).

2009-2012 : membre (chercheur postdoctoral) du programme de recherche financé par l’Agence Nationale de la Recherche : « La vie sociale des neurosciences », dirigé par Brigitte Chamak (CNRS-CERMES3).

2008-2011 : membre associé du programme de recherche financé par l’Agence Nationale de la Recherche : « Philosophie, Histoire et Sociologie de la Maladie Mentale », dirigé par Pierre-Henri Castel (CNRS-IHPST).

2008-2011 : membre associé du Partenariat Institutions Citoyens pour la Recherche et pour l’Innovation de la Région Ile-de-France réunissant l’Association française des personnes souffrant de troubles obsessionnels compulsifs et l’équipe de recherche « Emotion, comportement et ganglions de la base » (Institut du cerveau et de la moelle épinière-Université Pierre-et-Marie-Curie-INSERM).