Antoinette Molinié
Directrice de recherche
émérite
Pérou, Espagne
Pérou, Bolivie, Andes, Espagne, Andalousie
Pérou, Andalousie, rituels, néo-Indiens
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Antoinette Molinié s’est consacrée à l’étude des sociétés traditionnelles des Andes. Dans un premier temps, lors d’enquêtes au Pérou dans la région de Cuzco et dans la vallée de Chancay, puis en Bolivie à Ambana, elle a mis en évidence les modalités d’insertion des communautés andines traditionnelles dans l’économie de marché. À la suite de plusieurs enquêtes ethnographiques, elle a mené des recherches sur la représentation de l’espace et sur des modalités du rituel, comme les procédés par lesquels celui-ci s’institue en mémoire de longue durée et en historicité spécifique, les rapports qu’entretiennent action rituelle et exégèses, les systèmes de transformations du rapport mythe/rite entre hautes et basses terres. Ces travaux ont pris une dimension comparative grâce à des enquêtes menées en Espagne, d’abord dans La Mancha puis en Andalousie où elle travaille actuellement. Ce laboratoire comparatif transatlantique lui a permis de dégager les mécanismes d’ethnogenèse de rites amérindiens, soit leur diachronie à travers des données synchroniques espagnoles et andines, d’approfondir le concept de sacrifice à partir de son fonctionnement différentiel dans les jeux taurins, de mettre en valeur la cohérence de chacun des deux systèmes de pensée à travers les exégèses des rites de la Fête-Dieu.

Elle a ensuite repris ces chantiers théoriques en utilisant des données de l’ontogenèse et des concepts freudiens. Ceux-ci ont été mis à l’épreuve dans l’analyse de faits culturels précis comme le privilège accordé par la culture andine aux opérations de médiation, tant dans le rite que dans l’organisation de l’espace, l’esthétique et la représentation du corps. C’est ainsi que la contradiction entre action rituelle et exégèses observée dans une cérémonie de la Mancha a trouvé un sens grâce aux concepts freudiens de déni et de dénégation. Aujourd’hui c’est avec cet outillage psychanalytique qu’elle aborde les célébrations religieuses andalouses, dont les enchaînements dans le calendrier rituel forment, selon ses hypothèses, un déploiement du triangle œdipien.

Par ailleurs, Antoinette Molinié a mené une recherche sur les nouvelles formes de néo-indianité liées au New Age, plus particulièrement au Cuzco où se développe un néo-incaïsme suggérant une ethnogenèse en cours.

Elle a été responsable d’un observatoire de l’archivage de matériaux ethnographiques regroupant huit expériences complémentaires (en France, en Andalousie, en Grèce, à Madagascar, au Sénégal et au Mali). Il s’agissait, au travers de cas concrets, de dégager les conditions d’une systématisation de l’archivage de données de terrain.

Antoinette Molinié a enseigné au département d’ethnologie de l’université Paris Ouest, à l’École nationale des Beaux-Arts et à la Casa de América de Madrid.

Elle a été membre du Comité national du CNRS (1995-2000) et présidente de la commission des spécialistes (20e section) à l’université Paris X (2000-2006).

Responsabilités

Membre du Comité national du CNRS de 1995 à 2000

Président de la Commission des spécialistes section 20 à l'université Paris X-Nanterre de 2000 à 2006

Membre du Conseil scientifique de la Casa de Velázquez de 2004 à 2007

Membre actuel du Comité d'administration de la Société des américanistes

Membre actuel du Conseil scientifique du Labex Corail

Membre actuel du Comité d'éthique du CNRS (COMETS)

Membre actuel du comité de rédaction du Journal de la Société des américanistes

Expertise du dossier de candidature de la Bolivie au Patrimoine Immatériel de l'Humanité (UNESCO) en 2003

Nombreuses expertises pour l'ANR et pour le musée du quai Branly

Enseignements

Chargée de cours à l'université Paris Nanterre de 1991 à 2011

Chargée de cours à la Casa de América (Madrid) de 1992 à 2002

Collectifs

Responsable de l'ACI "Le terrain et son archivage" de 2004 à 2007