Stefan Le Courant
Jeune docteur
 
Vivre sous la menace. Ethnographie de la vie quotidienne des étrangers en situation irrégulière en France
Georges Augustins
19/01/2015
France
Île-de-France, Paris
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Babels, Carolina Kobelinsky et Stefan Le Courant (éds), 2017, La mort aux frontières de l’Europe: retrouver, identifier, commémorer (Neuvy-en-Champagne, Le passager clandestin).
Le Courant, S., 2016, La ville des sans-papiers: Frontières mouvantes et gouvernement des marges, L’Homme, 219-220 : 209-232, en ligne : http://lhomme.revues.org/29106.
Pour les étrangers en situation irrégulière vivant en France, échapper à l’expulsion du territoire nécessite d’adapter son comportement quotidien à cette menace. Comme elle est avant tout question de perception personnelle, la menace fait planer un doute incessant sur l’apparence des choses. Les étrangers en situation irrégulière font l’expérience quotidienne de frontières aux contours mouvants, la menace se révèle alors être un instrument de gouvernement exerçant un contrôle protéiforme sur une population difficilement saisissable autrement.
Le Courant, S., 2015, Le poids de la menace : l’évaluation quotidienne du risque d’expulsion, Ethnologie française, 45 (1) [La mesure du danger] : 123-133.
Le Courant, S., 2014, Être le dernier jeune, Terrain, 63 : 38-53, en ligne : http://terrain.revues.org/15490.
Le renforcement des politiques de contrôle des migrations en Europe a eu pour effet le développement de poches d’attente tout au long du parcours des aspirants à cette migration. Parallèlement, la restriction des conditions d’obtention d’un titre de séjour a retardé l’accès à un statut régulier pour les étrangers déjà présents sur le territoire. En attendant ces « papiers » tant espérés, les étrangers en situation irrégulière sont contraints à vivre dans un éternel présent fait de multiples recommencements. Si l’obtention des « papiers » ouvre une nouvelle temporalité, un temps devenu profitable, les étrangers régularisés découvrent vite les contradictions temporelles de la vie de migrant.
Le Courant, S., 2013, What can we learn from a ‘Liar’ and a ‘Madman’? Serendipity and Double Commitment during Fieldwork, Social Anthropology, 21 (2) : 186-198, en ligne : http://doi.wiley.com/10.1111/1469-8676.12015.
In order to do my PhD fieldwork among undocumented migrants in a detention centre, I had to become a volunteer for an NGO providing legal assistance. In this paper I examine the effect of this double commitment through the study of two figures: a ‘liar’ and a ‘madman’. I question the grounds upon which field anthropological practice is based, namely, the ideas of long-term fieldwork and serendipity. I hypothesise that anthropological knowledge is constructed in the successive oscillations between various positions and points of view on the field and not in the quest for the right distance from the subject under scrutiny.
Le Courant, S., 2013, "Moi je viens de Mars, et toi ?" Le rire dans les espaces publics de la Goutte d’Or, Terrain, 61 : 54-67, en ligne : http://terrain.revues.org/15169.
La Goutte d’Or, à Paris, s’est constituée comme centralité immigrée et commerçante, faisant de ce quartier un lieu de rencontre et de coprésence d’une grande hétérogénéité urbaine. Par la sociabilité inclusive qu’il produit, le rire, omniprésent, participe de l’entrée en relation permettant à chacun de prendre part aux échanges qui s’instaurent. Se discutent alors la place et la légitimité de chacun à occuper les espaces publics pluralistes. L’humour, en permettant un usage apaisé et labile de stéréotypes multiples, participe à la recherche de la bonne distance dans la relation à autrui, et permet de renégocier en situation les catégories identitaires assignées à chacun.
Kobelinsky, C. et S. Le Courant, 2016, Trapped to the local: The effects of immigration detention in France, Detaining the Immigrant Other: Global and Transnational Issues (New York, Oxford University Press) : 129-139.
Le Courant, S., 2012, Écrire la vie d’Ibrahim Kanouté, le "roi des sans-papiers", Migrations, exils, errances et écritures (Nanterre, Presses universitaires de Paris Ouest) : 35-48.
La 4e de couv. indique : "Ecrire les migrations, les errances et les exils, c'est se tourner vers les problématiques des déplacements et des passages. Se pose alors la question de la définition de l'écriture migrante, définition nécessairement mouvante selon que l'on s'intéresse aux artistes qui choisissent la problématique de l'exil pour mettre en scène un questionnement identitaire ontologique ou à ceux qui, ayant eux-mêmes subi ou choisi l'exil, transforment leur propre exil en un exercice d'espoir dans un double mouvement mnémonique et didactique. Qu'il s'agisse d'une littérature de migrants ou sur les migrants, d'exils politiques ou d'exils imaginaires, l'esthétique de la migrance se construit dans la fracture et dans la perte pour réaffirmer le droit à la vie à travers une nouvelle éducation du regard : celui du sujet sur lui-même et sur l'autre, celui de l'autre sur l'étranger. Dès lors l'exil ne saurait se concevoir simplement comme une expérience purement physique et accidentelle, mais devient la condition même de notre relation à autrui, bouleversant les frontières commodes entre le dedans et le dehors. L'expérience de l'exil conduit ainsi le sujet à hanter les marges du langage, à s'ouvrir à d'autres langues, pour devenir cet "hôte [...] dont le métier est de demeurer vulnérable à de multiples présences étranges, qui doit garder ouvertes à tous les vents les portes de son logis du moment"."
Le Courant, S., 2015, Compte rendu de: A. Aquino Moreschi, Des luttes indiennes au rêve américain. Migrations de jeunes zapatistes aux États-Unis (Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2013), Journal de la Société des américanistes, 101 (1-2) : 359-364, en ligne : http://journals.openedition.org/jsa/14422.
Camelin, S. et S. Le Courant, 2013, « Organisation », journée d’étude "Naissance des villes", LESC, MAE, Nanterre.
Le Courant, S., 2015, « Vivre la ville "sans-papiers" : la carte, l’échelle et le "policier en civil" », journées d’études "Marges, territoires urbains et circulations", Écoles des hautes études hispaniques et ibériques, Casa de Velázquez, Madrid.
Le Courant, S., 2015, « Papiers d’identité et identité de papiers. Le contrôle des étrangers ‘sans-papiers’ en France », journées d’études "Identifier les personnes dans l’espace atlantique, entre contrôle et garantie (XVIIe–fin XIXe siècle)", Université de Nantes.
Le Courant, S., 2013, « "J’ai combien de chance d’être expulsé ?" La menace de reconduite à la frontière dans le quotidien des étrangers en situation irrégulière », journée d’étude "La mesure du danger", CERI/Sciences Po, Paris.
Cours magistraux et séminaires

Théories et enjeux de l’identité, Master anthropologie sociale – ethnologie (M1), Université de Bordeaux, 2015 (12h).

Sociologie de la ville et des territoires, Master Stratégie Territoriales et Urbaines (M1), Sciences Po Paris, 2014 (24h).

Villes, capitalismes, mondialisation, Master d’ethnologie (M1), Université Paris Ouest Nanterre La Défense, 2013 (24h).

Questions de migration, Master ethnologie (M1), Université Paris Ouest Nanterre La Défense, 2009 (24h).

Des traditions ethnologiques en Europe, Licence anthropologie sociale – ethnologie (L3), Université de Bordeaux, 2015 (20h).

Anthropologie de la parenté, Licence anthropologie sociale – ethnologie (L3), Université de Bordeaux, 2015 (20h).

Ethnologie urbaine, Licence d’ethnologie (L3), Université Paris Ouest Nanterre La Défense, 2012 (24h).

Parenté et organisation sociale, Licence d’ethnologie (L3), Université Paris Ouest Nanterre La Défense, 2012 (18h).

Organisation sociale, Licence Sciences humaines et sociales mention ethnologie (L2), Université Paris Ouest Nanterre La Défense, 2008 (24h)

Travaux dirigés

Terrain : Histoire, enjeux et déontologie de l’enquête, Licence anthropologie sociale – ethnologie (L3), Université de Bordeaux, 2015 (20h).

Pratique de terrain, Licence d’ethnologie (L3), Université Paris Ouest Nanterre La Défense, 2012-2013 (40h).

Organisation sociale, Licence Sciences humaines et sociales mention ethnologie (L2), Université Paris Ouest Nanterre La Défense, octobre/février 2008-2009 (18h).

Introduction à l’ethnologie, Licence Sciences humaines et sociales mention ethnologie (L1), Université Paris Ouest Nanterre La Défense, octobre/février 2009-2010 et 2012-2013 (72h).