Qanbus Tarab couverture

Qanbus Tarab couverture
Sous la dir. de Jean Lambert et Samir Mokrani, 2013 Sanaa, Centre Français d’Archéologie et de Sciences Sociales, Paris, Geuthner.

Contributions de : Pierre d’Hérouville, Nizār Ghānim, Werner Graebner, Larry F. Hilarian, Muḥammad al-Jumā‘ī, Christian Rault.

Le luth monoxyle qanbûs ou tarab a joué un rôle central dans la musique du Yémen jusqu’au milieu du XXe siècle. Actuellement en voie de disparition, il présente plusieurs énigmes sur le plan historique, organologique et anthropologique. Selon des hypothèses historiques plausibles basées sur l’iconographie et la philologie, sa genèse remonterait à une forme de luth monoxyle (fabriqué dans une seule pièce de bois). apparue pour la première fois en Asie centrale avant le début de l’ère chrétienne. Cette forme se serait ensuite diffusée dans le monde arabe à travers la Perse sassanide, puis jusqu’au Yémen entre le XIIIe et le XVIe siècle, et de là, dans l’océan Indien, dans le monde malais et le monde swahili, avec l’émigration yéménite. C’est à Sanaa que l’instrument est le mieux documenté, grâce aux témoignages d’histoire orale. Le livre porte une attention particulière à sa description morphologique, ainsi qu’à son analyse organologique et de lutherie comparée. En effet, cet instrument n’est pas seulement monoxyle, mais il est aussi mono-cave (le manche et la caisse ne formant qu’une seule cavité). Enfin, imprégné de la culture des lettrés et des artisans de Sanaa, ce luth fait l’objet de représentations anthropomorphiques qui suscitent de nombreuses questions anthropologiques et d’histoire des mentalités. Mais c’est certainement grâce à sa petite taille et à sa caisse monoxyle que cet instrument a résisté au puritanisme et a traversé les océans.

http://www.geuthner.com/livre/qanbus-tarab/1024

paysages sensoriels
paysages sensoriels
Ouvrage collectif sous la direction de Joël Candau et de Marie-Barbara Le Gonidec, 2013, éditions du CTHS, collection Orientations et méthodes, n° 26.

 

Depuis longtemps, la géographie et l’architecture analysent la notion de paysage sonore. L’anthropologie qui avait négligé cette dimension du sensible propose aujourd’hui à travers cet ouvrage de définir à son tour cette notion tout en proposant des outils conceptuels pour pouvoir réaliser une «ethnologie du sonore».

Il s’agit dans cet ouvrage de rendre intelligibles les mécanismes sociaux et cognitifs de constitution de tout paysage sensoriel. Comment certains sons se démarquent d’un environnement sonore ordinaire pour mieux distinguer des appartenances sociales ou souligner un rituel.

Consacrer une publication à ces paysages sensoriels si singuliers que sont les environnements sonores, n’est-ce pas tenter vainement d’enfermer dans des frontières le plus évanescent des éléments du sensible ?

Bien au contraire, les contributions pluridisciplinaires (ethnomusicologie, architecture, urbanisme, anthropologie, géographie) sont placées sous le signe de l’ouverture : celle des milieux acoustiques - les sons se mélangent, dans les rues du Caire comme à Naples, dans les bandas maltaises comme dans le pastoralisme ovin transhumant du sud de la France - et celle des théories et des méthodes qui, en anthropologie, s’attachent à cet objet trop longtemps négligé qu’est le son.