Chercheur associé
Marie Chosson
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Monod Becquelin, A. et M. Chosson, 2020, La nocturnité au quotidien chez les Indiens tseltal du Chiapas (Mexique), Ateliers d’anthropologie, 48 [Alors vint la nuit…], en ligne : http://journals.openedition.org/ateliers/13500.
Cette analyse invite à scruter la nuit tseltal sous l’angle de son rôle d’agent de comportements, de pensées, d’attitudes et d’habitudes corporelles chez ces Indiens des Hautes Terres du Mexique.Abritant le sommeil, la nuit permet au rêveur de frayer avec des êtres surnaturels, rendant accessible et visible un cosmos dynamique dans lequel interagissent plantes, animaux, humains et non-humains. Certains traits qui définissent cette nuit dépassent cependant la partie nocturne du nycthémère pour surgir dans son versant diurne, ce que nous appelons des manifestations de la nocturnité. Le déplacement ontologique caractéristique de la nocturnité autorise à situer dans l’inconscient la crainte permanente de son irruption dans la vie des hommes ; ce terreau sous-jacent est perceptible dans les conversations quotidiennes, les contes répétés, les gestes et les comportements d’évitement qui le révèlent. À partir de données de terrain de deux communautés, Bachajon et Aguacatenango, élargies à d’autres villages situés dans les Altos, nous montrons que la composante obscure de la définition de la nuit tseltal est pensée comme, d’une part, dangereuse et susceptible d’être fatale à l’homme mais, d’autre part, nécessaire. Il est ainsi indispensable de se compromettre à la frange du danger et, à force d’efforts au quotidien, de rituels répétés et de prières, d’obtenir les bienfaits nécessaires à la vie en communiquant avec des êtres issus de cette obscurité.
Chosson, M. et J. Carpentier, 2017, Une indianité interculturelle ? Cultura et nouveaux modes de gouvernance, Nuevo Mundo Mundos Nuevos, en ligne : https://nuevomundo.revues.org/70100.
Le terme de « culture » tel qu’il a été forgé par les sciences sociales a été mobilisé, depuis quelques décennies, dans les politiques et les instruments juridiques des institutions nationales et internationales. Malgré cet usage institutionnel fréquent, la comparaison des Fabri-cas révèle l’emploi peu commun du vocable cultura dans les usages sociaux et linguistiques des sociétés amérindiennes (surtout dans les pays hispanophones). D’autres termes, vernaculaires ou d’emprunt ancien, sont en effet employés pour définir des pratiques collectives distinctives et semblent avoir canalisé l’adoption de cultura vers des contextes d’interactions avec des acteurs extérieurs à la communauté (ONGs, projets de développement, tourisme, fonctionnaires d’État, écoles…). Cet usage distinctif et valorisant du terme apparaît néanmoins primordial au bon développement des projets de patrimonialisation et favorise l’essor d’une indianité interculturelle.
Vapnarsky, V., L. Charlier, M. Chosson, C. Becquey et H. Figuerola Pujol, 2016, « Vertigineux vestiges : temps de pierres en pays maya et aymara », colloque international "Culture : Modes d’emploi – La patrimonialisation à l’épreuve du terrain", ANR Fabriq’am, Barge du Crous, Paris.
Vapnarsky, V., A. Ariel De Vidas, C. Becquey, C. Yvinec, L. Charlier, M. Chosson et H. Figuerola Pujol, 2016, « Introduction générale », colloque international "Culture : Modes d’emploi – La patrimonialisation à l’épreuve du terrain", ANR Fabriq’am, Barge du Crous, Paris.