Sylvain Roy
Jeune docteur
Sylvain Roy
Le rubâb afghani, étude historique, musicologique et organologique d'un luth d'Asie centrale
Jean During
12/12/2017
2015 Boursier de la « bourse des collections » du musée du Quai Branly
Ouzbékistan, Tadjikistan, Afghanistan, Irlande, Royaume-Uni
Badakhshan, Transoxiane
Ethnomusicologie, facture instrumentale, organologie, rythmes, transmission
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[English version below]

Docteur en ethnomusicologie, ses travaux portent sur l'organologie des instruments centrasiatiques et plus particulièrement sur les luths « rubâbs ». Son intérêt pour l'organologie le conduit à travailler également sur les instruments appartenant aux autres régions du monde. Dans le cadre de sa maîtrise il a réalise une étude sur les cornemuses en Irlande et depuis 2018 il travaille sur l'organologie et à la technique de jeu du yidaki et du mago, deux instruments que l'on nomme communément "didgeridoo". Dans le cadre d’un DESS (Master 2) en 2006, il a réalise une étude sur la valorisation des instruments de musique dans un espace muséal. L'objet de cette recherche est de montrer toute la complexité que représente un "objet sonore".

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Thesis entitled: The Afghani Rubab: A Historical, Musicological, and Organological Study of a Central Asian Instrument

PhD in ethnomusicology, his work centres on the organology of Central Asian instruments, more specifically “rubabs.” His interest in organology drove him to also work on instruments from other areas of the world. During his masters, he directed a study bagpipes in Ireland, and then in 2018 he worked on organology and the technique of playing yidaki and mago, two instruments that we describe commonly as a “didgeridoo.” As part of his Masters 2 studies in 2006, he directed a study on the valorisation of musical instruments in museum spaces. The object of this research is to illuminate the complexity embodied by an “object sonore.”



Roy, S., 2018, Le rubâb afghan, Les nouvelles d’Afghanistan, 160 : 16-19.
Histoire et origine du rubâb afghan. L’origine du rubâb afghan reste encore inconnue. On pensait que l’instrument était directement affilié aux luths représentés sur les sculptures du Gandhara du début de notre ère. Cependant, l’étude minutieuse de l’organologie de ces instruments montre non seulement qu’il ne s’agit pas de rubâb : leur table d’harmonie était en bois, la structure de leur corps, bien que légèrement ressemblante, diffère de celle du rubâb afghan.
Roy, S., 2018, The forgotten voice of the Uzbek Maqom, an experimental research, Maqom art and its role in the world civilization, 1 : 169-173.
What could have been the "voice of the Uzbek maqom" before Western influence? By making an inventory of the musical situation in the country, we can note several elements that underline the musical influence of the West in Uzbekistan. How could this have changed the practice of the Uzbek maqom? Would it be possible to recreate the sound of the maqom before Western influence? This research is part of a postdoctoral study project and follows my thesis on the spread of Rubab in Central Asia. It is based on an analytical and experimental approach based on the study of manuscripts, ancient iconography, as well as the exploration of instruments in national and international museums, not to mention the study of the processes used by the current makers. The issue of this research is not to show that the current aesthetic of the Uzbek maqom is "false"; it is fully in line with its evolution. This project is to find the "maqom voice" of the past.
Roy, S. et P. Simeon, 2018, Sur la piste du rubāb, la peinture murale de Hulbuk (Tadjikistan, xie siècle) : nouvelles approches ethnomusicologiques et iconographiques., Arts Asiatiques, 73 : 5-24.
Cet article présente une peinture murale du xie siècle découverte en 1983 dans le palais de Hulbuk (Tadjikistan). La scène peinte est exceptionnelle à plusieurs titres. Deux musiciennes y sont représentées l’une jouant du chang (harpe angulaire) et l’autre du rubāb (luth à manche) avec la plus ancienne représentation connue d’un rubāb à archet asymétrique. Nous présentons le contexte, la peinture et les deux instruments de musique, leurs timbres et leurs techniques de jeu à partir des données organologiques et ethnologiques. Un graffiti en persan inédit les accompagne et nous proposons une nouvelle interprétation de la scène figurée à partir de textes évoquant les esclaves musiciennes (ḳiyān). Cette pratique de l’Iraq abbasside comme de la Chine des Tang et des Song fait s’interroger sur le statut et l’origine ethnique des musiciennes, suggérant le prolongement d’habitudes préislamiques dans les cours princières d’Asie centrale. Mots-clés : peinture murale ; ethnomusicologie ; organologie ; rubāb ; archet ; chang ; graffiti ; élite ; courtisane ; Tadjikistan.
Roy, S., 2018, La musique classique afghane, du genre kabuli au kiliwalli moderne, Les nouvelles d’Afghanistan, 162 : 24-26.
Quand on parle de musique afghane au rubâb, on fait souvent référence au genre kabuli, une musique « classique » inventée à Kaboul et sa région proche entre le XIXe et le XXe siècle. Son histoire commence vers 1869, quand l’émir Cher Ali Khan se rend à Ambala, au Pendjab, pour discuter du futur traité avec les Russes. Nous ne parlerons pas ici du répertoire mahalli, musiques spécifiques des différentes régions d’Afghanistan, nous nous limiterons au répertoire moderne afghan, celui dans lequel le rubâb afghan a acquis ses lettres de noblesse.
Roy, S., 2016, Shavkmahmad Pulodov, le premier luthier professionnel du Badakhshan, Tradmagazine, 165 : 50-53.
Suite à l’effondrement de l’Union soviétique, les pays d’Asie Centrale se sont progressivement ouverts au reste du monde. Turquoises sur un écrin de soie, de grandes cités légendaires se sont développées autour d’oasis. Leur isolement jusqu’à l’invasion russe a permis de préserver jusqu’à nos jours une tradition riche qui retiendra toute notre attention. Le Badakhshan est une région autonome située au Tadjikistan, au pied du Pamir. Cet ancien territoire, réduit à l’état de région par les Russes et les Anglais au début du vingtième siècle, se trouve à cheval sur deux pays : Le Tadjikistan et l’Afghanistan. Le luthier Shavkmahmad Pulodov vit à Dushanbe, la capitale du Tadjikistan. Originaire de la région autonome du Badakhshan, il a appris les bases de lutherie seul.
Roy, S., 2016, Le qoshnay, Tradmagazine, 166 : 50-52.
Le qoshnay est un petit instrument monoxyle d’un vingtaine de centimètre fabriqué dans un roseau identique à l’arduno donax. L’instrument est dit monoxyle du fait que les anches sont directement taillées dans l’une des extrémités des deux tuyaux. S’agissant d’anches simples, il entre dans la famille des clarinettes.
Roy, S., 2005, Irlande, The Fox chace, Tradmagazine, 103 : 70-72.
The fox chase est une pièce unique du répertoire traditionnel irlandais au uilleann pipes. Elle a pour particularité de mettre en scène des animaux imités par la cornemuse : galop des chevaux, gloussement des poules, jargon du jars, aboiements des chiens et bien sûr glapissements du renard. Ce côté un peu anecdotique et spectaculaire conduit certains sonneurs à considérer cette pièce comme mineure et juste bonne à épater le badaud ; c’est oublier un peu vite qu’elle a été interprétée par les plus grands noms du uilleann pipes et que sa structure est loin d’être simple.
Roy, S., 2002, Piob mor 2, Accordance, 20 : 70-72.
Le píob mór dans l’image de John Derrick. La première description organologique du píob mór fût celle faite par Richard Stanihurst en 1586 dans son « De Rebus Hibernicis », l’instrument fut alors qualifié « d’ingénieux ».
Roy, S., 2001, Piob mor 1, Accordance, 19 : 16-19.
Le píob mór est la plus ancienne cornemuse attestée en Irlande. Son air géographique s’étendait sur toute l’île. À en croire les quelques preuves qui nous sont parvenues, l’histoire de cet instrument a dû être des plus étonnante. Du cuile au píob mór : on a souvent mal interprété le sens du terme pípaí dans les textes irlandais, beaucoup de chercheurs l’avaient pris comme point de départ pour attester la pratique du píob mór.
Roy, S., 2016, La pratique du rubâb afghan dans l’ancien émirat de Boukhara, IFEAC - Working paper n°8, en ligne : http://ifeac.hypotheses.org/2890.
Rapport de recherche sur la pratique du rubâb afghan en Ouzbékistan
Roy, S., 2008, Dans l’ombre du shashmaqom, ou le déclin inéluctable des traditions musicales sous valorisées, Les nouvelles de l’IFEAC, juillet-septembre.
Certaines pratiques musicales du patrimoine ouzbek sont sous représentées.
Roy, S., 2018, Le cycle du mariage à Boukhara, Novastan.org, 2018, en ligne : https://www.novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-le-cycle-du-mariage-a-boukhara/.
Etalé sur plusieurs jours, le mariage traditionnel ouzbek est un évènement social majeur, tant pour montrer son respect des traditions que sa richesse.
Roy, S., 2015, Le qoshnay, un instrument en péril, Novastan.org, 19 octobre 2015, en ligne : https://www.novastan.org/fr/ouzbekistan/le-qoshnay-un-instrument-en-peril/.
L’un des instruments les plus mystérieux de la musique traditionnelle ouzbèke, le qoshnay, est menacé de disparition.
Roy, S., 2015, Le rubâb afghan, un héritage musical malmené, Novastan.org, 1 novembre 2015, en ligne : https://www.novastan.org/fr/ouzbekistan/le-rubab-afghan-un-heritage-musical-malmene/.
Instrument très populaire dans l’Asie centrale depuis la fin du XVIIIe siècle, le rubâb afghan a été adapté au répertoire soviétique, perdant une partie de sa tradition. Mais le rubâb…