Waed Bou Hassoun
Doctorante
Waed Bou Hassoun
Chants et rituels du cycle de la vie chez les druzes de syrie. Approche ethnomusicologique
Jean Lambert
Syrie
Druzes du sud de la Syrie
Syrie - Rituel - Druze - Funérailles - Mariage
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[English version below]

Les chants du rituel funéraire chez les Druzes du sud de la Syrie (jebel al-­‐arabe)

Mon mémoire de master en ethnomusicologie avait porté sur l’analyse sémantique et musicale du tanwîḥ et des ash’âr, deux types de chants du rituel funéraire druze à Soueida, au sud de la Syrie.

Le tanwîḥ, chant non mesuré en prose rimée, est un exemple de l’augmentation de l’expressivité du langage parlé par la mélodisation et l’usage de la rime. En exprimant la douleur de la perte, le tanwîḥ est une manière de créer de la solidarité et du lien social.

Il se distingue de la parole quotidienne par la rhétorique et le déni de la mort, la récurrence de l’interjection « ô » pour invoquer et pour exprimer un vif sentiment, le recours aux métaphores, l’usage de l’impératif, l’expression de souhaits impossibles à réaliser, la présentation de la mort comme humiliation, et la mention des lieux porteurs d’un passé partagé avec le défunt ou avec tous les Druzes.

Les ash’âr est un chant mesuré en poésie dialectale, à partir d’un poème religieux qui peut contenir des exhortations religieuses ou des rappels doctrinaires. Contrairement au tanwîḥ, ils n’évoquent pas la perte et ne s’accompagnent pas de pleurs. Ils n’ont pas recours à la rhétorique et au déni de la mort, mais témoignent d’une expression sereine du destin.

 

Thesis entitled: Song and Ritual of the Life Cycle Among Syrian Druzes. Ethnomusicological Approach.

The songs of funeral rituals among the Druzes of Southern Syria.

My master’s thesis in ethnomusicology involved a semantic and musical analyses of the tanwih and ashar, two types of songs in Druze funerary ritual in Soueida, in the South of Syria.

The tanwih, a type of song not measured in rhymed prose, is an example of the increase in the expressiveness of spoken language by melodisation and use of rhyme. In expressing the sorrow of loss, the tanwih is a manner of forming solidarity and social bonds.

It is distinguished from speech of daily life by its rhetoric and denial of death, the recurrence of the interjection “ô”, to invoke and express a lively sentiment, the return to metaphors, the use of the imperative, the expression of wishes impossible to realize, the presentation of death as a humiliation, and the mention of places signifiying a shared past with the deceased or with all Druzes.

The ashar is a song measured in dialectal poetry, based on a religious poem that can contain religieuse exhortations or doctrinal reminders. Contrary to the tanwih, it does not invoke loss and its not accompanied by cries. It does not return to rhetoric or denial of death, but witnesses a serene expression of destiny.