Brune Boyer Pellerej
Doctorante
Brune Boyer Pellerej
Les ateliers de bijouterie-joaillerie. De la technique à l'objet
Sophie Houdart
France
Bijoux, processus de création, artisanat, métiers d’art, art contemporain
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[English version below]

La thèse de Brune Boyer consiste à étudier les liens entre technique et création dans les ateliers de bijou contemporain. Elle-même bijoutier, Brune Boyer mène actuellement ses recherches en auto-ethnographiant son atelier et en ethnographiant l’atelier de Sophie Hanagarth, orfèvre-plasticienne à Paris.

Le terme « bijoutier contemporain », qui est apparu après la seconde guerre mondiale, ne décrit pas de façon claire la pratique qu’il recouvre. Les termes qu’utilisent les artistes qui opèrent dans ce champ se multiplient, certains se définissant comme bijoutier-plasticien, d’autres comme orfèvre-plasticien, designer, plasticien. Se définir « bijoutier » ne semble pas suffire. L'adjonction des terme plasticien ou designer peut être interprétée comme une tentative de faire comprendre que l'activité de consiste pas seulement à « fabriquer » des bijoux mais aussi à les « penser ». Et pour la majorité de ceux qui consacrent leurs recherches aux bijoux, il n'est pas question non plus d'abandonner la référence à l'objet en se déclarant par un seul mot, plasticien, artiste, ou designer.

Qu’en est-il de ces pratiques ?

Dans son M2, à travers l’analyse de sa propre production, Brune Boyer a pris conscience que la création de bijou lui permettait de soulever de multiples questions comme celle de la matérialité de l’objet, la question du rapport entre corps et objet, la question du rôle de la technique, etc. Et finalement, la question du rapport au passé et au présent et notamment l’inscription du média bijou dans le champ de l’art contemporain.

L’observation du processus de création et de fabrication permet de montrer que le bijou se fabrique dans un flux continu d’actions et, sans forcément argumenter sur les catégories artistes/artisans, l’analyse des pratiques en train de se faire permet de saisir les différents appuis que le créateur mobilise. L’enjeu de la thèse est de montrer comment l’artiste travaille pour donner à son objet le qualificatif de « contemporain » et pour se revendiquer « plasticien ».

 

Thesis entitled: Jewellery Workshops. From Technique to Object

Brune Boyer’s thesis studies the links between technique and creation in contemporary jewellery workshops. As a jeweller herself, Brune Boyer is currently undertaking an auto-ethnography of her own workshop, and an ethnography of Sophie Hanagarth’s silversmith art workshop in Paris.

The term “contemporary jeweller,” which appeared after the second world war, does not clearly indicate the practice it encompasses. The terms used by artists who work in the field are multiplying, some describing themselves as jeweller-artists, others as silversmith-artists, designers, artists, etc. Calling oneself simply a “jeweller” does not seem to suffice. The additional of the terms “artist” or “designer” can be interpreted as an attempt to make it understood that their work does not consist only of “making” jewellery, but also of “thinking” about jewellery. And for the majority of those who devote their research to jewellery, there is also no question of abandoning the reference to the object by describing themselves with a single word, such as artist or designer.

What about these practices?

In the second year of her masters, through an analysis of her own artistic productions, Brune Boyer realised that the creation of jewellery allowed her to raise multiple questions, such as that of the materiality of the object, the question of the relationship between body and object, the question of the role of technique, etc. And finally, the question of the relationship between past and present, and in particular the inclusion of jewel media in the field of contemporary art.

By observing the process of creation and production, it is possible to show that jewellery is made in a continuous flow of action, and, without necessarily arguing about the categories of artists/craftsmen, the analysis of the practices makes it possible to grasp the various mediums that the creator mobilises. The aim of her thesis is to show how the artists’ works to describe his or her object as “contemporary” and to claim oneself as a “visual artist.”

Boyer Pellerej, B., 2017, De la technique à l’objet : apprendre le geste pour donner vie au bijou, Gestes techniques, techniques du geste. Approche pluridisciplinaire. Hommage à François Sigaut (1940-2012) (Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion) : 333-346.
Boyer Pellerej, B., 2015, Quotidien d’atelier, une ethnographie du faire, Fers et traquenards, catalogue monographique de Sophie Hanagarth (Paris, s.n.).
Boyer Pellerej, B., 2013, De la technique à l’objet, de la transmission du métier de bijoutier, Vivre, transmettre, transcrire le geste technique Textes inédits. Hommage à Denis Diderot (Paris, SACDHTE) : 175-185.
Boyer Pellerej, B., 2014, « De la technique à l’objet : histoires "d’Aîtres" », journées doctorales du LESC "S’explorer : une disposition anthropologique", Nanterre.
Boyer Pellerej, B., 2014, « De la technique à l’objet, quels gestes à l’œuvre ? », colloque "Bijou(x): les pratiques contemporaines à l’épreuve de leurs discours", Paris College of Art.
2015

Responsable du cours « Accesories jewellery », Paris College of Art.

De 1997

à 2009

Responsable de l’Atelier Création-Fabrication au centre de formation AFEDAP (Association pour la Formation et le Développement des Arts Plastiques)

2005

Animation d'un séminaire de formation à l'Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg

2006

Animation d'un séminaire de formation à la SEPR à Lyon