Zihan Li
Doctorante
Zihan Li
Transmission de manuscrit Dongba. Système d'écriture, les rituels religieux, et les changements historiques
Brigitte Baptandier
Chine
Chine, Yunnan, Shangri-la, Lijiang
Chine, écriture, ethnicité, Naxi, patrimonialisation, religion, transmission, Yunnan
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[English version below]

La thèse de Li Zihan concerne la transmission de connaissances et le renouveau religieux dans la Chine moderne. Son attention porte plus précisément sur une religion qui a pris naissance sur la bordure sino-tibétaine, et qui repose sur une écriture différente de l’écriture chinoise. Iconographique, elle est maîtrisée par les dongba, les spécialistes religieux d’une population de langue tibéto-birmane communément appelée en chinois la « nationalité Naxi » (naxi zu纳西族).

Jusque dans les années 1950, les dongba transmettaient leurs textes et leurs savoirs de père en fils. La période maoïste, notamment la Révolution culturelle, a engendré de grands changements dans leurs pratiques rituelles. Depuis le renouveau religieux chinois des années 1980, de nouvelles formes de transmission ont vu le jour, ne respectant pas strictement le système de transmission lignagère.

Au regard de tels bouleversements, Li Zihan propose de développer essentiellement ces axes de recherche : la transmission des manuscrits religieux, la transmission des techniques et de la connaissance, le renouveau religieux, la patrimonialisation, les questions d’ethnicité.

Le terrain ethnographique de recherche de Li Zihan se focalise sur deux lieux en particulier. Tout d’abord Lijiang, le centre administratif du territoire des Naxi, inscrit sur la liste du patrimoine mondial depuis 1997. L'inscription des manuscrits Dongba à l'UNESCO Memory of the World Program en 2003, a largement contribué au développement du tourisme local. Lijiang est depuis lors devenu « le lieu saint des dongba ». D'autre part, à la fois pour obtenir cette inscription au patrimoine mondial et pour stimuler le tourisme, le renouveau de la religion dongba et la transmission des manuscrits dongba sont devenus une des missions prioritaires du gouvernement local. Dans ce contexte, de nombreuses écoles gouvernementales visant à former des dongba sont apparues.

Le second lieu où s’ancre cette recherche est Baidi, l’ancien « lieu saint des dongba », situé dans la préfecture autonome tibétaine de Diqing. En 1998, une école de Dongba y a été fondée par un enseignant de l'école primaire à la retraite. En raison de l’isolement géographique, la transmission de la religion dongba est localement moins touchée par le tourisme que dans les districts alentours. Les enjeux de cette école ne sont toutefois pas seulement religieux; par son prisme, les locaux font état de revendications politiques et économiques.

Outre ce phénomène d’institutionnalisation de la religion des Naxi que Li Zihan propose d’étudier dans sa thèse, d’autres formes de transmission sont observables. Ainsi, la transmission « traditionnelle », lignagère, de maître à disciple dongba à Baidi et à Lijiang est également étudiée, l’évolution de l’écriture est aussi dans le cadre de sa thèse.

 

Thesis entitled: Transmission of Dongba Manuscript: Writing System, Religious Rituals, and Historic Changes

Li Zihan’s thesis concerns the transmission of knowledge and religious renewal in Modern China. She more precisely studies a religion born on the Sino-Tibetan border, and which is based on a different writing from Chinese writing. Iconographic, it is used by the Dongba, religious specialists of a Tibetan-Burmese language population commonly called in Chinese the “Naxi Nationality” (naxi zu 纳西族).

Until the 1950s, the Dongba transmitted their texts and knowledges from father to son. The Maoist period, and namely the cultural revolution, incited important changes in their ritual practices. Since the Chinese religious renewal of the 1980s, new forms of transmission have appeared, not always respecting the lineal transmission system.

Concerning these changes, Li Zihan focuses on the following research themes: the transmission of religious manuscripts, the transmission of techniques and knowledge, religious renewal, heritage, and questions of ethnicity.

Her ethnographic field concentrates on two sites in particular. Lijiang, the administrative centre of the Naxi territory, on the World Heritage register since 1997 is one of these sites. In 2003, Dongba manuscripts joined the UNESCO Memory of the World Program, which significantly increased local tourism. Lijiang has since become the Dongba’s “holy place.” Both in order to obtain this title of world heritage and to stimulate tourism, the renewal of the Dongba religion and the transmission of their manuscripts became one of the local government’s top priorities. In this context, many government schools aiming to educate their students in these practices have emerged.

The second main field site is Baidi, the former “holy place” of the Dongba, is located in Dinqing, an independent Tibetan prefecture. In 1998, a Dongba school was founded by a retired primary school teacher. Because it is geographically isolated, the transmission of the Dongba religion is, locally, less affected by tourism in surrounding areas. However, the issues at stake at this school are not only religious, they are also political and economic.

Beyond this phenomenom of institutionalisation of the Naxi religion that Li Zihan intends to study in her thesis, there are other observable forms of transmission. Thus, the “traditional,” lineal traditional, from Dongba master to disciple in Baidi and Lijiang is also studied, as well as the evolution of writing.

Li, Z., 2015, 从同义比较看哥巴文的源文字 (Analysis of the Geba Writing System’s Origin in Light of Comparison), 中国文字发展史-民族文字卷 (Chinese Writing Systems Development History. Manorities Writing Systems Volume) (Shanghai, East China Normal University Press) : 269-274.
Li, Z., 2017, « Baidi, Ruka Dongba Manuscripts’ Transmission in Tibetan Region », The 9th Annual CUHK Anthropology Postgraduate Student Forum, The Chinese University of Hong Kong.