LAUTR 057 L204Structuration rituelle de la relation défunts-vivants au Cambodge dans les morts individuelles et collectives

par Anne Guillou

L'Autre, volume 19, numéro 2018/3, p. 267-275

L’auteur examine les différentes phases de la mort en milieu khmer, au Cambodge, où le bouddhisme theravada officiellement pratiqué est nourri d’un ancien fonds animiste. La mort y est perçue comme une transition plutôt qu’une rupture finale. L’importance fondamentale de la terre et, à un moindre degré, de l’eau et du feu, est soulignée concernant les rituels funéraires. L’article décrit la « carrière du mort » c’est-à-dire les phases rituellement construites qui jalonnent la transformation du cadavre en défunt puis en ancêtre. Cette « carrière » est parallèle au processus de deuil des vivants et structure celui-ci. Plus encore, la présence des défunts dans la communauté et leur commerce avec les humains obéissent à des règles précises, de façon à ce qu’une relation structurée, non invasive, s’établisse. La dernière partie de l’article évoque le cas des victimes du régime khmer rouge (1975-1979) qui disposent d’un statut que les Khmers n’assimilent pas à celui des morts de malemort traditionnels.