Doctorante
Laurence Marty
"On ne peut rien faire mais on ne peut pas ne rien faire". Se mobiliser face au dérèglement climatique depuis l'Europe
Sophie Houdart et Benedikte Zitouni
Allemagne, France, Royaume-Uni
Europe
...

« On ne peut rien faire mais on ne peut pas ne rien faire » : tel est le constat d’activistes luttant contre le dérèglement climatique devenu, depuis son recueil en 2014, le centre du projet de cette thèse. En effet, le paradoxe au fondement de cette formule recouvrait les trois termes de l’équation constitutifs de cet engagement : le sentiment d’impuissance y est constamment articulé à l’obligation d’agir (augmentée pour les activistes européens par le sentiment d'appartenir à la partie du monde « responsable » de la crise), au regard de l'urgence croissante du danger qui pèse sur la planète.

L'entrée sur le terrain de Laurence Marty a eu pour particularité d’advenir juste avant la COP 21 : un moment extraordinaire (au sens littéral du terme) de la dynamique des mobilisations contre le dérèglement climatique. Suite à cette expérience, elle a choisi de suivre les acteurs rencontrés lors de la COP dans les différentes recompositions subséquentes du mouvement, et ce jusqu’au printemps 2017. La façon dont elle a mené son ethnographie enjoint à regarder leur ensemble comme un réseau aux frontières plus ou moins perméables, mais toujours mouvantes, et au sein duquel les actants circulent. Dans cette thèse, il s'agirait, à l’instar de Laure Bereni et Anne Revillard, de « tirer toutes les conclusions théoriques de la continuité empiriquement constatée entre des catégories communément analysées de manière séparée : "mouvement" et "institution", "militantisme" et "non militantisme", "engagement" et "activité professionnelle", "privé" et "politique" » (Bereni et Revillard, 2012).