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Europe 27 : la fabrication de la citoyenneté européenne

édité par Monica Heintz

Ethnologie française, 2020/3 (vol. 50)

Comme les crises qu’a traversées l’Union Européenne récemment - la gestion des réfugiés, le terrorisme ou le Brexit - le montrent, l’UE est devenue une évidence sous-questionnée, une unité qui n’est interrogée que lorsqu’elle est remise en cause, contestée et niée. Dans ce registre, les questions de migrations et de gestion du multiculturalisme ont occupé l’essentiel des recherches, quand les contestations les plus fortes au sein de l’UE sont dues à l’incertitude d’une Europe sociale, héritière des États-providence d’après-guerre.

Ce numéro thématique réunit des articles qui traitent de ce qu’être citoyen européen à travers des études de cas ethnographiques menées au sein de l’Union européenne. La question de la citoyenneté européenne pose des problèmes spécifiques : à la différence des citoyennetés multiples dérivant de la globalisation, les différents niveaux de citoyenneté de chaque individu résidant en UE s’y superposent et s’emboîtent, rendant ardue l’observation de l’exercice de la citoyenneté à titre individuel et collectif. Ce numéro se propose de rendre visibles les niveaux d’ancrage européen des individus qui y résident en interrogeant la citoyenneté par ses marges.

European Anthropologies

European Anthropologies

European Anthropologies

edited by Andrés Barrera-González, Monica Heintz and Anna Horolets

In what ways did Europeans interact with the diversity of people they encountered on other continents in the context of colonial expansion, and with the peasant or ethnic ‘Other’ at home? How did anthropologists and ethnologists make sense of the mosaic of people and societies during the nineteenth and twentieth centuries, when their disciplines were progressively being established in academia? By assessing the diversity of European intellectual histories within sociocultural anthropology, this volume aims to sketch its intellectual and institutional portrait. It will be a useful reading for the students of anthropology, ethnology, history and philosophy of science, research and science policy makers.

Terrain 73

Terrain 73
Homo diplomaticus

édité par Emmanuel de Vienne et Chloé Nahum-Claudel

Terrain, 73, 2020

Alors que la diplomatie mondiale sert de plus en plus la puissance des États et de moins en moins un ordre international pacifié, que peut apporter l’anthropologie à la compréhension des pratiques diplomatiques ? Ce numéro s’écarte de la diplomatie traditionnelle pour observer des pratiques émergentes, ou non occidentales, en prêtant une attention spéciale aux adaptations et aux inventions des vaincus.

Le lecteur rencontrera ici : des fruits malodorants porteurs d’un étonnant pouvoir politique, un défenseur des arbres du bocage, des pleurs cérémoniels servant à émouvoir des opinions publiques, des rituels amazoniens qui se propagent pour contrer une invasion territoriale… et d’autres pas de côté destinés à féconder notre imaginaire diplomatique.

couv ateliers48

couv ateliers48
Alors vint la nuit… : terrains, méthodes, perspectives

édité par Aurore Monod Becquelin et Jacques Galinier

Ateliers d'anthropologie, 48 [en ligne]

 

Au cours des deux dernières décennies, le séminaire « Anthropologie de la nuit » du Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative s’est donné pour tâche d’inscrire la nuit comme un domaine de recherche de plein droit, appuyé par de nombreuses ethnographies dans des terrains proches ou lointains et dont le traitement repose sur une visée pluridisciplinaire et comparatiste à l’échelle des sciences humaines. Ce numéro d’Ateliers d’anthropologie réunit quelques contributions récentes de chercheurs sollicités pour interroger et analyser les nuits de leur terrain : terrains aussi lointains que l’arctique canadien et la Mésoamérique, ou territoires proches alimentant la recherche historique comme la sociologie des faits contemporains. Mais comment comparer la pensée inuit qui coud la continuité entre nuit et jour et obscurité et lumière ; le vécu nocturne des femmes dans un univers carcéral ; les nuits mésoaméricaines peuplées d’entités menaçantes ; les nuits qui s’écrivent avec des glyphes et les œuvres qui se jouent dans les théâtres du XVIIe siècle ; les cieux étoilés révélés à leurs fervents adeptes tandis qu’ils sont dérobés aux urbains surexposés à la pollution lumineuse ?

Le concept de nocturnité, utilisé par les historiens de la nuit, est un outil qui nous permet d’analyser à la fois les frontières emic de la nuit et du jour, mais également tous les éléments de la nuit qui pénètrent la vie psychique diurne. Le passage d’un imaginaire nocturne vers un monde diurne engage un déplacement progressif des ontologies « lorsque vient la nuit ». De là de nombreuses questions sur la notion de frontière : quelle est la nature de ces déplacements statutaires des êtres et des objets, qui peuvent selon les temps et les cultures constituer des phénomènes de connexion et de continuité, ou de basculement et de rupture ? Comment analyser cette ethnographie du « passage », tantôt inscrivant une opposition entre des mondes complémentaires en rupture l’un avec l’autre, tantôt marquant une continuité par une porosité explicite, ou encore privilégiant des espaces-temps intermédiaires rituellement mesurés ? À partir des croyances et des dispositifs culturels de gestion de la nuit, comment comprendre les ajustements de ce que la nuit transforme et de ce qui transforme la nuit ? Nous posons ici de nouvelles questions sur ce qui en fait un véritable acteur, un « agent très spécial » à l’entrecroisement des dynamiques politiques, économiques et culturelles sous-tendues par une « pensée de la nuit ».