couv ateliersHS2019

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Itëneimëk–Kunolo

par Akajuli Palanaiwa, Asiwae Wayana, Ikale Asaukili, Pekijen Kulitaikë et Mataliwa Kuliyaman
avec un avant-propos de Philippe Erikson

Ateliers d'anthropologie, HS, 2019 [en ligne]

Entièrement rédigé en wayana, par des Wayana et pour des Wayana, Itënëimëk–Kunolo est une première dans son genre. Ce n’est en effet ni un volume bilingue, ni une simple traduction du portugais ou du français. Ici, c’est Itënëimëk–Kunolo qui est l’original, comme pour mieux proclamer qu’on peut écrire et publier dans une langue caribe minoritaire sans pour autant se cantonner à reproduire des modèles européens. Les Wayana prennent la plume, et logiquement, c’est d’une plume d’ara (kunolo) qu’il s’agit. À ce titre, Itënëimëk–Kunolo est un acte politique d’auto-détermination et d’affirmation identitaire. Mais c’est aussi un jalon important de « l’autonomisation scripturale » des Wayana contemporains, qu’ils résident au Brésil, au Surinam ou en Guyane française.

Pour autant, Itënëimëk–Kunolo n’est aucunement un manifeste. Il s’agit plutôt d’un récit visant à restituer, pour leurs proches qui n’ont pas pu participer à l’aventure, les découvertes qu’une équipe d’érudits wayana a eu l’occasion de réaliser dans le cadre du projet de recherche Sawa (« Savoirs autochtones wayana et apalaï »), porté par le Lesc et le musée du quai Branly – Jacques-Chirac dans le cadre du Labex « Les Passés dans le Présent » de l’université Paris Nanterre. Voilà pourquoi cet ouvrage, richement illustré pour en faciliter la consultation dans les villages, suit un plan faisant correspondre chaque chapitre à une des étapes d’un rituel aujourd’hui menacé, l’eputop, dont l’étude, en vue de sa réviviscence, constituait l’objectif principal des participants wayana à ce projet.

Conçu et rédigé par des Wayana à l’attention d’un lectorat essentiellement amérindien, mais produit dans le cadre d’un projet de recherche collaboratif associant étroitement ces derniers avec des ethnolinguistes, des anthropologues, des conservateurs et des ingénieurs de Nanterre et du musée du quai Branly, Itenëimëk–Kunolo se détache incontestablement du tout-venant éditorial. Hors normes, hors du commun, et créé hors des sentiers battus, il méritait donc à tout le moins un numéro hors-série des Ateliers d’anthropologie.