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La mesure du danger

édité par Sophie Houdart, Vanessa Manceron et Sandrine Revet

Ethnologie française, 45 (1)

La mesure du danger permet d’explorer des dangers de nature aussi diverse que la délinquance, la pollution, l’écueil maritime, la maladie ou l’attaque sorcellaire, l’extinction du loup ou d’espèces animales ou végétales, voire de la Planète toute entière. Au croisement de la socio logie, de l’anthropologie et de l’histoire, les différents articles analysent les pratiques concrètes de mesure pour tenter de comprendre ce qui se produit au cours de l’opération d’évaluation du danger sans préjuger de la nature de celui-ci. Selon la sociologie du risque, le progrès a été mis à mal par de nombreuses catastrophes technologiques telles que Seveso en 1976, Three Mile Island en 1979, ou Tchernobyl en 1986. On serait désormais entré dans la « société du risque », caractérisée par l’emprise des chiffres et de la logique métrique, associée paradoxalement à l’accroissement de l’incertitude.
Pour sa part, l’anthropologie a contribué à la réflexion en s’intéressant aux temporalités de l’après et en cherchant à rendre compte de l’expérience des victimes, du bouleversement de leur vie ordinaire, de la recomposition du quotidien. Elle s’intéresse aussi aux autres types de mesures, les savoirs incorporés, qui reposent sur l’odorat, la vue ou le toucher et ceux qui ressortent d’une épistémologie « non scientifique ». Dans tous les contextes étudiés, les deux registres sont mêlés et entrent en tension, selon qu’ils sont portés par des experts, des scientifiques, des amateurs, des profanes, des spécialistes, des croyants, des groupes d’intérêt.