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On ne badine pas avec le progrès. Barrage et village déplacé au Portugal

par Fabienne Wateau

Éditions de la MSH, Paris, 2016, 184 p.

Comment restituer des situations vécues et partagées à la fois par des chercheurs, des journalistes, des politiques et bien sûr des habitants ? Comment laisser la parole à l'ensemble de ces voix et de ces points de vue sur une même réalité, qui se mêlent et s’influencent mutuellement ?
Cette pièce de théâtre en trois actes, accompagnée d’une analyse des discours et d’un état des lieux critique, retrace l’histoire récente de la construction d’un barrage au Portugal et du déplacement d’un village et de ses habitants vers d’autres logiques d’occupation des espaces et d’exploitation de l’environnement. La recherche anthropologique, menée in situ sur une quinzaine d’année, offre ici un regard multifacette sur les différentes façons de concevoir une situation somme toute assez banale dans le monde, mais chaque fois débordante de doutes, d’espérances et d’émotions. Cette forme d’écriture polyphonique suggère une familiarité qui, bien qu’éloignée éveille en nous des sentiments communs, de la colère à l’empathie.
Plus grand plan d’eau d’Europe, à la fois héritier des vieilles traditions civilisatrices de développement étatique par l’eau, précurseur en matière d’application des mesures de concertation et de participation publique, et édifice des plus modernes de réserve d’eau contrôlée, le grand barrage d’Alqueva au Portugal, est et restera probablement la dernière entreprise de cette envergure en Europe.