couv dancaremosDançaremos até o amanhecer: uma etnologia movimentada na Amazônia

par Jean-Michel Beaudet, avec la collaboration de Jacky Pawe, traduit par Leonardo Pires Rosse

Editora da Universidade de São Paulo, São Paulo, 2017, 200 p.

Na grande Amazônia e nas terras baixas da América do Sul, os repertórios antigos são dançados com os pés paralelos ao chão e o olhar voltado para a frente ou para baixo. Dança-se em grupo, e os dançarinos, em geral, seguram-se entre si, de modo a constituir formas que variam de uma cultura e de uma dança para outra. Entre muitos povos, os dançarinos desenvolvem percursos coreográficos complexos, geradores de sentido e de transformações cosmológicas. Esta obra dedica-se às danças dos wayãpi do Alto Oiapoque, na Guiana Francesa, propondo o primeiro estudo aprofundado de uma cultura coreográfica amazônica e esboçando algumas comparações em escala continental. Aborda essas formas estéticas contemporâneas da perspectiva dos próprios dançarinos, restituindo a riqueza de um encontro etnográfico de longa duração e o amadurecimento de um trabalho de escrita que se estende desde então.

Couv delargentauxvaleurs

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De l'argent aux valeurs : femmes, économie et sociétés à Dakar

par Ismaël Moya

Société d'ethnologie, Nanterre, 2017, 352 p.

Ce livre parle de Dakar. Et de l'argent. À Dakar, l'argent est roi. Il est le revers de toutes les relations, des plus commerciales aux plus intimes.

Ce livre parle des femmes. Et de l'argent. À Dakar, les femmes dépensent avec faste des sommes démesurées pour honorer des relations de parenté, en particulier à l'occasion des cérémonies de mariage et de naissance — ce que, para­doxalement, hommes et femmes dénoncent comme un gaspillage contraire à la rationalité économique et aux valeurs de l'islam.

Ce livre parle d’anthropologie. Et d’argent. À Dakar, si la finance est reine, la vie sociale n’est pas pour autant soumise à la seule loi du marché: le système cérémoniel, qui associe étroitement échanges féminins et rituels religieux, y joue un rôle de premier plan.

Nourri d’enquêtes de terrain menées dans un quartier populaire de l’agglomération dakaroise, l’ouvrage d’Ismaël Moya, en suivant la piste de l’argent, éclaire d’un jour nouveau la place de l’économie, les hiérarchies statutaires, la parenté et les rapports complexes entre hommes et femmes dans cette société musulmane. S’y dévoilent, au sein de la finance, les valeurs qui structurent la vie sociale d’une métropole africaine contemporaine.

Couv le volume humain
Couv le volume humain
Le volume humain : esquisse d'une science de l'homme

Ce livre est le fruit d’une expérience unique : l’auteur a été filmé par Catherine Beaugrand et Samuel Dématraz, sans interruption, pendant 12 heures. Il présente la description aussi précise que possible de tous les instants privés et publics, sans aucune coupure, du petit déjeuner au dîner, en passant par les trajets en RER, les conversations avec des collègues, les heures d’enseignements et les moments vides. Ces descriptions sont suivies par des commentaires sur le volume humain, ses modes de présence, ses actes, son style, ses détails, ses changements et sa continuité au fil de la journée. L’auteur propose des concepts et des réflexions sur ce qui pourrait constituer l’anthropologie comme science de l’homme. C’est comme s’il y avait deux disponibilités, constate Albert Piette, l’unité humaine sans discipline, et l’anthropologie, sans objet qui lui soit propre, une sorte de mot fourre-tout ou synonyme de sociologie. En postambule du livre, l’auteur s’interroge sur ce que serait les fondements de l’anthropologie. Il convoque alors, non plus Hérodote, mais Aristote et, au fondement métaphysique, il ajoute un fondement artistique, en commentant Rilke sous forme de conseils à un jeune anthropologue. Ainsi au fil des pages se précisent les principes d’une telle science de l’homme que l’auteur ne veut pas séparer d’une éthique, une « éthique du volume » selon ses mots, dans laquelle il s’interroge sur ce qui existe et sur ce qui n’existe pas : ce qui lui permet d’attribuer une valeur centrale à l’être humain et à chaque singulier.

peindre pour agir muralisme et politique en sardaigne
peindre pour agir muralisme et politique en sardaigne
Peindre pour agir : muralisme et politique en Sardaigne

Cet ouvrage retrace l’émergence d’une pratique de peinture murale à Orgosolo en Sardaigne et son évolution, à partir de la fin des années 1960 jusqu’à ses usages patrimoniaux et touristiques contemporains. Situé au centre de l’île, près du massif du Supramonte, archétype d’une Sardaigne traditionnelle, ce village affiche aujourd’hui trois cents peintures murales, réalisées au départ par un enseignant de dessin et ses élèves puis lors de manifestations contestataires, à l’aide des villageois.
Cette « tradition récente » de peinture murale s’est désormais propagée à toute la Sardaigne, avec des usages divergents : tantôt moteur des politiques de développement patrimonial et touristique, tantôt manifestation d’un faire politique alternatif, témoignant de l’existence d’espaces de socialisation et de formes de résistance dans la continuité des pratiques graphiques militantes des années 1970.
L’auteure examine, sur quarante ans, les relations multiples et parfois intimes qui se sont nouées entre les habitants et ces peintures murales, et étudie comment s’est reconfiguré le monde social d’Orgosolo à partir de ces peintures murales qui construisent une ambiance graphique singulière. Ces murs affichent le portrait d’une société en changement. Ils peuvent apparaître tout autant comme le lieu d’une résistance acharnée des identités et des traditions, mais aussi l’endroit où s’exprime le débat relatif aux actualités et aux problèmes sociaux. Véritables dispositifs de maintien d’une société souvent qualifiée d’archaïque, mais aussi espaces hyperactifs d’expérimentation sociale, ces murs ne cessent de murmurer – et parfois de décrier – la fabrique du champ social.
Plus largement, le cas d’Orgosolo interroge l’impact des objets graphiques exposés dans un espace public. Dans quelle mesure interviennent-ils dans la construction des relations sociales ? Comment l’anthropologie peut-elle ouvrir de nouvelles perspectives sur le pouvoir d’action des images et de l’écriture  ? C’est à ces questions que cette passionnante enquête ethnographique sur la peinture murale à Orgosolo apporte également des réponses.