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Le rituel du toro-tinku (combat de taureaux) dans le Nord Potosi (Bolivie). Rapports de domination et monde symbolique commun entre Indiens et métis (Claude Le Gouill, chercheur associé, Creda)

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Séminaire de l'EREA, EREA

Vendredi 12 Février 2021 14:30 - 16:30

Séminaire Le Gouill

Séminaire Le Gouill
Tous les ans à Pâques, dans les vallées de San Pedro de Buena Vista, dans le Nord Potosi en Bolivie, plusieurs dizaines de taureaux s’affrontent durant le toro-tinku. Comme les « batailles rituelles » indiennes du célèbre tinku, le toro-tinku oppose les habitants du « haut » et ceux du « bas », mais il se distingue en étant non pas pratiqué par la population indienne mais par la population métisse. Le toro-tinku apparaît comme une nouvelle forme de jeu et de compétition introduite par les métis et joue une même fonction pacificatrice que le tinku indien. Ainsi, tout comme les Indiens ont pu intégrer les représentations dominantes du pouvoir à des fins de résistance, le toro-tinku montre que les métis ont eux aussi puisé chez les Indiens des éléments symboliques pour affirmer leur domination. Il permet ainsi d’entrevoir la légitimité de la domination non plus uniquement depuis le cadre hégémonique dominant, mais aussi depuis l’adhésion aux pratiques et aux représentations des dominés. Le toro-tinku apparaît dès lors comme un « pacte fondateur » qui marque la victoire des métis sur les Indiens en puisant chez eux les représentations à la source de leur légitimité.

Cliché :Le toro-tinku de San Pedro de Buena Vista (Bolivie, département de Potosí). Au premier plan les arbitres métis, au second les taureaux combattants, au fond, les spectateurs indiens / © Claude Le Gouill, avril 2011.




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