Maître de conférences
 
2013-2015 : Bourse postdoctorale de la fondation Fyssen (post-doc au Laboratory for Music Cognition and Culture, University of Washington)
2013 : Prix de thèse du Musée du Quai Branly
Ethiopie
Amhara, Gojjam
Amhara – Cognition (mémoire, émotions, apprentissage) - Ruralité - Poésie chantée - Pragmatique - Relations musique-langage
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Katell Morand est spécialiste de l’Éthiopie. Après une thèse sur les chants de solitude dans une société paysanne des hauts-plateaux Amhara, elle poursuit ses recherches sur les questions de la mémoire, des émotions et de l’apprentissage, en croisant les perspectives de l’ethnomusicologie, de l’ethnolinguistique, et des sciences de la cognition.

Membre du comité de rédaction des Cahiers de littérature orale

Morand, K., 2017, Le désir de tuer: musique et violence en Éthiopie du Nord, Terrain, 68 [L’emprise des sons] : 88-107, en ligne : http://journals.openedition.org/terrain/16308.
Un chant peut-il pousser à tuer ? Cet article explore les rapports étroits entre musique et homicide dans une ancienne région frontière des haut-plateaux éthiopiens. Émotions faisant perdre la tête, échauffements collectifs, précautions en tous genres : tout dans des récits de protagonistes porte à croire à une efficacité dangereuse du chant. Mais à quoi serait-elle due ? En filigrane de discours paradoxaux et au fil des performances apparaissent des enjeux cruciaux de légitimité dans le cadre de conflits interpersonnels. Mettre en lumière certains des ressorts du passage à l’acte revient à se demander ce qui dans le chant en fait une explication si convaincante au désir de tuer.
Morand, K., 2015, Compte rendu de : Sandra Bornand et Cécile Leguy (éd.), Anthropologie des pratiques langagières, Armand Colin (2013), Cargo, Revue Internationale d’Anthropologie Culturelle et Sociale, 4 : 137-138, en ligne : http://www.cargo.canthel.fr/wp-content/uploads/2016/04/CRMorandCargo4.pdf.
Morand, K., 2015, Après la fête : la sphère privée du chant chez les Amhara d’Éthiopie, Cahiers de littérature orale, 77-78 : 73-91, en ligne : https://clo.revues.org/2328.
Cet article porte sur la pratique dite privée du chant chez les paysans Amhara du Goğğam, en Éthiopie. Il se penche sur ce qu’il se passe dans les interstices de la vie sociale, lorsque fêtes et commémorations sont passées et que les individus se retrouvent seuls avec eux-mêmes : que chantent-ils, pourquoi, et quel est le statut énonciatif de ces performances sans public ? L’analyse des discours et des poèmes chantés est combinée à une ethnographie de la sphère privée pour saisir la place de ces chants dans l’univers musical des Amhara. Dialogues imaginés et sans cesse réinterprétés, ils n’existent, on le comprend, que par référence à un monde social dont la solitude ne peut être l’échappatoire.
Morand, K., 2013, En forêt, la musique : entre inquiétude et sentiment d’intimité (Goğğam, Ethiopie), Etnográfica. Revista do Centro em Rede de Investigação em Antropologia, 17 (3) : 561-579, en ligne : http://etnografica.revues.org/3291.
Sur les plateaux éthiopiens du Goğğam, les bergers passent une grande partie de leur temps à siffler, chanter ou jouer de la flûte. Ces forêts sont des lieux à la marge de la vie sociale, peuplées de bandits. La musique peut être à la fois considérée comme un outil de contrôle de cet espace sauvage, et comme un risque de se faire entendre des rôdeurs malveillants de la forêt. La musique est donc un acte de bravoure en même temps qu’un intense moment de solitude et de vulnérabilité.
Morand, K., 2012, Mélodies pleurées, paroles à attraper : les chants d’engurguro dans des funérailles éthiopiennes (Gojjam, Amhara), Cahiers de littérature orale, en ligne : https://clo.revues.org/592.
Morand, K., 2008, Chanter pour soi : La tïzïta du berger, Annales d’Ethiopie, XXIII : 45-59, en ligne : http://www.persee.fr/doc/ethio_0066-2127_2007_num_23_1_1497.
Morand, K., 2006, Apprendre à chanter. Essai sur l’enseignement du jazz vocal, L’Homme, 177-178 : "Chanter, musiquer, écouter" : 107-130, en ligne : http://lhomme.revues.org/index2110.html.
Morand, K., 2013, Chants de funérailles des femmes amharas, Le Dictionnaire des femmes créatrices (Paris, Éditions des Femmes).
Morand, K., 2010, Vaine existence : entre deux genres, ou les effets d’un poème chanté, La voix actée. Pour une nouvelle ethnopoétique (Paris, Éditions Kimé) : 23-41.
Morand, K., 2010, Fragments de vies : quand les bergers se racontent par la musique, Histoires de vies, témoignages, autobiographies de terrain. Formes d’énonciation et de textualisation (München, Lit Verlag) : 257-272.
Morand, K., 2010, Songs, Encyclopaedia Aethiopica (Wiesbaden, Siegbert Ublig, Harrassowitz Verlag).
Morand, K., 2008, Instruments, Encyclopaedia Aethiopica (Wiesbaden, Siegbert Ublig, Harrassowitz Verlag) : 169-173.
Morand, K., 2012, Solitudes habitées. Le chant, le souvenir et le conflit chez les Amhara du Goggam (Ethiopie), Thèse de Doctorat, sous la direction de B. Lortat-Jacob (Nanterre, Paris Ouest Nanterre la Défense).
Morand, K., 2016, « Is there an Amhara Music? The limits of ethnic construction in the old Abyssinian territories », Annual Meeting of the Society for Ethnomusicology, Washington D.C.
Morand, K. et C. Lachowski, 2016, À quoi joue la musique dans notre cerveau, quels liens avec la mémoire?, Autour de la questionRadio France International), en ligne : http://www.rfi.fr/emission/20160531-joue-musique-notre-cerveau.
Morand, K., 2016, Les émotions musicales sont-elles universelles ?, cycle de conférences "Musique et cerveau" (Paris, Radio France).
Morand, K. et E. Fouré Caul-Futy, 2015, Les pleurs et la colère : poésie chantée des Amharas d’Éthiopie, Carnet de voyage (Paris, France Musique), en ligne : https://www.francemusique.fr/emissions/carnet-de-voyage/les-pleurs-et-la-colere-poesie-chantee-des-amharas-d-ethiopie-15648.