Théophile Johnson
Doctorant
Théophile Johnson
Ethnographie multi située des réseaux de relation entre humains et non-humains au Nepal
Anne de Sales
Népal
Manang
Anthropologie des techniques, domestication, yak, berger, techniques relationnelles
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Comment les relations entre des êtres vivants issues d’espèces différentes se façonnent-elles ? Comment se stabilisent-elles dans le temps en dehors de procédés de domination évidents ? Les préjugés cartésiens sur le processus de domestication sont depuis longtemps déjà remis en question, pourtant la description des rouages de la fabrication des relations entre l’homme et les animaux, pour qui les perceptions et les processus d’encodage du sens diffèrent, peine à trouver une place au sein des sciences sociales. Au Népal, la qualité jugée indispensable pour devenir bouvier de yak est le khula man, littéralement, « le cœur ouvert ». Cette qualité morale s’acquiert avec le temps au travers d’un ensemble de techniques dont le but n’est pas d’atteindre un produit finis, mais de produire de la relation interindividuelle. Décrire et analyser la structure de ces relations demande de développer de nouvelles méthodes à la croisée de l’éthologie, de l’ethnographie et de l’analyse de réseaux. Les recherches sur les relations hommes animales dans les pratiques d’élevage se sont surtout concentrées dans l’aire mongole et sibérienne. Ce travail permettra d’étendre l’étendue comparative des systèmes de relations homme-animal et de comprendre l’influence d’un environnement différent. En me basant sur le système pastoral du yak dans la vallée de Manang au Népal, le but est de mieux comprendre quelle est la part qu’impose l’animal dans le pastoralisme, et de documenter la géopolitique discrète des relations sur lesquelles se fonde la pratique de l’élevage en haute montagne. J’aimerai entreprendre une description de l’ensemble des relations bioculturelles, afin de documenter la négociation permanente qui préside aux relations entre les êtres vivant.