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CATEGORIES:Séminaire du CREM, CREM
CREATED:20220711T112146
SUMMARY:« Devenir la meilleure version de soi-même »  Connexion, expériences-flux et récits de développement personnel dans les danses afro-latines du Cap
LOCATION:Lesc – salle 308F (3e étage) - 21\, allée de l’Université\, Nanterre\, \, 9
 2000\, France
DESCRIPTION:<p><img src="images/vstoichita/Seminaire_Aterianus2023.jpg" alt="Seminaire 
 Aterianus2023" style="margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; float: left;
 " title="Rencontres de salsa &quot;Sunkissed&quot; sur la promenade de Sea 
 Point, Le Cap, Avril 2022 (photo de l'auteure).&nbsp;" width="300" height="
 200" />Avec <strong>Alice Aterianus-Owanga *</strong></p><p><em>&gt;“Someth
 ing was very wrong in my life. But I couldn't fix it because I didn't know 
 what it was. And nobody else knew what it was. But then I went to salsa.”</
 em></p><p>Ibrahim, trentenaire issu d’une famille <em>coloured</em> des tow
 nships du Cap et aujourd’hui inscrit dans les classes moyennes aisées, débu
 te ainsi son récit d’apprentissage de la salsa, et son explication de la di
 mension profondément transformatrice des rencontres vécues et des efforts c
 onsentis pour parvenir à entrer en «&nbsp;connexion&nbsp;» avec ses partena
 ires de danse. La découverte de la salsa a représenté le point de départ d’
 un parcours de refondation de sa manière d’être aux autres et au monde, le 
 conduisant du statut d’«&nbsp;inapte social&nbsp;» à celui de camarade et d
 e partenaire apprécié au sein de cette communauté d’amateurs.</p><p>Les réf
 érences à ce pouvoir transformateur de la connexion et de l’apprentissage d
 e la danse abondent dans les conversations ordinaires et entretiens collect
 és auprès des danseurs de salsa et d’autres danses afro-latines au Cap. Si 
 les récits diffèrent en fonction des origines sociales, le dénominateur com
 mun de nombre de témoignages de passionnés repose sur la lecture psychologi
 que de ces expériences des corps en contact, et sur l’utopie de résolution 
 des maux individuels et des cicatrices collectives qu’elles viendraient inc
 arner. Ainsi, la connexion apparaît comme le ferment de production d’une co
 mmunauté de passionnés dont les liens déborderaient le registre du «&nbsp;s
 emi-anonymat&nbsp;» décrit à propos d’autres danses de couple (Törnqvist, 2
 018), et qui romprait avec l’effet de «&nbsp;clique&nbsp;» et de ségrégatio
 n caractéristique de la société post-apartheid du Cap (Lemanski, 2007&nbsp;
 ; Turok <em>et al.</em> 2021).</p><p>Ma présentation tâchera de réconcilier
  différentes lectures qui pourraient être apportées à propos ces pratiques 
 du développement personnel et de la recherche du bonheur par la connexion, 
 entre une lecture phénoménologique des technologies d’enchantement et des d
 ispositifs sensoriels impliqués dans ces expériences, un examen du contexte
  sociohistorique dans lequel ils se développent (celui de revendication de 
 droit à la consommation, à la ville et au cosmopolitisme des nouvelles clas
 ses moyennes du Cap), et une prise en considération des rapports de pouvoir
  et paradigmes néolibéraux qui les imprègnent. En partant de diverses narra
 tions de soi d’amateurs de danses afro-latines, je discuterai de la façon d
 ont cet univers est nourri par une éthique du développement personnel impré
 gné de la littérature de psychologie populaire, et la volonté d’exister com
 me être social au-delà de certaines assignations raciales et genrées, en ré
 sonance avec différents idéaux promus dans la société sud-africaine. Nous v
 errons qu’une compréhension nuancée de ces pratiques nécessite de penser à 
 l’intersection de plusieurs niveaux de compréhension, et donc de (ré)concil
 ier le social et le sensible (Laplantine 2005).&nbsp;</p><p><strong>*</stro
 ng> <strong>Alice Aterianus-Owanga</strong> est anthropologue, actuellement
  boursière Marie Skłodowska-Curie à l'Université de Genève et à l'Universit
 é du Cap. Spécialiste de l’anthropologie des musiques et des danses dans l’
 Afrique postcoloniale et sa diaspora, elle a dirigé plusieurs numéros de re
 vue sur ces questions, et elle est l’auteure de nombreux articles dans des 
 revues de sciences sociales (<em>Journal of African Cultural studies, Criti
 cal African studies, Ethnologie française, Politique Africaine, Open cultur
 al studies, Gradhiva, etc.)</em>. Sa monographie (<em>Le rap, ça vient d’ic
 i&nbsp;! Musiques, pouvoir et identité dans le Gabon contemporain,</em>&nbs
 p;MSH Éditions) a été primée en 2018 par l’Académie de musique Charles Cros
 . Elle&nbsp;a également réalisé quatre films documentaires.&nbsp;</p><p>Ses
  recherches ont d'abord porté sur les rapports entre musiques urbaines, pol
 itique et identité au Gabon, ainsi que sur la patrimonialisation des sociét
 és initiatiques depuis les indépendances. Elle a par la suite développé un 
 projet à propos des circulations des danses sénégalaises entre l'Europe (Fr
 ance et Suisse) et le Sénégal, et analysé les rencontres postexotiques que 
 ces danses génèrent. Elle travaille actuellement sur la production tactile 
 des sociabilités et identités urbaines dans la ville du Cap, à partir d’une
  ethnographie des mondes de la salsa et des danses afro-latines dans cette 
 ville.&nbsp;&nbsp;</p>
X-ALT-DESC;FMTTYPE=text/html:<p><img src="https://lesc-cnrs.fr/images/vstoichita/Seminaire_Aterianus2023
 .jpg" alt="Seminaire Aterianus2023" style="margin-right: 10px; margin-botto
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  la promenade de Sea Point, Le Cap, Avril 2022 (photo de l'auteure).&nbsp;"
  width="300" height="200" />Avec <strong>Alice Aterianus-Owanga *</strong><
 /p><p><em>&gt;“Something was very wrong in my life. But I couldn't fix it b
 ecause I didn't know what it was. And nobody else knew what it was. But the
 n I went to salsa.”</em></p><p>Ibrahim, trentenaire issu d’une famille <em>
 coloured</em> des townships du Cap et aujourd’hui inscrit dans les classes 
 moyennes aisées, débute ainsi son récit d’apprentissage de la salsa, et son
  explication de la dimension profondément transformatrice des rencontres vé
 cues et des efforts consentis pour parvenir à entrer en «&nbsp;connexion&nb
 sp;» avec ses partenaires de danse. La découverte de la salsa a représenté 
 le point de départ d’un parcours de refondation de sa manière d’être aux au
 tres et au monde, le conduisant du statut d’«&nbsp;inapte social&nbsp;» à c
 elui de camarade et de partenaire apprécié au sein de cette communauté d’am
 ateurs.</p><p>Les références à ce pouvoir transformateur de la connexion et
  de l’apprentissage de la danse abondent dans les conversations ordinaires 
 et entretiens collectés auprès des danseurs de salsa et d’autres danses afr
 o-latines au Cap. Si les récits diffèrent en fonction des origines sociales
 , le dénominateur commun de nombre de témoignages de passionnés repose sur 
 la lecture psychologique de ces expériences des corps en contact, et sur l’
 utopie de résolution des maux individuels et des cicatrices collectives qu’
 elles viendraient incarner. Ainsi, la connexion apparaît comme le ferment d
 e production d’une communauté de passionnés dont les liens déborderaient le
  registre du «&nbsp;semi-anonymat&nbsp;» décrit à propos d’autres danses de
  couple (Törnqvist, 2018), et qui romprait avec l’effet de «&nbsp;clique&nb
 sp;» et de ségrégation caractéristique de la société post-apartheid du Cap 
 (Lemanski, 2007&nbsp;; Turok <em>et al.</em> 2021).</p><p>Ma présentation t
 âchera de réconcilier différentes lectures qui pourraient être apportées à 
 propos ces pratiques du développement personnel et de la recherche du bonhe
 ur par la connexion, entre une lecture phénoménologique des technologies d’
 enchantement et des dispositifs sensoriels impliqués dans ces expériences, 
 un examen du contexte sociohistorique dans lequel ils se développent (celui
  de revendication de droit à la consommation, à la ville et au cosmopolitis
 me des nouvelles classes moyennes du Cap), et une prise en considération de
 s rapports de pouvoir et paradigmes néolibéraux qui les imprègnent. En part
 ant de diverses narrations de soi d’amateurs de danses afro-latines, je dis
 cuterai de la façon dont cet univers est nourri par une éthique du développ
 ement personnel imprégné de la littérature de psychologie populaire, et la 
 volonté d’exister comme être social au-delà de certaines assignations racia
 les et genrées, en résonance avec différents idéaux promus dans la société 
 sud-africaine. Nous verrons qu’une compréhension nuancée de ces pratiques n
 écessite de penser à l’intersection de plusieurs niveaux de compréhension, 
 et donc de (ré)concilier le social et le sensible (Laplantine 2005).&nbsp;<
 /p><p><strong>*</strong> <strong>Alice Aterianus-Owanga</strong> est anthro
 pologue, actuellement boursière Marie Skłodowska-Curie à l'Université de Ge
 nève et à l'Université du Cap. Spécialiste de l’anthropologie des musiques 
 et des danses dans l’Afrique postcoloniale et sa diaspora, elle a dirigé pl
 usieurs numéros de revue sur ces questions, et elle est l’auteure de nombre
 ux articles dans des revues de sciences sociales (<em>Journal of African Cu
 ltural studies, Critical African studies, Ethnologie française, Politique A
 fricaine, Open cultural studies, Gradhiva, etc.)</em>. Sa monographie (<em>
 Le rap, ça vient d’ici&nbsp;! Musiques, pouvoir et identité dans le Gabon c
 ontemporain,</em>&nbsp;MSH Éditions) a été primée en 2018 par l’Académie de
  musique Charles Cros. Elle&nbsp;a également réalisé quatre films documenta
 ires.&nbsp;</p><p>Ses recherches ont d'abord porté sur les rapports entre m
 usiques urbaines, politique et identité au Gabon, ainsi que sur la patrimon
 ialisation des sociétés initiatiques depuis les indépendances. Elle a par l
 a suite développé un projet à propos des circulations des danses sénégalais
 es entre l'Europe (France et Suisse) et le Sénégal, et analysé les rencontr
 es postexotiques que ces danses génèrent. Elle travaille actuellement sur l
 a production tactile des sociabilités et identités urbaines dans la ville d
 u Cap, à partir d’une ethnographie des mondes de la salsa et des danses afr
 o-latines dans cette ville.&nbsp;&nbsp;</p>
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