Not much is known about contraception as conceived of and practiced by Indigenous Amazonian peoples. This article contributes to filling this gap in the ethnographic knowledge through the case of the Madiha (Kulina) of the Peruvian Amazon. It shows that for the Madiha, contraception is part of a broader process of person making and protection that takes place during the perinatal period. By providing a description of the proscriptions and prescriptions implemented during the perinatal period, it argues that Madiha contraceptive practices are rooted in the idea that newborns are, simultaneously, fragile creatures that must be made into healthy and beautiful persons, and dangerous creatures from which protection is needed.
Comme dans d’autres régions d’Europe occidentale, les chasseurs du village de M., en Toscane (Italie) ont longtemps pensé que certains animaux étaient porteurs d’une substance appelée selvatico (littéralement « sauvage »), qui rendait leur viande immangeable. Pourtant, ils remettent en cause son existence et pensent qu’il n’existe plus. Cet article entend expliquer les raisons de sa disparition. En effet, le selvatico n’est pas seulement une substance : il est un réseau reliant les hommes, les femmes, les sangliers et l’espace. Les profonds changements sociaux et écologiques survenus en Toscane au long du xxe siècle pourraient bien avoir modifié les rapports à la nature, aux sangliers et à la chasse, entraînant ainsi la disparition du selvatico.
Les Madiha, peuple du sud-ouest de l’Amazonie, apprivoisent les petits des animaux qu’ils tuent à la chasse. Cet article met l’accent sur deux aspects de l’apprivoisement des animaux chez les Madiha : (i) la fragilité et le caractère temporaire du processus d’apprivoisement et (ii) le rôle que l’apprivoisement des animaux joue dans la fabrication sociale des nourrissons et des enfants. En analysant les pratiques d’apprivoisement des animaux à l’aune des notions de maitrise/possession, de feeding et d’adoption d’enfants, ainsi qu’en s’appuyant sur les travaux de spécialistes de la région, cet article montre que l’apprivoisement des animaux n’a pas pour objectif la création d’un animal adulte et qu’il ne peut pas non plus être considéré sans problème sous le prisme de l’adoption puisque les animaux apprivoisés sont inexorablement dé-familiarisés.