Cette rubrique donne un aperçu des publications récentes des chercheurs du LESC. Des listes plus exhaustives peuvent êtres trouvées sur les pages individuelles des membres.

 

A teleoperated robot roaming in the streets of Mumbai enables anyone to put oneself in the place of the Hindu god Ganesha and have a conversation. Initially conceived as an anthropological experiment, the machine was launched in 2014 and became a collective, political and metaphysical experience. Can a machine make a good divine interface? Likewise, what might be the virtues of hacking a god to understand our relation to machines? The Ganesh Yourself experiment is not only a fascinating exercise in anthropology by design, the first of this kind, but it also leads to a radical deconstruction of religion, politics and technology, opening unthinkable possibilities.

Peut-on prêter sa voix, en changer, la perdre ? Que font les timbres, débits, souffles et dynamiques de la voix sur nos identités et nos interactions ? Dans ce numéro, anthropologues, linguistes, poètes, artistes et spécialistes du son y explorent les usages rituels, artistiques et quotidiens de la vocalité. Comment les voix incarnent, trompent, convoquent les esprits, rejouent le passé, déplacent les identités, franchissent des cascades ou défient les intelligences artificielles ?

À l’heure où les voix de synthèse deviennent nos interlocutrices du quotidien, saisir ces mécanismes dans toute la diversité culturelle de leurs réalisations est plus que jamais indispensable.

 

Ce numéro de la revue Terrain a été préparé en collaboration avec l’École Estienne : 12 étudiant·es du DSAA Design Illustration Sciences et Médiation y ont contribué. 

Au moment de la conquête espagnole, les dieux du Mexique central s’incarnaient dans des images, des statues, des acteurs rituels et des victimes sacrificielles. Un dieu était créé au moyen de pratiques rituelles consistant à recouvrir une forme anthropomorphe de parures et d’ornements spécifiques à chaque divinité. Si les chercheurs ont souvent été frappés par la fluidité de ces représentations et la porosité de leurs frontières, ce livre démontre que les réseaux de significations obéissent à des principes et des logiques qu’il est possible de découvrir.

À l’aide d’une méthode de déchiffrement systématique, les auteurs de ce livre considèrent les dieux comme un code sémantique complexe. Leur approche replace les divinités dans l’ensemble du système de communication graphique du Mexique central, dépassant les catégories habituelles de l’image ou de la matérialité, ainsi que les disciplines de l’anthropologie, de l’histoire de l’art ou de la linguistique. Elle amène à les voir comme un système d’écriture quasi talismanique. Fruit d’une collaboration pluridisciplinaire entre une anthropologue (Danièle Dehouve), une philologue (Katarzyna Mikulska) et un historien des religions (Loïc Vauzelle), l’ouvrage analyse des procédés d’expression tels que la définition par extension ou le code iconique génératif fondé sur la forme, le motif et la couleur.

Les auteurs soulignent également la matérialité des signes, car un personnificateur de divinité n’existait qu’en vertu des matériaux qui le composaient, comme les plumes, les pierres précieuses et les végétaux. En explorant la circulation des signes entre l’espace iconographique et l’espace rituel, ce livre montre comment les attributs se constituent en blocs de sens pour mettre en évidence la construction conceptuelle du divin. Cet ouvrage, qui peut se lire comme une introduction aux sociétés du Mexique central, s’adresse à tout public, ainsi qu’aux spécialistes des langages formels et des systèmes de communication graphique.

Les autrices et auteurs

Danièle Dehouve est anthropologue spécialiste des populations indiennes du Mexique d’hier et d’aujourd’hui. Directrice de recherche émérite au CNRS, elle a été directrice d’études à l’École pratique des hautes études et a enseigné le nahuatl à l’université Paris VIII et à l’Inalco.

Katarzyna Mikulska, professeur à l’université de Varsovie, est spécialiste des codex divinatoires préhispaniques appartenant au « groupe Borgia ». Ses recherches portent également sur les dieux et la notion de divinité dans les cultures mésoaméricaines centrales, les systèmes divinatoires, les modalités de codification du sens dans les codex préhispaniques, ainsi que la théorie des systèmes d’écriture et de communication graphique.

Loïc Vauzelle est docteur en histoire des religions, diplômé de l’École pratique des hautes études (EPHE - PSL). Il a enseigné le nahuatl classique à l’Inalco. Ses thèmes de recherche portent notamment sur les divinités, les rituels et le système de communication graphique aztèques.

Nicolas Latsanopoulos est graphiste au Bureau de l’archéologie départementale de la Seine-Saint-Denis et mésoaméricaniste. Titulaire d’une thèse de doctorat portant sur le dieu Xolotl à l’École pratique des hautes études (EPHE - PSL) de Paris, ses principaux centres d’intérêt sont l’iconographie et la faune préhispanique.

This special issue brings together anthropologists, historians and ethnomusicologists to discuss how digital communication devices have continued, reinforced or altered the ways in which African people share sounds and images of performance. We argue that the production and circulation of musical files often follow historical patterns shaped by direct contact or older sound reproduction technologies. On the other hand, we question the social, political and aesthetic ramifications of these circulation networks in an age of digital sharing. Some of the authors who contributed to this special issue draw on long-time ethnographic fieldwork and have witnessed the arrival of digital technologies and the changes that unfolded; others rely on oral history and archival work. The case studies presented here delve into various African countries and contexts. They look at past conflicts (Raymok Ketema on the Eritrean liberation struggle) and current ones (Katell Morand on the recent war in northern Ethiopia), emphasizing the ways in which digital circulation participates in the construction of collective memory. Attention is also given to electoral communication, the building of political consensus (Giordano Marmone on pastoral northern Kenya), and strategies for controlling circulation (exemplified by the three generations of Nigerien griots discussed by Sandra Bornand). The growing presence of streaming platforms and social media in Africa is discussed in Schalk van der Merwes study of transformations of Afrikaans music’ in post-apartheid South Africa.

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