Ce terrain en cours me permet de recolter des données essentielles pour ma thèse, portant sur les pratiques relatives au transfert technologique au CERN (Organisation Européenne pour la Recherche Nucléaire). Ce laboratoire de physique des particules, dont les dimensions et les règlements internes lui valent plutôt le titre d'"organisation internationale" s'est en effet dès ses débuts intéressé exclusivement à la recherche fondamentale, à faire de la "big science" et de la "high-energy physics". En somme, il s'agit d'une recherche pour la recherche. Or, depuis plusieurs années, le CERN souhaite s'ouvrir à la mise en application de ses savoirs afin d'aider à la résolution de problématiques écologiques et sociales. De plus en plus de projets entre le CERN et des partenaires divers (communautés territoriales, entreprises...) fleurissent, souhaitant traduire des technologies d'abord conçues pour de la recherche fondamentale en outils pour, par exemple, la protection de l'environnement.
Le terrain étant difficile d'accès, je me suis d'abord focalisée sur ses alentours, en particulier sur le Pays de Gex, communauté d'agglomération réunissant douze communes dans le département de l'Ain et qui accueille la majorité des "puits" ou accès aux expériences du CERN afin de m'immerger dans le tissu local, où tous les habitants sont connectés d'une manière ou d'une autre au laboratoire : qui y travaille, y a travaillé, qui connaît quelqu'un ayant travaillé là-bas etc...
En Janvier, commencera pour moi le coeur du terrain : je serai admise au CERN en tant qu'anthropologue et, plus spécifiquement, au sein d'un sous-laboratoire focalisé sur le transfert des technologies du CERN. Je suivrai des jeunes chercheurs en physique ainsi que des ingénieurs dans leurs projets, de l'idéation à la mise en oeuvre en passant par les discussions et les débats afin de définir et d'analyser le parcours de vie d'une invention scientifique. Affaire à suivre !