Du terrain au web : Parcours de données
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Inscription sur : https://evento.renater.fr/survey/atelier-du-terrain-au-web-parcours-des-donnees-z5imb041
1. Retour sur le questionnaire sur les rapports aux « données » numériques - brève présentation du questionnaire et table ronde avec les participants
(Hélène Gautier et Florence Revelin)
2. Retour sur l’inventaire des « données » du laboratoire - brève présentation de l’inventaire et table ronde avec les participants
(Hélène Gautier et Florence Revelin)
3. Propositions d’un circuit d’information via intranet et recueil des besoins en matière de gestion des « données »
(Monica Heintz, avec le soutien d’Emma Seguin)
> Le cycle d’ateliers « Du terrain au web » :
« Du Terrain au Web » est une série d’ateliers organisés au printemps 2021 dans le cadre de l’ANR Anthropen « Les frontières des données anthropologiques » et de la collaboration du LESC avec l’INSHS pour élaborer « une politique des données à l’échelle des laboratoires » (le LESC est l’un des laboratoires-pilotes pour ce projet).
Après un premier atelier consacré au(x) parcours des données, les ateliers suivants porteront sur le partage des données, la co-construction d’une politique des données à l’échelle du laboratoire et la valorisation des données. Le cycle d’atelier s’adresse à tous les membres de l’équipe scientifique et technique du LESC : chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs et doctorants.
> Objectifs de l’atelier 1 sur le(s) parcours des « données »
Alors que nos matériaux de recherche sont aujourd’hui largement numériques ou numérisés, leur traitement, leur archivage à long terme et leur éventuelle mise en partage sont interrogés par les nouveaux standards et outils déployés par les services d’information scientifique et technique de nos tutelles, dans le contexte particulier des politiques pour une Science Ouverte. Il s’agit d’équiper les chercheurs et les ingénieurs pour la gestion de ces « données » de la recherche, de leur production à leur archivage pérenne.
L’objectif de cet atelier sera de réfléchir au(x) parcours que peuvent prendre les données, notamment les « données de terrain », tout au long de leur cycle de vie afin de concevoir « un circuit de la donnée » à mettre en place au sein du laboratoire pour aider à la gestion des corpus collectés par ses membres.
Pour les producteurs, utilisateurs, et potentiellement « transmetteurs » de matériaux de recherche ethnographiques, les nouveaux équipements numériques offrent de nouvelles perspectives, mais posent également de nombreuses questions, en ce qu’ils sont forgés dans des cadres souvent éloignés des nôtres. Qu’est-ce qu’une « donnée » en anthropologie : un ensemble de mots dans un carnet de terrain décrivant une réalité observée, une image fixe ou mouvante, un enregistrement, un corpus de documents amassés sous l’impulsion d’une même curiosité scientifique ? Peut-on séparer cette donnée ainsi constituée de la personne du chercheur et des acteurs locaux qui en font partie, pour lui faire vivre une vie propre dans une infrastructure numérique ? Comment on prévoit, collecte ou constitue cette donnée, puis comment on la sauvegarde, la classifie, l’utilise et la valorise à l’ère digitale? Cet atelier est conçu dans le but de développer des moyens techniques et un accompagnement au service de la gestion des données des chercheurs et doctorants qui prennent en compte les spécificités de nos matériaux de recherche, tant d’un point de vue pratique qu’éthique et épistémologique.
Le but de ce projet est de tester les limites d’ouverture des données anthropologiques, qu’elles soient passives ou en cours de production, de nature écrite, iconographique, sonore ou audiovisuelle, au regard des injonctions européennes actuelles et des exigences éthiques propres au contexte interculturel et souvent extra-européen de production et gestion des données anthropologiques.
Ce projet s’appuie sur les bonnes pratiques archivistiques mises en place depuis quelques années au sein du Pôle documentaire du Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative/LESC (porteur du projet) en lien avec le consortium Archives des Ethnologues, afin de répondre aux injonctions scientifiques et éthiques de la discipline. A partir de ces pratiques, il cherche à déterminer le coût réel d’une ouverture des données qui préserve ces acquis. Pour ce faire, il souhaite mettre en dialogue des experts chercheurs et documentalistes provenant d’horizons thématiques complémentaires, autour de différentes données de terrain, inédites ou édités, issus des fonds photographiques, sonores et audiovisuels de chercheurs. Le but est de tester la mise en open accès de ces fonds en relevant les situations problématiques et en cherchant, par la mobilisation de l’expertise des chercheurs juristes, spécialistes du patrimoine et spécialistes du traitement des données, des solutions plus générales, qui peuvent être étendues à toute la discipline à partir de ces études de cas. Cela permettra également une évaluation des besoins en temps de traitement et en technologie numérique, afin de faire un retour d’expérience pertinent pour les autres spécialistes des Humanités Numériques- et c’est à ce titre que le partenariat avec la Maison Archéologie et Ethnologie est essentiel. Une appréciation volumétrique des besoins et possibilités d’ouverture en libre accès des fonds existants au sein du laboratoire est également prévue.
Si travailler sur les données passives est une constante du métier d’archiviste, c’est l’anticipation des cadres de production de données futures qui est au centre des préoccupations des chercheurs contemporains. C’est pourquoi un volet formation adressé aux chercheurs et doctorants est incorporé tout au long du projet et vise à les familiariser aux aspects techniques, scientifiques et éthiques de la collecte, de la sauvegarde et du partage des données et d’accueillir leurs retours sur les difficultés rencontrées sur les terrains d’enquête.
Enfin, le but ultime de ce projet est de pouvoir dresser les futures lignes de l’anthropologie comme science ouverte, ce qui implique que les leçons apprises lors de l’ouverture des corpus « test » puissent être diffusées, débattues, confrontées à la réalité internationale – via des publications, participations à des conférences, retours auprès des communautés. Comment concilier la philosophie occidentale de la science ouverte et la relativité culturelle dans l’attitude envers les données de recherche ? Comment respecter les demandes de protection de données, les revendications patrimoniales et les dénonciations d’appropriation culturelle dans un monde où le numérique dépasse les frontières et met en défaut les communautés qui ne partagent pas la même philosophie ? Penser l’ouverture des données en anthropologie, une science basée sur la rencontre interculturelle, qui a traversé les deux derniers siècles dans des conditions géopolitiques qui ont déterminés fortement la production et diffusion des données (colonialisme), et qui s’est reformée épistémologiquement souvent en écho à ces changements, c’est penser la possibilité d’une science ouverte au delà des frontières, à l’échelle globale à laquelle les nouvelles possibilités technologiques et le désir de partage des savoirs aspirent. La dimension internationale du projet est donc une condition de sa réussite.
La procédure du Lesc pour la présélection des candidatures aux contrats doctoraux de l'ED395 est disponible ici.