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Quand l’objet fait signe au fil de la condition migrante : quelques remarques sur la relation entre matérialité et mobilité
Présentation
Quand l’objet fait signe au fil de la condition migrante : quelques remarques sur la relation entre matérialité et mobilité
Cet article se fonde sur une ethnographie de longue durée que je mène à Paris avec Marie, qui fait partie des personnes dont j’ai publié l’histoire dans Parenté sans papiers (2019). Elle a quitté le Mali seule quand elle avait 30 ans, il y a bientôt deux décennies. Elle est mère d’un enfant né et vivant là-bas et d’un autre né ici, qui a maintenant la nationalité française. Arrivée avec un visa de tourisme rapidement périmé, elle a vécu près de dix ans en situation administrative irrégulière ou en situation régulière temporaire, et est actuellement détentrice d’un titre de séjour en tant que résidente. Parmi les éléments recueillis lors de nos nombreux échanges et discussions, le plus souvent informels, je restitue et je commente dans ce texte des observations et des expressions à travers lesquelles Marie aborde certains aspects de son rapport aux objets. Au fil du temps passé en France, et entre la France et le Mali, au fil de la condition migrante expérimentée par elle de différentes manières, au fil de sa subjectivation en relation avec les espaces-temps qu’elle traverse, la sémantique des objets et des registres matériels témoigne du franchissement de certaines frontières spatiales et sociales.
MOTS-CLÉS : ethnographie, condition migrante, objet, subjectivation, frontières sociales