
Le Honduras a connu d’importants changements politiques à la suite de la défaite électorale du Parti National en novembre 2021. Le président sortant Juan Orlando Hernández (2014-2022), militant de ce parti, a été mis en cause pour sa participation active aux réseaux liés au narcotrafic, avant d’être extradé aux États-Unis en avril 2022, où il attend depuis son procès. Après une décennie de négociations politiques habiles, le clan des Zelaya est donc revenu au pouvoir à la Maison Présidentielle et dirige désormais les Forces armées qui avaient renversé Manuel Zelaya lors du coup d’État de 2009. Dans cette entrevue, Mario R. Argueta analyse la première année de gouvernement de Xiomara Castro de Zelaya, qui est à la tête du pouvoir exécutif avec le soutien du parti Liberté et Refondation (LIBRE), fondé en 2012 par son époux Manuel Zelaya, ancien président du Honduras (2006-2009). Le retour du « zelayisme » au pouvoir marque le début d’un nouveau cycle politique, mais le gouvernement est confronté à de nombreux défis en matière de sécurité, de transparence, d’environnement, ainsi qu’à la résistance politique des élites et aux tendances « caudillistes » du parti LIBRE.
Depuis le début du XXIe siècle, l’Amérique centrale est prise dans une série de tensions inédites dues à des transformations sociopolitiques contradictoires. La région connaît des taux d’homicides qui classent ses États au rang des pays les plus violents du monde à l’exception des pays en guerre. Elle connaît également des phénomènes de corruption massifs qui touchent les élites comme de nombreuses institutions. Ces pays voient un nombre sans précédent de leurs habitants émigrer vers les État...
Xiomara Castro de Zelaya, candidate à la présidentielle du parti Liberté et Refondation (LIBRE), fondé en 2012 par son mari, l’ancien président Manuel Zelaya (2006-2009), a remporté les élections générales du 28 novembre 2021. Renversée par un coup d’État en 2009, la famille Zelaya-Castro revient à la tête de l’exécutif avec un programme que revendique le « socialisme démocratique », après douze ans de gouvernements du Parti National (PN) qui ont signifié une profonde régression démocratique pour le pays. Cet article cherche à offrir quelques clés analytiques sur le contexte politique dans lequel se sont déroulées les élections primaires et générales au Honduras. L’auteur propose une série de considérations sur les principales forces politiques au Honduras et sur les perspectives politiques immédiates.
Honduras is suffering the effects of the COVID-19 pandemic amid a crisis of the state as a whole. What are the dimensions of this crisis? Why do thousands of Hondurans flee their country each year? The links between politics and organized crime are compounded by patrimonial forms of exercise of power and a long erosion of democracy in the country. This text examines a series of challenges for Honduran democracy through a review of its recent political evolution, trying to present the social context of Honduras as it faces the COVID-19 pandemic.