Laurence Marty

 
Jeune docteure
Laurence Marty
Apprendre et lutter au bord du monde. Récits de mouvements pour la justice climatique en France hexagonale et Europe continentale (2014-2017)
Sophie Houdart et Benedikte Zitouni
06/12/2021
...

2019-2020 : Co-organisatrice du séminaire « Ecoféminismes en lutte : lectures et recherches » à l'EHESS avec Isabelle Cambourakis, Julie Gorecki, Emilie Hache, Jade Lindgaard, Geneviève Pruvost et Constance Rimlinger

2018-2019 : ATER en sociologie à l'Université Paris-Est Créteil, au sein du département Administration et Echanges Internationaux - temps plein

  • L1 - TD (36h) Sociology and the Contemporary World
  • L1 - TD (48h) Sociologie et expression écrite & orale
  • L1 - TD (72h) Introduction à l’enquête sociologique par entretien
  • L2 - CM (24h) Analyse comparée des cultures européennes

 2016-2019 : Conception, coordination et animation de l'atelier de doctorant.e.s « Lecture et écriture en humanités environnementales » à l'EHESS avec Dorothea Heinz, Enno Devillers-Peña et Margaux Le Donné

2016-2018 : Monitrice dans le master Pratiques de l'Interdisciplinarité, EHESS-ENS - temps partiel

  • M1 et M2 (32h) Atelier mémoire de recherche
  • M1 : Encadrement du stage de terrain ethnographique d’une semaine à Carhaix
  • M2 (6h) Séminaire « Après le master »

Domaines de recherche

Allemagne, France, Royaume-Uni
Europe
Mouvements sociaux, Justice climatique, Ecoféminisme, Ecologie décoloniale, Ecologie politique, Apprentissages militants

Parcours universitaire et professionnel

[English version below]

Résumé de la thèse

La thèse de Laurence Marty porte sur les mouvements français et européens contre le dérèglement climatique et sur les tensions qui les caractérisent : qu’est-ce que lutter quand l’envergure de la catastrophe, l’urgence, et le sentiment d’impuissance prévalent ? Comment continue-t-on à lutter dans un monde en ruines qu’on ne croit plus pouvoir sauver ? Et comment le fait-on lorsqu’on se sait appartenir aux pays responsables (historiquement et encore aujourd’hui) des bouleversements environnementaux sans précédent qui nous arrivent ?

L’ethnographie au cœur de cette thèse suit des activistes et collectifs dans la préparation des mobilisations qui ont eu lieu autour de la COP21 (Paris, décembre 2015) ainsi que dans la décomposition-recomposition des luttes climatiques qui l’ont suivie. Ces activistes et collectifs ont pour spécificité d’appartenir à l’espace du mouvement écologiste le moins institutionnalisé : leurs engagements dessinent un continuum d’agirs allant de l’agriculture vivrière à l’action directe. Ils relèvent par ailleurs de la partie du mouvement qui a participé à importer et nourrir un certain cadrage de l’enjeu climatique en France à compter de 2015 : celui de la justice climatique. A partir d’une ethnographie qui s’est aussi vécue comme une expérience à la première personne et un partage de vie aux côtés de ces activistes et collectifs, j’ai cherché à rendre sensibles les cheminements et apprentissages qui se déploient au sein des mouvements climat, comme les essoufflements, les doutes, les joies et les puissances qui s’y éprouvent.

Le manuscrit est organisé en deux « volumes » qui correspondent chacun à une grande question adressée aux mouvements contre le dérèglement climatique qui relaie celles que se posent les militant.e.s elleux-mêmes : « quel est le "bon moyen" pour lutter contre le dérèglement du climat ? », et « quel est le "bon sujet politique" du mouvement pour la justice climatique ? ». A rebours de réponses univoques et absolues, je propose de penser ces questions comme des pharmaka au sens d’Isabelle Stengers : en fonction de leur dosage, elles peuvent rendre puissant.e.s comme elles peuvent affaiblir, empoisonner. Chacun des deux volumes est lui-même composé de plusieurs « récits » qui font le travail de décaler ces questions et de montrer leurs effets en situation. Enfin, entre ces « récits » sont intercalés des « ateliers » qui sont la reprise de notes de formations auxquelles j’ai participé dans les mouvements climat depuis 2015.

 

Thesis entitled: Learning and Fighting at the Edge of the World. Stories of Climate Justice Movements in France and Europe (2014-2017)

This dissertation focuses on the French and European movements against climate change and on the tensions that characterize them: what does it mean to fight when the scale of the disaster, the sense of urgency and the feeling of powerlessness prevail? How does one keep fighting in a world in rubble, which we do not believe we can save anymore? And how do we do so when we know that we belong to the countries responsible (historically and still today) for the unprecedented environmental disruptions that are happening to us?

This ethnography explores the actions of activists and collective groups in the preparation of the mobilizations that took place around the COP21 (Paris, December 2015). It examines the decomposition and re-composition of the struggles against climate change that ensued. The specificity of these activists and collectives is that they belong to the least institutionalized space of the environmental movement: their commitments rested on a continuum of collective actions ranging from food farming to direct action. Moreover, they belong to the part of the movement that has participated in importing and developing the climate justice framing in France since 2015. From this ethnography, which was also lived as a personal experience, whereby I shared moments of life with these activists and collectives, I sought to make tangible the pathways and learnings that unfolded within the climate movements, as well as the breathlessness, doubts, joys and empowerment, which have been experienced in these movements.

The manuscript is organized in two "volumes", each of which corresponds to a major question addressed to the movements against climate disruption and which relays those asked by the activists themselves: “What is the ‘right way’ to fight against climate disruption?” and “What is the ‘right political subject’ of the movement for climate justice?” In contrast to univocal and absolute answers, I propose to think about these questions as pharmaka in the sense of Isabelle Stengers: depending on their dosage, they can empower or weaken, poison. Each of the two volumes is itself composed of several “stories”, which are used to shift these questions and showing their effects in situation. Finally, between these stories I have interspersed “workshops”, which are the summary of notes I took during trainings, in which I participated in the climate movements since 2015.

Key words: social movements, climate justice, ecofeminism, decolonial ecology, political ecology, activist learnings

Marty, L., 2020, « Greenham partout ! » - Images d’archives, Panthère Première, 5, en ligne : https://pantherepremiere.org/texte/greenham-partout/.
Marty, L., J. Lindgaard, E. Hache et A. Zimmer, 2020, Toxic Tours et formation des professionnels de santé, Les humanités médicales. L’engagement des sciences humaines et sociales en médecine (Paris, Doin) : 183-186.
Marty, L., 2021, Compte rendu de : Juliette Rousseau, Lutter ensemble. Pour de nouvelles complicités politiques (Cambourakis, 2018, 425 p.), Terrestres,  : [en ligne], en ligne : https://www.terrestres.org/2021/05/17/redevenir-rester-vivant%c2%b7es/.
Marty, L., 2021, « "Story Telling for Earthly Surival". Retour sur une ethnographie engagée au sein du mouvement pour la justice climatique française (2014-2017) », séminaire d’anthropologie générale du LISST-CAS, Toulouse.
Marty, L., 2019, « "Sustainable activism, regenerative organizing": réflexions sur les pollinisations croisées du politique, du soin et de la spiritualité dans les mouvements climatiques aujourd’hui », séminaire « Nature(s) et Religion(s) », LISST-CAS, Toulouse.
Marty, L., 2019, « Du dérèglement du climat à celui de la sociologie des mouvements sociaux », congrès de l’Association française de Sociologie « Classer, déclasser, reclasser », Aix-en-Provence.
Marty, L., 2019, « Framing a climate and an environmental justice "à la française" », Environmental Justice Conference 2019: "Transformative Connections", University of East Anglia, Norwich.
Marty, L., 2019, « Lecture d’un premier chapitre et mise en perspective des choix d’écriture », séminaire « Ethnographie des alternatives : terrains, descriptions, nouveaux récits », Paris.
Marty, L., 2018, « Quels héritages des mouvements écoféministes dans l’activisme climatique en Europe ? », séminaire « Controverses environnementales et anthropologies de la nature », Marseille.
Marty, L., 2018, « Écrire avec le trouble : penser les récits des mouvements féministes en sciences sociales et leurs conséquences », colloque « Féminismes et pragmatismes : du matérialisme aux pratiques féministes », Congrès international des Recherches Féministes dans la Francophonie 2018, Université Paris Nanterre.
Marty, L., S. Aguiton, I. Cambourakis et C. Guérin, 2018, « Femmes, féminismes et luttes anti-nucléaires : face au non-héritage, comment s’inventer une mémoire écoféministe ? », séminaire « Penser-lutter avec Bure », EHESS, Paris.
Marty, L. et M. Le Donné, 2017, « Introduction à l’écoféminisme », séminaire d’élèves sur le genre, ENS, Paris.
Marty, L., 2017, « L’engagement ethnographique en terrain mobilisé : de la zad de Notre-Dame-des-Landes aux mobilisations pour la justice climatique », séminaire « Ethnographie des alternatives », Paris.
Marty, L., E. Hache et J. Lindgaard, 2017, « Introduction aux toxic tours et aux mouvements pour la justice environnementale », séminaire international « Humanités Médicales » du Programme USPC « La Personne en Médecine », Université Paris 7.
Marty, L., 2017, « Se mobiliser contre le dérèglement climatique : agir dans l’urgence et/ou dans la durée ? », colloque « Temporalité(s) politique(s). Autonomisation et rapport au temps des acteurs publics », Sciences Po Lyon.
Marty, L., 2016, « Three Fragments », Panel « Cli-fi Creations/Writing Cli-fi », Colloque international « The World in 2050: Imagining/Creating Just Climate Futures », University of California, Santa Barbara.
Marty, L., 2015, « Mobiliser (contre) les inégalités environnementales et climatiques en Seine-Saint-Denis », journées d’études de Sermizelles, « La nature et l’environnement au prisme des sciences sociales », Institut Marcel Mauss, EHESS.
Marty, L. et M. Le Donné, 2020, « Animation de la table-ronde « Décoloniser les corps-territoires » », festival « Sauvageonnes ! Fabrique des imaginaires et agirs écoféministes », Toulouse.
Marty, L., 2018, « Atelier de lectures écoféministes », festival « L’Echappée Rebelle », Le Percy (Trièves).
Marty, L., 2017, « Comment raconter un mouvement social ? », rencontre « Public/Privé » organisée par l’association culturelle « Pan ! » dans le cadre du Printemps des Poètes, Limoges.
Marty, L., 2016, « Toxic Tours, ici et là-bas », assemblée « Justice environnementale », rencontres « Dark Series » dans le cadre de l’exposition « Co-Workers : Beyond Disaster », Béton Salon – Centre d’art et de recherche, Paris.
Sauvegarder
Choix utilisateur pour les Cookies
Nous utilisons des cookies afin de vous proposer les meilleurs services possibles. Si vous déclinez l'utilisation de ces cookies, le site web pourrait ne pas fonctionner correctement.
Tout accepter
Tout décliner
Flexicontent
Flexicontent
Accepter
Décliner