La thèse de Maria Viola Zinna suit le SCOBY (Culture symbiotique de bactéries et de levures), biofilm microbien issu de la fermentation du kombucha, et son rôle dans les pratiques de biofabrication, le considérant comme un espace d'expérimentation à l'intersection des sciences et du design.
Pour explorer ces enjeux, cette recherche suit les circulations du SCOBY à travers plusieurs terrains : collectifs de biohacking, designers, laboratoires et institutions universitaires, dans lesquels il devient espace de négociation et d'expérimentation éthique. Sa nature instable, difficile à standardiser mais riche en potentialités, en fait un support privilégié pour expérimenter, de la part des acteurs, de nouvelles manières de produire et de redéfinir leur rapport au vivant. La thèse s'attachera à analyser comment ces pratiques de biofabrication mettent en tension démarches engagées et ouvertes et cadres institutionnels ou industriels, et à comprendre dans quelle mesure le potentiel transformateur du SCOBY dépend de la circulation des savoirs, du maintien des pratiques collaboratives et de l'attention portée aux aspects éthiques. Elle examinera également les processus par lesquels de nouveaux matériaux s'intègrent, ou échouent à s'intégrer, dans les usages sociaux, en mettant en évidence la façon dont les dynamiques collectives et les interactions avec le matériau contribuent à reconfigurer les relations entre biologique, social et technique. Le SCOBY constitue en ce sens un observatoire privilégié de ces processus en train de se faire, offrant une nouvelle perspective sur les pratiques matérielles et sociales contemporaines.