Les thèmes de recherche de Valentin Brochet-Fernandez se partagent entre anthropologie, géographie et philosophie des rapports aux vivants - sur les liens que nous tissons entre êtres dans une perspective plus qu'humaine. Iel mêle ses terrains d'enquête à la création artistique via l'illustration, la création sonore et la photographie.
TRAVAUX DE RECHERCHE EN COURS :
Thèse : "Pratiquer un vivant qui s'éteint - Frictions/mutations dans les pratiques, communautés et savoirs naturalistes en contexte d'extinction" sous la direction de Vanessa Manceron (LESC–UMR7186, Paris Nanterre) et Ruppert Vimal (GEODE–UMR5602, UT2J).
Le travail de Valentin porte sur les transformations qui ont lieu au sein des pratiques naturalistes dans un contexte d'extinction - de la biodiversité comme des relations que l'on entretient avec elle - causées par l'Anthropocène. Il essaie de documenter les multiples bouleversements qui traversent les communautés de pratiques des ornithologues, mycologues, chiroptérologues et audio-naturalistes ; notamment par l'étude des dispositifs d'attention émergents (ADN environnementale, écoute passive etc.) qui transforment les pratiques de terrain et le statut ontologique des êtres vivants avec lesquels les naturalistes entrent en relation. Il tente de comprendre ces savoirs, rendus tangibles par la crise, comme autant de savoirs locaux, hybrides entre rationalité scientifique et attachements subjectifs, et réalise ses ethnographies mêlées à une approche d'enquête par médium artistique (Fieldrecording/illustration/contre-cartographie).
TRAVAUX DE RECHERCHE ANNEXES :
"Nécrosystèmes charognards - reconfiguration du soin aux cadavres non-humains en présence des vautours".
Iel réalise un travail de philosophie de terrain sur la manière avec laquelle les vautours reconfigurent les rapports à la mort et les pratiques funéraires/post-mortem des éleveurs dans le Cantal. A partir d'une ethnographie multi-espèces et d'une cartographie des acteurs de la décomposition des cadavres, humains comme non-humains, iel cherche à remonter à ce qu'il serait possible d'appeler des "nécrosystèmes", espaces multi-scalaires du soin aux cadavres, et par là même, de soin aux écosystèmes.
2022-2025 : Groupe de recherche en philosophie de terrain - Ecole Normale Supérieure
2024-Actuel : Collectif Hydromondes
Les parcs nationaux français cherchent désormais à protéger les interactions sociales et naturelles qui produisent leurs paysages. Les lisières sont un exemple d’entités du paysage mêlant de multiples dimensions. Elles forment une mémoire environnementale de la forêt en révélant des pratiques et usages très divers d’un même espace rural. De façon contemporaine, les lisières sont également un enjeu des politiques de la continuité écologique ou des préoccupations de cohabitation. En s’appuyant sur le terrain du Parc national de forêts, créé en 2019, un atelier d’enquête composé d’étudiants a voulu questionner de façon sensible l’écologie sociale des lisières agroforestières pour les acteurs de la protection de la nature. Premièrement, la sémantique autour des lisières fait apparaître un vocabulaire de l’esthétisme qui révèle des préoccupations et propriétés spécifiques à ces lieux. Deuxièmement, la lisière est paradoxalement un espace remarquable pour certains acteurs mais complètement inexistante et invisible pour d’autres. Enfin, ces lieux ou non-lieux retracent de façon dynamique les mémoires environnementales des forêts et de leurs usages sur ces territoires.
Ce poster restitue des échanges et des terrains menés auprès des chiroptérologues entre l’été et l’hiver 2025 dans le cadre d’une pré-thèse en anthropologie. En partant des pratiques et des savoirs naturalistes comme autant de témoins d’un attachement sensible à des êtres vivants et aux milieux qu’ils habitent, je cherche à comprendre les transformations qui animent ces communautés de praticien·nes dans un contexte d’extinction des espèces et des rapports aux vivants. Parmi mes terrains, on trouve des mycologues aux prises avec l’ADNe, des ornithologues faisant le deuil du courlis à bec grêle, et, ici, des chauve-souristes traduisant les sons invisibles en courbes colorées. Ce poster expose, entremêlées de prises de notes et de dessins issus de mes carnets de terrains, les observations tirées de ces premiers échanges, et les pistes envisagées pour la poursuite de ce travail de recherche.