Conférence dans le cadre de l'ANR Fabriq'am
À partir des réflexions suscitées par le processus – actuellement en cours – de « revalidation » du registre patrimonial de l’art graphique kusiwa, la présentation traitera des transformations des modes de circulation des savoirs sur les rapports aux maîtres de la forêt et aux ennemis, qui sont à l’origine de l’iconographie. Les graphismes kusiwa potentialisent aujourd’hui d’autres connexions et d’autres parcours, qui sont significatifs des contextes pan indigènes en plein essor dans les villes d’Amazonie.
La fabrique des « patrimoines » : mémoire, savoir, et politique en Amérique indienne aujourd’hui
Le projet développe une réflexion comparative sur les avatars de la notion exogène de « patrimoine culturel », dans les sociétés amérindiennes, les façons dont celles-ci s’en emparent et les transformations qu’elle entraine (régimes de temporalité, de transmission des savoirs, de visibilité…).
Dans une Amérique latine où le multiculturalisme et la gestion des identités indigènes constituent un enjeu politique majeur, au point d’infléchir les modes de gouvernance à l’échelle locale, les populations amérindiennes se trouvent contraintes de mettre en avant des caractéristiques ethniques ou culturelles pour se positionner sur l’échiquier national. Ces processus de « mise en patrimoine » à la mode amérindienne s’inscrivent dans des logiques propres et impliquent des transformations que la trentaine de chercheurs du projet (tous spécialistes de longue date des terrains et populations étudiées) appréhendent dans leurs profondeurs historiques, leurs ancrages politiques et économiques, ainsi que dans leur dimension linguistique, cognitive et socio-culturelle. Au sein du LESC, les recherches se concentrent principalement sur les régimes de temporalité, d’historicité et de savoir ainsi que sur les modes de visibilisation et d’invisibilisation.