Cette présentation vise à contribuer aux discussions actuelles sur les formes de production, de dispute et de réinvention du « commun », en se focalisant à la fois sur la dimension institutionnelle et sur les pratiques quotidiennes incarnées. Pour ce faire, je m’appuierai sur une recherche collaborative en cours auprès de membres de l’Asociación de Vendedores Unidos del Tren San Martín (Buenos Aires), qui fait partie de la Confederación de Trabajadores de la Economía Popular. Je souhaite ici explorer comment le « commun » apparaît dans la production de « codes de vie » qui ont été créés pour faire face à des situations de violence récurrente des forces de l’ordre et des fonctionnaires (saisies, persécutions, détentions), à travers de pratiques collectives d’attention. Je m’attacherai à analyser la centralité qu’acquièrent dans l’espace du train les relations de parenté et l’idée de famille en tant que liens forgés par - et en relation à - ce que mes interlocuteurs appellent « los fierros » (les « fers ») et qui désigne le train lui-même.
La discussion sera assurée par Benoît de L’Estoile (CNRS).