Projection dans la section "Désir de cinéma" du Festival International Jean Rouch (sélection de films proposés par les laboratoires partenaires) :
Un debaa pour le 14 juillet d’Elena Bertuzzi & Laure Chatrefou
France, 84 minutes, 2022, version originale shimahorais et shibushi sous-titré français, couleurs
À Mayotte, des milliers de femmes de tous âges dansent et chantent le debaa, un art fondé sur des poèmes mystiques soufis louant la vie du prophète Mohammad. Vêtues de leurs tenues traditionnelles, portant des masques de beauté, de bijoux et de jasmins, les femmes dansent une chorégraphie lente, raffinée et envoûtante, qui mobilise principalement les bras et le haut du corps. Elles montrent une manière féminine de vivre la religion, dont l'art du paraître joue un rôle fondamental. Plusieurs groupes s'affrontent lors de rencontres, faisant de la debaa une compétition où la poésie, la musique et la danse sont les seules armes.
Le film montre la passion de ces femmes et leur engagement, et donne une nouvelle image de la femme musulmane, de l'Islam et de Mayotte.
En toile de fond, on retrouve l'aspiration des femmes musulmanes du monde entier à un islam de paix, où les libertés individuelles et le besoin d'expression sont fondamentaux. Nous découvrons comment elles préservent leurs traditions tout en s'adaptant aux changements sociaux et sociétaux qui ont eu lieu au cours des vingt dernières années sur leur petite île "française" au milieu de l'océan Indien. Sur un ton léger, elles abordent les contradictions et les difficultés de la vie quotidienne dans un contexte qui reste marqué par une logique post-coloniale, bien que ce territoire bénéficie du statut de région ultrapériphérique européenne.