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Soutenance de thèse de Julia Vogel

Soutenances

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Jeudi 07 Octobre 2021 14:00 - 18:00
Bâtiment Grappin (B), salle René Rémond B015
200 avenue de la République, Nanterre

Présentation

"We are still here". Réémergences amérindiennes et définitions de la nature dans le parc national du Grand Canyon

Thèse réalisée sous la co-direction de Mme Valentina Vapnarsky (Centre EREA du LESC - CNRS, Université Paris Nanterre) et Mr Philippe Erikson (Centre EREA du LESC - Université Paris Nanterre)

Le jury sera composé de :

Nicolas Adell, Maître de Conférence, HDR, Université de Toulouse 2 – Jean Jaurès, rapporteur
Igor Babou, Professeur des Universités, Université Paris Diderot
Gilles Havard, Directeur de recherche, CNRS
Aline Hémond, Professeure des Universités, Université de Picardie, rapporteure
François-Michel Le Tourneau, Directeur de recherche, CNRS

La soutenance se tiendra publiquement dans un format hybride (en présentiel et en distanciel).

Résumé : Longtemps perçue comme la victoire de la préservation de la nature sur son exploitation, la création du parc national du Grand Canyon (Arizona, États-Unis) apparaît depuis les années 1990 comme indissociablement liée à l'exclusion des populations amérindiennes qui occupaient les lieux. Aujourd'hui, onze populations amérindiennes (Navajo, Havasupai, Hualapai, Hopi, Yavapai-Apache, Zuni et différents groupes Paiutes) sont considérées comme « traditionnellement associées » au Grand Canyon par le National Park Service (NPS), l'agence fédérale en charge de la gestion des parcs nationaux aux États-Unis. Ce statut signe la reconnaissance officielle de leur occupation des lieux avant l'arrivée des premiers explorateurs et pionniers américains et des liens contemporains les unissant au Grand Canyon. Le NPS est désormais tenu de les consulter afin de prendre en compte leurs recommandations dans la gestion du parc national. Sa mission s'est ainsi enrichie de l'injonction de préserver le Grand Canyon en tant qu'il est « culturellement saillant » pour ces populations amérindiennes.
Par une analyse des discours, des pratiques et des points de vue de divers acteurs impliqués dans les affaires du parc national (personnel du NPS, représentants et militants amérindiens, associations environnementales et usagers réguliers notamment), cette étude met en lumière les mécanismes, les négociations, les fractures et les réajustements sociaux et épistémiques participants tant à la redéfinition du Grand Canyon qu'à celle de la place et l'identité des Amérindiens vis-à-vis du lieu. Elle a pour objectif d'apporter de nouvelles données ethnographiques et de contribuer à renouveler la réflexion anthropologique sur la construction, la gestion et la mise en scène de la culture et de la nature dans les lieux patrimoniaux. Ces réflexions sont cruciales dans le contexte politique actuel marqué par des revendications amérindiennes portant sur la reprise en main de leur patrimoine matériel et de ses représentations, mais également sur leur droit à la parole légitime. En prenant le parc national pour objet, cette étude propose notamment d'illustrer une facette d'un mouvement de décolonisation et d'affirmation identitaire qui parcourt le contexte socio-politique et culturel actuel des États-Unis.