Évènements

Soutenance de thèse de Zihan Li

Soutenances

Jeudi 24 Novembre 2022 15:00
Bâtiment Grappin (B), salle René Rémond B015
200 avenue de la République, Nanterre

Présentation

La transmission des manuscrits des dongba : Système d'écriture, rituels religieux, et changements historiques chez les Naxi du Yunnan en Chine

Thèse de Zihan Li réalisée sous la direction Mme Brigitte Baptandier (CNRS)

Le jury sera composé de :
M. Pierre DÉLÉAGE, directeur de recherche, CNRS, rapporteur
M. Zhe JI, sociologue, professeur, INALCO, rapporteur
M. Stéphane GROS, chargé de recherche, CNRS
Mme Adeline HERROU, directrice de recherche, CNRS
Mme Brigitte BAPTANDIER, directrice de recherche émérite, CNRS, directrice de la thèse

Résumé :
Cette thèse traite de la société et de la religion d’une population de langue tibéto-birmane vivant au nord-ouest du Yunnan. Elle porte sur les transformations subies par l’ethnie des Naxi, reconnue comme la « nationalité naxi » (naxizu, 纳西族†en mandarin) par l’État chinois lors du programme d’« identification des nationalités » (1950-1960).
Les spécialistes religieux naxi, les dongba, sont connus notamment pour posséder une écriture rituelle pictographique qu’eux seuls maîtrisent. Avant les années 1950, les dongba transmettaient leurs connaissances religieuses de père en fils. Mais pendant la période maoïste, ils subirent une répression sévère, leurs livres furent confisqués, et la transmission lignagère fut interrompue. J’analyse les nouvelles formes de transmission qui ont vu le jour depuis ce qu’on a appelé le « renouveau religieux » des années 1980. Pour cela, mes recherches ont porté sur deux terrains ethnographiques contrastés. Mon premier terrain se situe à Baidi, le lieu saint des dongba, dans la préfecture autonome tibétaine de Diqing, où se trouve une école de formation des dongba fondée en 1998 par un « cadre » du PCC à la retraite. L’enseignement dans cette école est dispensé par un laïc qui, sans être dongba, a pu étudier secrètement les livres confisqués par le gouvernement grâce à son « identité de classe » (« paysan pauvre ») politiquement approuvée par l’État. En raison de la signature par la Chine de la « Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel » de l’UNESCO (en 2003), l’État a certifié cette école, suscitant de nouveaux enjeux politiques et économiques pour les habitants de Baidi. L’autre terrain de recherche se situe à Lijiang, le centre politique des Naxi, inscrit sur la liste du patrimoine mondial en 1997. L’État y dirige une transmission religieuse fondée sur la traduction officielle du corpus rituel confisqué à l’ère maoïste. Cette prise en main est destinée à attirer les touristes qui constituent une manne économique pour la région, tout en expurgeant la « religion naxi » pour en faire la « culture dongba ».
L’observation de ces deux lieux m’a permis d’étudier les mécanismes de ce « renouveau religieux » officiel, la vulgarisation de l’écriture rituelle secrète des Naxi, et les nouvelles relations interethniques, telles que suscitées par l’État chinois.

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