« Je hais les voyages et les explorateurs ». C’est par cette formule fracassante que s'ouvre, en 1955, Tristes tropiques. Quelque vingt ans plus tôt, entre 1935 et 1939, Claude Lévi-Strauss, son auteur, et sa première épouse, Dina Dreyfus, s'enfoncèrent dans les terres alors peu fréquentées du Matto Grosso à la rencontre de peuples autochtones. De ces mois passés au contact des Caduveo, des Bororo, des Nambikwara, mais aussi des Kainkang, des Mundé ou des Tupi-Kawahib, subsiste une masse imposante de documents qui a été déposée à la Bibliothèque nationale. Cet ensemble — carnets de route, notes ethnographiques et linguistiques, croquis, partitions musicales, esquisses de romans, clichés photographiques — n'avait jamais été exploré systématiquement par les chercheurs. Monique Lévi-Strauss nous a chargé en 2017 de le publier. Un programme ANR a été mis sur pied dans ce but. Une publication extensive s'est révélée impossible. En revanche un travail d'analyse approfondie des documents montre des réalités insoupçonnées, telle l'intense collaboration professionnelle entre Claude et son épouse Dina sur fond de dissensions intimes ou encore que Lévi-Strauss a détruit lui-même une partie de ses notes lors de la rédaction de Tristes Tropiques. D'un point de vue épistémologique, notre vision de l'entrée en anthropologie de Lévi-Strauss en sort chamboulée et notre lecture de son ouvrage le plus célèbre renouvelée.
Cliché : Page extraite d'un carnet de terrain de Claude Lévi-Strauss, sans mention ni de date, ni de lieu. BnF.
Le séminaire de l’EREA (Enseignement et recherche en ethnologie amérindienne) est un espace de discussion, ouvert à tout public, flexible et modulable, qui a pour vocation de stimuler les échanges entre la formation américaniste du département d’anthropologie de l’université Paris Nanterre et les chercheurs du Centre ainsi que des invités extérieurs. Tout en étant un foyer de réflexion sur les recherches américanistes en cours, il sert également de plate-forme pour la divulgation des travaux des doctorants, post-doctorants et chercheurs associés.
Sous forme de présentations individuelles, de cycles thématiques ou de demi-journées d’étude, il apporte ainsi un espace de recherche complémentaire aux réunions du Séminaire d’anthropologie américaniste (SAA) et au Groupe d’enseignement et de recherche sur les Mayas et la Mésoamérique (GERM).
Certaines séances sont disponibles en replay sur la chaîne Erea de Canal U.
Organisation : Philippe Erikson, Romain Denimal Labeguerie et Vincent Hirtzel
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