Évènements

Soutenance de thèse de Louise Monin

Soutenances (thèses, HDR)

Mardi 17 Juin 2025 14:00 - 20:00
Lesc – salle 308F (3e étage)
21, allée de l’Université, Nanterre

Présentation

À la croisée des mondes. Ethnographie des relations entre les habitants du massif jurassien, le lynx boréal et les autres espèces sauvages

Thèse préparée en contrat CIFRE sous la direction d'Éric Garine Wichatitsky et Nicolas Lescureux

Le jury sera composé de :
- Juliette Young (INRAE)
- Charles Stépanoff (Laboratoire d'Anthropologie Sociale)
- Anne Sourdril (CNRS)
- Coralie Mounet (Pacte, Laboratoire de sciences sociales)
- Fridolin Zimmerman (KORA, Université de Lausanne)
- Nicolas Lescureux (co-directeur de la thèse, CEFE)
- Éric Garine Wichatitsky (directeur de la thèse, Université Paris Nanterre)

Résumé de thèse :
Éradiqué au XIXe siècle et revenu dans le massif jurassien dans les années 1970, le lynx boréal (Lynx lynx) est aujourd’hui une espèce protégée dont l'aire de présence française est située à 80% au sein du massif jurassien (Doubs, Jura, Ain) (Réseau Loup-Lynx, 2024). Cette situation confère au massif un fort enjeu de conservation, pris en compte par l'État qui a initié la rédaction d'un Plan National d'Actions (PNA) en faveur de l'espèce en 2019. Cependant, aucune étude n'a jusqu'à présent cherché à identifier la façon précise dont les lynx et les autres espèces du massif jurassien sont perçues par les habitants, les émotions qu'elles suscitent et la place qu'elles occupent dans le paysage et le patrimoine du massif. C’est pourquoi, j’ai mené une enquête de terrain dans le massif jurassien français (Doubs, Jura, Ain) durant 24 mois, dans le cadre de ma thèse CIFRE, issue d’une collaboration entre le Laboratoire d’Ethnologie et de Sociologie comparative de l’Université de Paris Nanterre et les Fédérations Départementales des Chasseurs du Jura et de l’Ain. A partir des données recueillies sur le terrain (observations participantes, entretiens semi-directifs, freelists), je suis partie de l’hypothèse qu’il existait deux catégories d’enquêtés (utilitariste, protectionniste) qui s’opposent dans leur vision du monde animal. Grâce à une analyse des discours et des pratiques liés à la faune sauvage, j’ai pu mettre en évidence que les enquêtés ne s’entendent pas sur la naturalité des comportements des animaux et que les échelles géographiques et temporelles à partir desquelles ils pensent le monde sont différentes. L’analyse a également permis de mettre en avant divers rapports d’altérité avec les animaux ; si l’ensemble des enquêtés reconnait l’agentivité des animaux, tous n’ont pas la même sensibilité : les protectionnistes mobilisant la sympathie et les utilitaristes l’empathie, au sens de Charles Stépanoff (2021). Enfin, le contrôle que les enquêtés cherchent à exercer sur les animaux est révélateur des tensions qui existent entre eux, celles-ci étant exacerbées lorsqu’il s’agit de contrôler la mort des animaux. Dans le cas du massif jurassien, c’est le retour récent des lynx qui a exacerbé ces conflits. L’intérêt de ce travail de thèse est donc de montrer que l’analyse des perceptions, des pratiques liés à la faune sauvage et aux lynx met au jour des cosmologies concurrentes où la question de gérer la vie et la mort des animaux est omniprésente puisque chaque groupe cherche à imposer qui de l’humain ou de l’animal aura le droit de tuer, qui il aura le droit de tuer et comment.

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