Évènements

Soutenance de thèse de Manuel Moreno

Soutenances (thèses, HDR)

Vendredi 28 Novembre 2025 16:00 - 20:00
Lesc – salle 308F (3e étage)
21, allée de l’Université, Nanterre

Présentation

On ne joue pas avec le Divin Visage ! Dévotion, désindianisation et patrimoine dans la région de Texcoco (Mexique central)

Thèse préparée sous la direction d'Aline Hémond (LESC-EREA)

Le jury sera composée de :
- Aline Hémond, Professeure université Paris Nanterre (directrice)
- Magali Demanget, Professeure université de Montpellier Paul-Valéry
- Danièle Dehouve, Directrice de recherche émérite CNRS
- David Robichaux, Professeur émérite Universidad Iberoamericana, Mexico
- Carlos Hernandez Avila, Professeur Instituto Nacional de Antropologia e Historia, Estado de México (rapporteur)
- Roberto Martinez Gonzalez, Professeur Instituto Nacional de Antropologia e Historia, Estado de México (rapporteur)

Résumé : Ce travail traite des danses offertes aux saints dans la région de Texcoco, au centre du Mexique, plus précisément des Santiagos, une variante des Maures et des Chrétiens où l'on utilise un objet rituel - un masque - connu sous le nom de « Divino Rostro » (Divin Visage), qui représente un mélange entre l'apôtre Saint Jacques et Jésus-Christ. Contrairement à l'idée de masque, le Divin Visage est considéré par les habitants comme un saint ou une image vivante capable d'agir positivement ou négativement. Le danseur qui le porte doit donc remplir une série de conditions préalables, car au moment de l'utiliser, il « prête son corps au saint ». De ce point de vue, il se tisse un phénomène complexe où l'apôtre n'est pas représenté mais présentifié à travers le corps du danseur, ce qui lui permet en résumé de danser, de marcher, d'embrasser ses fidèles et de donner des bénédictions. Ce phénomène présente un parallèle avec la notion mexica d'« ixiptla », qui faisait référence à la manière dont les corps humains et les objets étaient utilisés pour rendre les dieux présents lors des festivités rituelles. Ce thème de recherche revêt également une importance particulière, car il permet d'aborder l'échec de la politique de désindianisation mise en œuvre par l'État mexicain depuis le XIXe siècle, qui considérait les populations autochtones comme un problème national freinant le développement modernisateur du pays. Les efforts déployés par l'État se sont concentrés sur la recherche des moyens les plus appropriés pour convertir des millions d'indiens en métis, dans le but d'éradiquer les modes de vie fondés sur des perspectives collectives et religieuses au profit de mentalités individualistes et laïques. Malgré les efforts déployés, les idéaux de désindianisation dans le cas de Texcoco n'ont pas été entièrement réalisés. Si les danses ont connu des changements importants qui reflètent les transformations que la région a connues au cours des XXe et XXIe siècles, ces pratiques ont également trouvé dans le monde moderne un moyen de donner plus de faste et d'ampleur aux offrandes faites aux saints. D'autre part, le contact avec la modernité a également permis l'émergence de projets de patrimonialisation autour des danses, y compris celle des Santiagos, ce qui s'est traduit par une utilisation particulière des « traditions », mettant en avant un aspect bénéfique pour ce type de reconnaissance institutionnelle, et en limitant un autre, comme le Divin Visage, pour la vie interne des communautés.

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