De quelle manière les musiciens conçoivent-ils la musique qu’ils interprètent, et comment parviennent-ils à les exécuter ? Tel est le thème central des recherches que je mène depuis une vingtaine d’années, tant dans les musiques de tradition orale du Cameroun que dans ma pratique de pédagogue et d’interprète de la musique occidentale pour percussion. La conception dont il s’agit ici fait référence, d’une part, à des éléments structurants (l’échelle musicale, l’organisation du temps), et d’autre part aux références mentales qui permettent l’exécution instrumentale (représentation mentale de l’espace, moyen mnémotechniques). Je décrirai les méthodes utilisées, qui font appel à une approche expérimentale et impliquent souvent le recours à de nouvelles technologies, en prenant pour exemple des recherches sur les échelles musicales au Cameroun, ainsi que des travaux récents portant sur la percussion, au Cameroun mais aussi dans la percussion occidentale.
Fabrice Marandola est professeur de percussion et musique contemporaine à l’université McGill de Montréal (Canada), et membre du Centre Interdisciplinaire de Recherche en Musique, Média et Technologie dont il a été le Directeur adjoint/Recherche artistique de 2009 à 2014. Il est également ethnomusicologue, spécialiste des musiques du Cameroun, et a reçu un doctorat de Sorbonne-Paris IV en 2003. Il détient actuellement une Chaire de Recherche Senior pour le projet GeAcMus (Geste-Acoustique-Musique) de Sorbonne Universités, en tant que Professeur invité au Muséum National d’Histoire Naturelle.
Le séminaire du CREM (Centre de recherche en ethnomusicologie) a lieu un vendredi après-midi par mois. Chaque séance croise les travaux de plusieurs chercheurs et étudiants autour d'une thématique commune, liéa à l'anthropologie du son, de la musique ou de la danse. Les recherches en cours, les problèmes théoriques ou méthodologiques ainsi que les documents de terrain y sont privilégiés. La rencontre dure quatre heures (avec une pause !) et laisse une large place à la discussion.
La participation au séminaire est ouverte à tous. Les étudiant·e·s sont encouragé·e·s à y participer, en particulier à partir du Master.