Avec Waed Bou Hassoun
Chez les Druzes du sud de la Syrie, les cimetières ne sont pas le lieu de la célébration de la mémoire des morts. Suivant en cela la logique de leur foi en la reincarnation, les Druzes mettent en terre les dépouilles à l’écart des villages, dans des cimetières qu’ils ne visitent jamais. Traditionnellement, c’est uniquement dans le temps et dans l’espace des funérailles d’un individu particulier que se met en marche le souvenir du défunt, ainsi que celui des morts précédents de la communauté, à travers les tanwih (lamentations) des femmes. Les pratiques orales féminines
permettent aussi d’exprimer la tristesse de toute la communauté et d’amorcer le processus de deuil individuel et collectif.
Mais ces dernières années, le quotidien de la communaute druze a été marque par l’arrivée des réseaux sociaux. Facebook est peu à peu devenu une alternative numérique à cet espace-temps des funerailles physiques, et un lieu de commémoration et d’expression des émotions. Quelles nouvelles pratiques en lien avec la mort cette plateforme permet-elle ? Ces usages du numérique liés à la mort s'inscrivent-ils dans la continuité des pratiques funéraires ? Comment participent-ils au processus de commémoration, d'expression des émotions et de travail de deuil ?
Le séminaire du CREM (Centre de recherche en ethnomusicologie) a lieu un vendredi après-midi par mois. Chaque séance croise les travaux de plusieurs chercheurs et étudiants autour d'une thématique commune, liéa à l'anthropologie du son, de la musique ou de la danse. Les recherches en cours, les problèmes théoriques ou méthodologiques ainsi que les documents de terrain y sont privilégiés. La rencontre dure quatre heures (avec une pause !) et laisse une large place à la discussion.
La participation au séminaire est ouverte à tous. Les étudiant·e·s sont encouragé·e·s à y participer, en particulier à partir du Master.