
A Madagascar, depuis quelques années, des musiques auparavant exclusivement régionales sont diffusées à l'échelle nationale. Un des changements notables dans les représentations, réside dans le passage de référents identitaires liés aux appartenances régionales et/ou ethniques à des référents (assignés par les médias de la capitale) appartenant à un registre globalisant : « musiques mafana » ("chaudes"). Des artistes, pris dans cette catégorie, construisent de nouvelles formes musicales associant répertoires régionaux ou ethniques et formes modernes internationales, notamment en affirmant et revendiquant une appartenance « Black » par des emprunts à des genres musicaux africains et Nord-américains modernes. Ce phénomène renvoie à des imaginaires multiples. Il est entre autre à comprendre dans un contexte de relations interethniques au niveau national, héritées du système colonial et mobilisant des représentations stéréotypées entre « merina » (groupe ethnique historiquement dominant, de la capitale) et « côtiers », à travers des oppositions « blancs » / « noirs », « de type asiatiques » / « de type africains », « civilisés »/ « sauvages », sexualité débridée/mesurée...
Nous verrons comment les musiciens, au cœur de mobilités et circulations contemporaines, « composent » à la fois musicalement, culturellement et socialement en jouant notamment sur des « concordances musicales ».
Séminaire en visioconférence. Pour obtenir le lien, écrire à : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Le séminaire du CREM (Centre de recherche en ethnomusicologie) a lieu un vendredi après-midi par mois. Chaque séance croise les travaux de plusieurs chercheurs et étudiants autour d'une thématique commune, liéa à l'anthropologie du son, de la musique ou de la danse. Les recherches en cours, les problèmes théoriques ou méthodologiques ainsi que les documents de terrain y sont privilégiés. La rencontre dure quatre heures (avec une pause !) et laisse une large place à la discussion.
La participation au séminaire est ouverte à tous. Les étudiant·e·s sont encouragé·e·s à y participer, en particulier à partir du Master.