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La musique andalouse marocaine entre passé, présent et futur: mémoire, nostalgie et construction d’une identité nationale, Yassir Bousselam (doctorant CREM)

Séminaire du CREM

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Lundi 05 Février 2018 14:00 - 16:00
Salle 308F du LESC (3e étage)
MSH Mondes (bât. Ginouvès)
21, allée de l’Université, Nanterre

Présentation

IMG 0322La musique andalouse marocaine se trouve aujourd’hui au coeur d’une intense problématique identitaire se manifestant par des débats souvent confus ou contradictoires, mais qui sont en même temps riches de significations anthropologiques. Le constat actuel de décadence fait par la plupart des musiciens alimente une sorte de nostalgie collective pour le passé, notamment celui de l’Andalousie musulmane d’où elle tire incontestablement certaines de ses racines. Il donne lieu aussi à des reconstructions mémorielles d’autant plus fantaisistes qu’il s’agit d’un passé lointain et peu documenté (ce dont témoigne par exemple le développement de la légende du musicien Ziryab). Par ailleurs, l'explication de cette situation (supposée) de stagnation et les solutions pour y remédier font l'objet de nombreuses discussions où sont par exemple incriminées la période coloniale, l’influence de la musique orientale ou l’ « ignorance » des musiciens de tradition orale. Ce processus s’accompagnant d’une rationalisation de la musique, de ses modes, de ses instruments et de ses formes de performance et de patrimonialisation, peut être considéré comme une forme de « classicisation ». Par ailleurs, bien que se définissant comme un état arabe et islamique, le Maroc assume indéniablement une pluralité linguistique, culturelle et religieuse, comme en témoigne la nouvelle Constitution marocaine de 2011. C’est pourquoi l’appellation « musique andalouse marocaine » prend une signification d’inclusion des composantes et ethnies qui ont participé à l’évolution de cette musique (musulmans, amazighs, juifs, andalous, arabes), ouvrant ainsi la voie à une nouvelle conception de la Nation.

Si pour Jonathan Shannon, la réinvention du patrimoine andalou « polarise un ensemble d’associations positives pour une classe moyenne et une élite marocaines », on doit se demander quelles sont les conséquences de ces processus socio-politiques pour le répertoire des noubas et les pratiques musicales aujourd'hui.

LESC CREM Picto C webLe séminaire du CREM (Centre de recherche en ethnomusicologie) a lieu deux lundis par mois, de 14h à 16h. Les chercheurs (doctorants compris) membres du CREM ou invités de passage y présentent leurs travaux en cours. Les présentations durent 50 minutes, et sont suivies d’une pause café et d’une heure de discussion.

Occasionnellement, le séminaire prend la forme d’un atelier rassemblant plusieurs chercheurs autour d’un thème commun. Il dure alors un après-midi ou bien une journée complète.

La participation au séminaire est ouverte à tous. Il fait par ailleurs partie du cursus des Master d’ethnomusicologie des universités Paris Nanterre et Paris 8 Saint-Denis.

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