
La sumbopwa yoro, littéralement la danse des masques blancs, est un rituel de masques entièrement réalisé par les griots, l’une des trois catégories socio-professionnelles qui constituent la société bwaba au Burkina Faso. Pour cette séance du séminaire du CREM, je m’attacherai à présenter les résultats de ma thèse (soutenue en décembre 2019) et tenterai de vous présenter quelques éléments de l’orientation future de mes recherches.
Durant ma thèse, je me suis intéressée à l’implication de la musique, de la danse et des expressions émotionnelles de joie dans la mise en œuvre de la sumbopwa yoro. L’articulation de ces trois modes d’expression rend manifeste son enjeu principal : une relation entre humains et génies. Dans la mise en œuvre de ce rituel par les Bwaba et leurs représentations à son sujet, le don (musical) et l’inspiration des musiciens et des danseurs s’affirment comme deux modalités d’influence privilégiées des génies sur les humains. Ce qui compte est plutôt le don (permanent) pour les musiciens, et plutôt l’inspiration (ponctuelle) pour les danseurs. La musique apparaît comme un moyen d’ancrer le rituel dans la dimension du visible, celle des humains, parce qu’elle lui impose une temporalité contrôlée et que le don musical est estimé constant. De son côté la danse masquée permet l’intrusion de l’invisible dans la dimension visible. Les manifestations émotionnelles de joie des participants quant à elles permettent aux Bwaba de juger de la réussite plus ou moins grande d’une sumbopwa yoro.
Séance en visioconférence. Pour obtenir le lien, écrire à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Le séminaire du CREM (Centre de recherche en ethnomusicologie) a lieu un vendredi après-midi par mois. Chaque séance croise les travaux de plusieurs chercheurs et étudiants autour d'une thématique commune, liéa à l'anthropologie du son, de la musique ou de la danse. Les recherches en cours, les problèmes théoriques ou méthodologiques ainsi que les documents de terrain y sont privilégiés. La rencontre dure quatre heures (avec une pause !) et laisse une large place à la discussion.
La participation au séminaire est ouverte à tous. Les étudiant·e·s sont encouragé·e·s à y participer, en particulier à partir du Master.