Avec Jordi Tercero
Les Garifunas sont l’une des rares populations « afro-amérindiennes » d’Amérique latine qui, au cours du XIXe siècle, s’installent au large du Golfe du Honduras, territoire transnationale centraméricain comprenant les côtes caribéennes du Belize, Guatemala, Honduras et, plus loin, du Nicaragua.
À Livingston, village garifuna enclavé entre le fleuve Río Dulce et la Mer Caraïbe, dans la Baie d’Amatique, au Guatemala, les pratiques musicales et de danses sont omniprésentes et occupent une place importante dans le quotidien et les interactions des « labuganas » (gentilice de Livingston) avec le temps, l’espace, la vie, et la mort (cultes religieux, réinvention de l’histoire, mémoire collective, veillées des morts, processions, fêtes, performances touristiques, ...). Chacun de ces espaces-temps de performance possède ses particularités, ses lieux, ses temporalités, ses acteurs et ses règles.
Tout en exposant un panorama général des pratiques musico-chorégraphiques garifunas et une cartographie des environnements et comportements sonores à Livingston, cette communication aura pour objectif d’approfondir la réflexion sur les liens qu’entretiennent les pratiques sonore et dansées des habitant.es avec les différentes spatialités et temporalités du village. On essayera de montrer comment, à travers une calendarisation et une territorialisation sonore et chorégraphique, se rythment et s'agencent, dans cette micro-péninsule, les relations humaines et non-humaines aux mondes locaux et globaux.
Cette présentation constitue l’exposition d’un chapitre de ma thèse (en cours de rédaction) et des données ethnographiques datant de 2013 jusqu'en 2022.
Le séminaire du CREM (Centre de recherche en ethnomusicologie) a lieu un vendredi après-midi par mois. Chaque séance croise les travaux de plusieurs chercheurs et étudiants autour d'une thématique commune, liéa à l'anthropologie du son, de la musique ou de la danse. Les recherches en cours, les problèmes théoriques ou méthodologiques ainsi que les documents de terrain y sont privilégiés. La rencontre dure quatre heures (avec une pause !) et laisse une large place à la discussion.
La participation au séminaire est ouverte à tous. Les étudiant·e·s sont encouragé·e·s à y participer, en particulier à partir du Master.