Le rôle important joué par les artistes juifs dans la musique citadine algérienne est souvent pris comme une réplique aux idées d’une inimitié primordiale entre juifs et musulmans et de l’étrangeté des juifs à la fabrique sociale algérienne. Cette intervention utilise des sources d’archives à côté de l’observation ethnographique pour proposer deux niveaux de critique de cette image. Le premier recrute la notion de hiérarchie pour relire l’importance musicale des juifs comme signe de leur marginalité sociale et non comme signe de leur intégration. Le deuxième niveau de critique emploie la notion d’un champ musical élargi pour placer l’idée d’une telle hiérarchie dans un continuum du sacré au profane. Cette interprétation nous permet de mieux théoriser l’indigénéité et l’intimité en même temps qu’elle laisse une place analytique pour la hiérarchie dans plusieurs sens.
Le séminaire du CREM (Centre de recherche en ethnomusicologie) a lieu un vendredi après-midi par mois. Chaque séance croise les travaux de plusieurs chercheurs et étudiants autour d'une thématique commune, liéa à l'anthropologie du son, de la musique ou de la danse. Les recherches en cours, les problèmes théoriques ou méthodologiques ainsi que les documents de terrain y sont privilégiés. La rencontre dure quatre heures (avec une pause !) et laisse une large place à la discussion.
La participation au séminaire est ouverte à tous. Les étudiant·e·s sont encouragé·e·s à y participer, en particulier à partir du Master.