La créatrice de la Danse des 5 Rythmes, Gabrielle Roth, la présentait comme « une méditation en mouvement » et une « pratique spirituelle » : née au sein de l’Institut Esalen en Californie dans les années 1970, cette danse rassemble aujourd’hui en Île-de-France plusieurs dizaines de personnes par séance, plusieurs soirs par semaine et les weekends. Le plaisir de danser en musique, collectivement et sans chorégraphie, est l’une des premières motivations avancées par les pratiquants, mais bien vite apparaissent d’autres enjeux : une dimension de « guérison », la possibilité d’« être enfin soi », de « se connecter à l’autre et au groupe », ou d’accomplir un « travail sur soi ». La musique, le sonore et le mouvement dansé sont ainsi, au même titre que le guidage verbal, les interactions ou l’atmosphère sensible mise en place, des instruments au service d’une expérience non ordinaire, propre à offrir une révélation sur soi ou « le monde » et donc à répondre à la quête de sens qui occupe les danseurs. L’une des difficultés est que, de l’œuvre bien connue de musique classique au morceau de techno-électro plus confidentiel, en passant par un chant maori, une chanson populaire actuelle ou des notes de piano sur fond de bruits d’eau, les sélections musicales des enseignants se prêtent a priori mal à une analyse systématique. Mais cette irréductible hétérogénéité est un trait caractéristique, cohérent avec la pensée sous-jacente de ces pratiques. Je m’attacherai pendant cette présentation à interroger ce trait et d’autres constantes des stratégies musicales et sonores mises en œuvre dans la Danse des 5 Rythmes, afin d’éclairer l’expérience particulière procurée par cette pratique corporelle à vocation spirituelle.
Le séminaire du CREM (Centre de recherche en ethnomusicologie) a lieu un vendredi après-midi par mois. Chaque séance croise les travaux de plusieurs chercheurs et étudiants autour d'une thématique commune, liéa à l'anthropologie du son, de la musique ou de la danse. Les recherches en cours, les problèmes théoriques ou méthodologiques ainsi que les documents de terrain y sont privilégiés. La rencontre dure quatre heures (avec une pause !) et laisse une large place à la discussion.
La participation au séminaire est ouverte à tous. Les étudiant·e·s sont encouragé·e·s à y participer, en particulier à partir du Master.